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Hunter x Hunter Nen Impact : hommage réussi à Togashi ou véritable catastrophe ?

Le manga Hunter X Hunter, l’œuvre du mangaka Yoshihiro Togashi, s’offre une nouvelle adaptation vidéoludique, mais cette fois sous la forme d’un jeu de combat, disponible depuis le 17 juillet sur Playstation, Nintendo Switch et PC (Steam). Avec des noms comme Arc System Works (Dragon Ball Fighter Z) à l’édition et le studio Eighting (Ultimate Marvel vs Capcom 3) au développement, en collaboration avec la société Bushiroad, Hunter x Hunter : Nen Impact a des arguments sur le papier. Encore faut-il les convertir à l’écran et manette en main. Et là, c’est tout autre chose.

Des promesses sur le papier

Hunter x Hunter : Nen Impact est un jeu de combat en 3 vs 3, dans lequel le joueur doit composer une équipe de trois combattants, tous jouables et interchangeables en cours de partie. Lorsqu’un Hunter (le mot attribué aux personnages principaux du manga Hunter x Hunter) affronte un autre personnage, qu’il soit contrôlé ou non par l’ordinateur, les deux autres combattants sont alors en réserve et peuvent interagir pour assister le premier, soit en lui permettant de casser la garde adverse, de prolonger un combo, d’enchaîner une Spéciale ou alors de servir de bouclier et d’encaisser une partie des dégâts à sa place. On retrouve dans Nen Impact les bases du 3 vs 3 maitrisées par Eighting dans Marvel vs Capcom 3 (véritable référence du genre).

Netero Spéciale
© Arc System Works

Niveau gameplay, encore, on s’y retrouve, notamment pour ceux qui avaient passé pas mal d’heures avec le jeu de Capcom. Trois boutons d’attaque (légère, moyenne, lourde), des combinaisons de boutons, une barre de spéciale à remplir, un boost momentané, pour ce qui est de la prise en main, on a déjà vu plus compliqué. Le jeu se veut très accessible, avec une touche (une des gâchettes) qui permet de déclencher des auto combos, une pratique toujours appréciable pour les non-initiés aux jeux de combat. Évidemment, il y a assez de techniques et de latitude au niveau des possibilités pour élaborer soi-même ses propres combos et c’est là l’une des grandes forces du jeu, ce qui accroît sensiblement sa durée de vie. Il y a d’ailleurs un mode dédié à ça, qui challenge le joueur à atteindre un certain nombre de dégâts infligés, tout en le laissant emprunter la voie imposée ou la sienne.

Un mode Histoire incomplet

Mais Hunter x Hunter : Nen Impact souffre très vite d’un aspect répétitif. On tourne très vite en rond, la faute à des modes soit trop classiques (arcade, versus, combat en ligne avec mode classé et non-classé, contre-la-montre) ou alors pas suffisamment bien développés (arcade encore, mais surtout le mode Histoire). La narration proposée par le jeu est probablement son élément le plus décevant. En 19 petits chapitres, l’histoire d’Hunter x Hunter est racontée, articulée autour des arcs principaux (Examen Hunter, Brigade Fantôme, Fourmis Chimères…). Mais le tout manque d’âme. On doit se contenter d’images figées avec quelques effets sonores, des cinématiques pas franchement jolies (on y revient dans le prochain paragraphe) et si Nen Impact était un moyen pour vous de découvrir l’oeuvre de Togashi, passez votre chemin. Il manque trop de combats et d’événements importants pour réellement balayer l’intégralité du manga.

Certes, Nen Impact n’a pas pour vocation de retranscrire à la lettre près les aventures de Gon, Kirua, Kurapika et Léolio mais on est sur de la narration a mimina et peu engageante, il faut le dire. Même constat en ce qui concerne le roster de combattants. Si le jeu était un versus classique, c’est-à-dire en un contre un, la pilule serait passée. Mais avec seulement 16 combattants au lancement et un mode en 3 vs 3, le manque de diversité et de choix se fait vite sentir, malgré les attributs variés des uns et des autres. Et là aussi, il manque du monde. Heureusement, il reste le mode de la Tour Céleste, qui propose 31 combats de niveau progressif, avec, comme dans l’anime, des récompenses à remporter et un ultime mode à débloquer une fois au sommet de la Tour : le Battle Olympia.

Des graphismes OK, une technique datée

L’autre point noir, c’est l’aspect visuel. Graphiquement parlant, et contrairement à d’autres, on ne dira pas de manière catégorique que Hunter x Hunter : Nen Impact est moche. Mais il est très clairement en dessous de la qualité minimum proposée aujourd’hui, encore plus sur consoles nouvelle génération, comme la Playstation 5, un de ses supports de lancement. Les personnages sont bien modélisés, mais l’ensemble se casse la figure dès lors que ces derniers s’animent lors des cinématiques.

Meruem Spéciale
© Arc System Works

On reconnaît les attaques et les postures des Hunters dans l’anime mais leurs attaques spéciales auraient mérité, pour la grande majorité d’entre eux, plus de soins et d’effets visuels. Un constat qui vaut pour les décors et les stages, déjà peu nombreux (10 au lancement du jeu, dont quatre sont les variantes d’un même stage). Le mélange 2D-3D ne fonctionne pas et en arrière-plan, c’est vide, autant en détails, qu’en animation. Enfin, le jeu est lent, lourd et l’interface des menus est d’une austérité très triste. Hunter x Hunter : Nen Impact nous fait l’effet, à ce niveau, d’un sacré bond en arrière, époque PS1 si on était vraiment méchant, PS2 au mieux.

Pour qui finalement ?

Difficile de ne pas parler d’acte manqué pour Hunter x Hunter : Nen Impact finalement. Le gameplay du jeu a du potentiel, le mode de la Tour Céleste est vraiment fun à jouer. Retrouver les personnages de l’anime est aussi une excellente chose mais ces derniers – du moins pour ceux qui sont bien là – nous sont proposés dans un écrin beaucoup trop bas de gamme pour véritablement exceller à nos yeux. Manque de temps, de budget ou politique assumée du studio et de l’éditeur : peu importe les raisons, Nen Impact ne rend pas vraiment honneur à l’oeuvre de Togashi ni aux anciens jeux développés par Arc System Works et Eighting. Les fans de versus-fighting, toujours en quête de nouveautés, lui feront probablement de la place, qui sait. Pour les autres, en revanche…

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