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Stranger Things : le mystère de l’épisode 9 qui enflamme encore les passionnés

Les espoirs de fans ont été douchés. Ce jeudi 8 janvier, aucun épisode secret de Stranger Things n’a été ajouté. La série est frères Duffer est bel et bien terminée. Le phénomène #ConformityGate rappelle le destin d’autres séries et monuments de la pop culture, on décrypte les réactions du public face à la fin de la série.

Le début de l’année 2026 a un gout amer pour les fans de Stranger Things. Après dix ans de bons et loyaux service, la série a tiré sa révérence sur Netflix. Le huitième et dernier épisode, baptisé “Le monde à l’endroit”, a été mis en ligne dès le 1er janvier à 2 heures du matin. Ce final de plus de deux heures a eu la lourde responsabilité de conclure cinq saisons d’aventures à Hawkins, d’immortaliser un affrontement dantesque entre nos héros et Vecna. Si une partie du public y a trouvé son compte, d’autres aficionados sont nettement moins emballés.

Depuis la publication du Volume 2, ils s’emparent des réseaux sociaux pour évoquer certaines incohérences du récit et erreurs de la production. Des accessoires qui changent de couleur entre deux épisodes, des figurants qui “fixent” la caméra ou même des questions sans réponse, certains adeptes de Stranger Things sont persuadés que les frères Duffer réservent une surprise. Selon eux, les dernières minutes de la série ne sont qu’une illusion projetée par Vecna.

Ils avancent que, si les héros connaissent un parcours très classique (Conformity), c’est parce qu’ils sont enfermés dans une réalité altérée (Gate). Ces marginaux ne sont plus des marginaux parce que Vecna s’amuse du public et de Mike. Dès lors, toutes les incohérences et les erreurs deviennent des indices disséminés par les créateurs pour que les plus observateurs découvrent le pot aux roses. Mais voilà, alors que les défenseurs du hashtag #ConformityGate attendaient un épisode 9 ce 8 janvier, Netflix est désespérément vide. Ils doivent maintenant se rendre à l’évidence : la série est terminée. Croyez-le ou non… ce n’est pas la première fois que des fans s’excitent sur un épisode secret.

Sherlock avait déjà fait le coup

C’est loin d’être la première fois que les fans d’une série pensent avoir été floués par les créateurs. En 2017, lorsque Sherlock avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman se termine, le public n’est pas ravi de la tournure qu’ont prise les choses. L’arrivée surprise d’une sœur et les révélations sur Moriarty ont enfoncé le clou d’une dernière saison plus inégale et moins bien rythmée. Rapidement, sur les réseaux sociaux et les forums, certains adeptes évoquent l’idée d’un épisode surprise pour revenir sur ces retournements de situation finaux.

Il aura suffi d’une réplique de Culverton Smith pour que la machine s’emballe. Dans un épisode de la saison 4, le personnage campé par Toby Jones disait : “Il doit y avoir quelque chose de réconfortant dans le chiffre trois. Tout le monde abandonne toujours après trois”. Tout le monde abandonne après trois… sauf les créateurs de Sherlock qui auraient prévu un quatrième épisode pour surprendre leur auditoire. Dès lors, les internautes épluchent les informations de la série censée remplacer Sherlock sur la grille de la BBC : Sous influence par Louise Doughty avec Emily Watson et Ben Chaplin. Watson… Bizarre, bizarre… Ben comme Benedict Cumberbatch ?

Sur Reddit, chacun y va de sa petite preuve jusqu’à la date de lancement de la série : le 22 janvier (22/01)… Baker Street. Finalement, c’est bien Apple Tree Yard qui investit le petit écran. Rien à voir avec le détective, il s’agit de l’histoire d’une chercheuse en génétique qui rencontre un homme qu’elle prend pour un agent secret. Sherlock Holmes était bien terminée. Près de dix ans plus tard, on avait presque oublié cette histoire jusqu’à ce que le “Conformity Gate” nous le rappelle. Avec Sherlock comme Stranger Things, ce sont les mêmes mécaniques qui opèrent.

Théories du complot

Le phénomène Sherlock et Stranger Things repose sur les mêmes mécaniques que les théories du complot. L’humain refuse le vide, il refuse ce qu’il ne comprend pas. On peut facilement faire le lien avec le pic de désinformation à l’ère du Covid en 2020. À une époque où les institutions politiques et sanitaires avancent à tâtons que le doute règne, les théories du complot apportent une réponse plus “claire” à toutes les questions que les internautes se posent. Les adeptes de ces théories préfèrent croire des idées saugrenues plutôt que de se voir dire “on ne sait pas”.

Dans le cas d’une oeuvre culturelle, on préfère imaginer que toutes les erreurs ont été savamment pensées plutôt que’ admettre que la série nous a déçus. Les spectateurs de Stranger Things préfèrent voir en la difficulté pour les frères Duffer de boucler la boucle la preuve que le voyage n’est pas terminé. Il est plus simple pour eux de vivre avec l’idée que la série n’est pas terminée que d’accepter qu’elle ne s’est pas terminée comme ils l’espéraient. Ajoutez à cela l’explosion des mentions sur les réseaux sociaux, l’omniprésence du même discours chez les adeptes, et vous obtenez un cocktail détonnant. Les algorithmes enferment les utilisateurs dans une bulle de filtres où tout le monde semble adhérer à la théorie, les contre-arguments disparaissent et ce qui était supposition devient fait.

Les fans partent à la cueillette

Plus largement, l’adhésion à la théorie “Conformity Gate” repose sur un biais cognitif : le biais de confirmation. Comme l’utilisateur est déjà convaincu par la véracité d’une idée, il écarte volontiers les contre-arguments pour simplement “confirmer” ce qu’il sait déjà. Par exemple, on note le fait que taper “7 janvier” dans la barre de recherche Netflix renvoie vers Stranger Things mais on écarte la possibilité d’une coïncidence.

Si l’on tape 10 janvier, la série apparaît aussi dans les résultats. D’ailleurs, elle apparaît lorsque l’on cherche des mots tout à fait anodins comme “test”, “chien” ou encore “chat”. Il s’agit simplement d’une stratégie de Netflix qui consiste à mettre la série en avant aussi souvent que possible.

Dans leur discours, leurs vidéos ou leurs Threads, les défenseurs du “Conformity Gate” vont faire ce que l’on appelle du “Cherry Picking”. C’est une stratégie de rhétorique qui consiste à (volontairement ou non) diluer les preuves qui vont à l’encontre de son argumentaire pour ne sélectionner que ceux qui ajoutent du crédit à ce que l’on avance. Par exemple, on explique que la sortie d’un épisode 9 est assurée puisque Netflix a promis une grosse annonce le 7 janvier, on ajoute que Will a disparu pendant sept jours et que c’est précisément le nombre de jours qui séparent l’épisode 8 et l’épisode 9.

On ne mentionne par la présence d’un “What’s Next” en légende (formule utilisée par Netflix pour promouvoir ses séries chaque année), on ne dit pas non plus les créateurs ont écarté à plusieurs reprises l’idée de continuer avec les personnages. Maintenant que le 7 janvier est passé, certains fans sont persuadés que le documentaire promis pour le 12 janvier cache en fait le fameux épisode secret. Les fans en deuil sont encore dans la phase du déni, ils commenceront sans doute à accepter leur sort dans quelques semaines.

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