Passer au contenu

Kaamelott 2 : on a vu les 30 premières minutes du film d’Alexandre Astier

Quatre ans après le premier film, la saga Kaamelott retrouve le chemin des cinémas. Arthur Pendragon est-il toujours l’élu au rayon fantasy made in France ? On a vu les 30 premières minutes du film événement de la fin d’année. Verdict.

La fin d’année sera rythmée par trois coups de cor dans les salles obscures françaises. Quatre ans après Kaamelott — Premier Volet, Alexandre Astier remet le couvert avec une suite en deux parties baptisée sobrement Kaamelott — Deuxième volet (partie 1). Le papa de la pastille humoristique a fait le plus dur, il a prouvé que son imaginaire avait toute sa place sur le grand écran. En 2021, KV1 avait réuni 2,6 millions de spectateurs et s’était hissé à la quatrième place du box-office français. Arthur Pendragon et sa clique n’avaient eu aucun mal à jouer des coudes avec Peter Parker, James Bond et Paul Atréides.

Une arrivée en terrain conquis pour Arthur Pendragon ? On serait tenté de le croire. Mais il faut encore que ce second film transforme l’essai, qu’il confirme l’importance de Kaamelott pour le paysage cinématographique français. Ajoutez à cela que ce nouveau volet promet déjà de s’ancrer encore plus du côté de la fantasy — délaissant un peu son humour de tous les instants pour raconter la quête épique du roi pour recouvrer son pouvoir et trouver le Graal — et vous avez une potion plutôt instable… comme seul Merlin l’enchanteur en le secret finalement. Après avoir vu 30 minutes du film, on peut déjà vous partager un premier sentiment avant une véritable critique.

Kaamelott Premier Avis 5
© SND

Une troupe légendaire

KV2 se déroule six mois après les événements du premier film. Arthur Pendragon est redevenu roi, à son plus grand regret, et passe le plus clair de son temps à se trimballer en pyjama dans le Château de Carmélide. Ses sujets, eux, sont prêts à en découdre et placent de grands espoirs en son retour. Après une décennie d’oppression, ils espèrent qu’Arthur mettra tout en oeuvre pour sauver les royaumes de Bretagne et leur faire retrouver leur puissance d’antan. Ça passe évidemment par la création d’une nouvelle table ronde et le retour aux quêtes. Mais Arthur, fidèle à lui-même, n’y met aucune bonne volonté. 

L’ouverture du film est surtout l’occasion pour Alexandre Astier de poser les bases de cette nouvelle aventure et d’enraciner les traumatismes d’Arthur et ses peurs profondes dans l’esprit des spectateurs. Arthur n’est pas résolu à tuer Lancelot, pas non plus résolu à porter sur ses épaules la responsabilité de toute la Bretagne.

Kaamelott Premier Avis 4
© SND

Si cette passivité du personnage autant qu’un changement dramatique de ton comptait parmi les reproches adressés aux dernières saisons de la série, force est de constater qu’Astier est parvenu à trouver un équilibre. C’était moins le cas dans le premier volet, qui perdait souvent son temps à multiplier les clins d’œil et le fan-service pour contenter les adeptes de la première heure. Ici, ces petits easter-eggs sont moins appuyés, le film semble avoir enfin trouvé comment naviguer entre toutes ses ambitions.

Montée en puissance

En parlant d’ambitions justement, les premières minutes du film confirment une montée en puissance évidente de la production. S’il est encore trop tôt pour juger de la copie visuelle de Kaamelott V2, force est de constater qu’Astier semble vouloir enfin tirer profit du grand écran pour rendre son univers plus tangible.

Kaamelott Premier Avis 6
© SND

L’ouverture traduit cette envie d’un monde plus riche, plus grand. Une démesure qui devra se confirmer au fil des événements et alors que la fantasy prend de plus en plus de place. Si la bataille du premier film n’avait pas rougir, la conclusion du combat laissait un goût de trop peu que cette suite devra combler. On peut aussi citer les effets visuels, et en particulier ceux qui concernent l’énorme colosse à la fin du premier film. Le fantôme du père de Lancelot est assez convaincant, reste à voir maintenant comment il sera exploité.

Le sens du bon mot

Mais si Kaamelott se veut saga épique de fantasy, elle n’en est pas moins la continuité des premières saisons de la série comique. Astier et son sens de la musicalité des dialogues sont indissociables de l’estampille et cette suite ne perd rien de sa pertinence. Une écriture savoureuse, proche de celle du théâtre, accompagne les quêtes de nos héros. Les répliques fusent, chacun se met au diapason d’un Astier incisif bien que groggy, KV2 n’a pas oublié ses racines et, si les blagues sont moins nombreuses, les dialogues continuent d’être à l’épicentre du procédé.

Kaamelott Premier Avis 3
© SND

Il nous tarde donc de découvrir ce que réserve la suite du film, alors que la quête n’est pas encore lancée et qu’il s’agit surtout pour cette première demie-heure de poser les pions avant les choses sérieuses. Rappelons que ce film n’est que la première partie d’un film pensé en deux chapitres et que ce format laissera à Alexandre Astier le loisir d’approfondir ses idées autant que leur laisser le temps de se déployer. Attention tout de même à ne pas tomber dans le piège de la longue introduction, problème dont souffrait déjà le premier film et qui avait laissé de nombreux spectateurs sur le carreau.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode