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Switch Lite : À qui s’adresse vraiment la dernière console de Nintendo ?

Jeux-Video

Par Henri le

Alors que les rumeurs ne cessaient de fleurir autour d’une nouvelle version de la Switch, Nintendo a décidé de la dévoiler le 10 juillet dernier. Mais à qui se destine-t-elle en priorité ?

Cela fait plus de deux ans maintenant que la Nintendo Switch est sortie, et la console hybride de Nintendo a connu un succès fulgurant. Comme à son habitude, la firme de Kyoto a fait confiance à une idée plutôt qu’à une fiche technique, et son audace a payé.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses rumeurs laissaient entendre que la firme de Kyoto allait présenter une nouvelle console. C’est désormais chose faite avec la Switch Lite, une machine qui a de quoi étonner puisqu’elle fait disparaître l’élément distinctif de sa grande sœur : les Joy-Cons. Ce n’est d’ailleurs pas une première dans l’histoire de la firme, comme le montre l’exemple de la 3DS… Qui avait finalement abandonné la 3D par la suite.

Une console… Qui ne « switch » plus !

Plus compacte et légère que sa grande sœur, elle propose un design tout-en-un et des commandes intégrées à l’écran. Elle ne possède donc pas de Sortie TV ni de support dorsal. Il sera donc impossible de « switcher », ce qui représentait l’intérêt premier (et marketing) de la machine de base. Le passage à un écran plus petit (5,5 pouces contre 6,2 pouces) permet d’obtenir une image un poil plus nette, bien que toujours simplement HD.

Elle devrait également profiter d’une meilleure autonomie (3 à 4 heures à vérifier) ce qui n’est pas du luxe. On regrette amèrement que le stockage interne n’ait pas été amélioré, et stagne à 32 pauvres Gigas. Surtout quand on constate le succès des jeux vendus sur l’eShop.

L’accueil de la presse et du public est d’ailleurs assez tiède. Mais Nintendo ne semble pas vraiment avoir pensé sa Switch Lite comme une remplaçante de sa console précédente. Qui est alors vraiment concerné ?

 

Pour ceux qui attendaient une baisse de prix notable

Le prix de la Nintendo Switch n’a jamais vraiment baissé.

Cela peut paraître anodin pour les joueurs passionnés, mais le prix reste le nerf de la guerre. Vendue 199 euros (soit 100 euros de moins), la Nintendo Switch Lite pourrait susciter l’intérêt chez ceux dont le pouvoir d’achat est plus faible, notamment les jeunes. Les détenteurs de la Switch traditionnelle sont en effet assez âgés. En 2017, Tatsumi Kimishama, le président de Nintendo, expliquait que les early adopters américains de la machine étaient en majorité des hommes (à 90%) et que la proportion la plus importante d’entre eux se situait entre 25 et 34 ans !

Ces données ont certes pu changer, mais elles montrent que le client lambda n’est pas forcément un enfant d’une dizaine d’années ou un adolescent. Proposer un tarif plus abordable à une période propice pourrait pousser les plus jeunes à franchir le pas. D’autant plus qu’en deux ans, le prix de la Switch n’a pas baissé d’un iota. Une constante chez Nintendo, qui a dû la pousser à se focaliser sur un modèle plus abordable.

 

Pour ceux qui se moquent du jeu de salon

Le jeu sur salon a beau être pratiqué même intensément par certains, la portabilité de la Nintendo Switch reste son vrai atout. De nombreux gamers l’utilisent uniquement de cette façon. Ceux qui sont intéressés par la machine de base peuvent désormais légitimement se poser la question de leur utilisation s’ils passent à la caisse. L’expérience de salon est forcément plus agréable, mais mérite-t-elle que l’on paye un tiers de plus du prix de la console ? Une évidence pour certains… Mais pas tous. De plus, l’incompatibilité de certains jeux nécessitant les fonctions de vibration HD ou la caméra infrarouge ne nous parait pas si grave.

Certes, le Nintendo Labo est amusant, mais il se destine aux plus jeunes, qui pratiqueront de toute façon forcement en intérieur, sous le regard de leurs parents. Même constat pour 1,2 Switch dont l’intérêt reste tout relatif. Il sera d’ailleurs possible d’acheter une paire de Joy-con séparément au cas où.

On pense également aux parents qui ne veulent pas que leur progéniture occupe le salon et voient ici un moyen de profiter plus convenablement de ce dernier.

Enfin, et cela en fera peut-être sourire quelques-uns, la Switch Lite séduira peut-être ceux qui n’ont tout simplement pas de télévision. En 2013, Ouest-France nous apprenait que plus de 600 000 Français s’en passaient volontairement. Mais rien n’empêche de se faire une petite partie sur portable, non ?

 

Pour les vrais nomades (qui hésitaient)

Les grands voyageurs ou les habitués du RER pourraient également apprécier cette proposition. La cure de minceur de la nouvelle machine est appropriée (275 grammes contre 398 grammes pour l’ancienne), et elle se glisse plus facilement dans un sac. Sa conception unibody peut d’ailleurs présenter plusieurs avantages.

Le premier concerne une solidité accrue puisque les Joy-Cons ne peuvent désormais plus se détacher, ou laisser la poussière s’infiltrer. De plus, de nombreux joueurs rapportent des cas de « Joy-Con Drift », un bug qui peut faire bouger un personnage à l’écran sans que le joueur n’ait touché quoi que ce soit, ou provoquer des problèmes de latence. L’aspect soudé de la version Lite devrait l’empêcher d’afficher le même problème.

Il faut également savoir que la petite nouvelle dispose enfin d’une vraie croix directionnelle. Un véritable plus pour les amateurs de jeux en 2D et de combat puisque cette dernière devrait procurer un confort de jeu plus qu’appréciable. La question de l’autonomie a toutefois pris du plomb dans l’aile avec les récentes annonces de Nintendo. La firme de Kyoto a en effet annoncé que la Switch traditionnelle allait être remplacée par un modèle similaire, mais doté d’une bien meilleure batterie. La version Lite offre certes environ une heure d’autonomie supplémentaire, mais cette « avance » ne vaudra plus grand-chose (en termes marketing) dans quelque temps.

Notre avis

En se focalisant sur les habitudes des consommateurs, Nintendo a compris qu’un modèle 100% nomade tombait sous le sens. Nous estimons d’ailleurs que c’est le cas. En revanche, le peu d’effort fourni pour améliorer les performances générales de la machine, deux ans après la sortie de sa grande sœur, pourrait lui causer du tort. Surtout si la version standard rattrape ses erreurs sur le secteur de l’autonomie. Reste un prix plus agressif, qui devrait séduire les indécis… À condition que la « véritable » Switch ne voit pas son tarif baisser un peu partout. Business is business.