Dossier

Apple : les flops de design de Jony Ive

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Par Remi Lou le

Apple et le design, c’est une grande histoire d’amour. Celui à l’origine de cette attention du détail chez la Pomme ? Jony Ive, designer en chef et grand proche de Steve Jobs, avant de quitter l’aventure à la fin du mois de juin pour fonder son propre studio de design. Si Apple est connu pour soigner le design de ses produits, l’histoire nous a montré que tout n’était pas rose à Cupertino. On revient sur les ratés de Jony Ive en matière de design !

Le départ du gourou du design chez Apple a créé une véritable onde de choc dans le petit monde de la tech. Jony Ive était sans aucun doute l’une des figures les plus connues du design industriel dans ce domaine bien particulier, avec un grand nombre d’immenses réussites à son actif. Prenez le premier iPhone, l’iPad, l’iPod ou encore l’iMac, autant de produits qui ont été dessinés par la plume experte du designer et qui ont rencontré un immense succès commercial, et même initié un mouvement qui a finalement gagné toute l’industrie.

Qu’on aime ou pas, il convient de rendre à César ce qui appartient à Cesar. Pourtant, Jony Ive n’a pas signé que des succès, loin de là. Certains de ses designs se sont parfois révélés assez catastrophiques. Si on ne connait pas forcément l’implication exacte du designer sur chaque produit, il n’empêche qu’en tant que Chief Designer, il avait nécessairement le dernier mot sur les créations de la Pomme.

La Magic Mouse 2 : la recharge de la souris réinventée

Source : @Apple

Si vous vous intéressez un tant soit peu au monde de la high tech, vous avez très certainement entendu parler de la Magic Mouse de deuxième génération. La souris d’Apple est élégante, fine, sans fil, et rassemble un certain nombre de technologies avec une surface tactile sur le dessus qui permet d’effectuer des gestes dans l’interface de macOS. Jusqu’ici, c’est un sans faute, sauf que, non seulement elle n’est pas spécialement pratique à utiliser, mais surtout, elle se recharge… à l’envers. Oui, vous avez bien lu, le port Lightning servant à remplumer la bête se situe sous la souris, obligeant forcément à retourner l’appareil pour la recharger, et empêchant de facto l’utilisation en cours de recharge.

Source : @Apple

Bon, la Magic Mouse se recharge plutôt vite, mais il n’empêche qu’un simple port accessible à l’avant de la souris aurait permis de régler ce simple problème. Jony Ive a préféré rendre sa souris la plus simple possible, mais malheureusement, cette fois-ci le design semble avoir pris le pas sur la fonction.

Autre souris moins connue mais tout aussi foireuse étrange : la souris ronde qui fut livrée avec les tous premiers iMac. Elle reprenait le design tout en transparence du tout-en-un d’Apple mais avait opté pour une forme ronde très peu pratique. Elle ne sera restée sur les étals que peu de temps, avant d’être remplacée en 2000.

Source : @Apple

L’Apple Pencil : une tapette à mouche pour l’été

Source : @Apple

L’Apple Pencil de première génération est très performant, mais certains de ses aspects laissent clairement à désirer. Le stylet d’Apple se recharge via un port Lightning mâle enfermé dans un petit capuchon. Déjà, ce capuchon se perd très facilement, et l’aspect du stylet qui recharge dans le port Lightning de l’iPad a des airs de tapette à mouche franchement ridicule.

Pire encore, puisque le stylet est plus épais que n’importe quel modèle d’iPad, et qu’il est impossible de poser le tout à plat lorsque l’Apple Pencil est branché. Certes, un adaptateur est fourni afin de recharger le stylet comme n’importe quel produit, en lui offrant une prise femelle, mais c’est un adaptateur en plus qu’on doit trimbaler en permanence (et on a déjà assez besoin d’adaptateur avec Apple). Certes, la première génération d’Apple Pencil se recharge plutôt vite, mais l’idée de lui coller une prise mâle était vraiment une mauvaise idée.

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D’ailleurs, c’est bien avouer tous ces défauts que de tous les gommer sur la nouvelle itération de l’Apple Pencil, destiné aux derniers iPad Pro. Exit le rechargement façon tapette à mouche, et bonjour le sans fil grâce à un système d’aimants qui maintiennent l’Apple Pencil en place. C’est bien mieux ainsi.

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Mac Pro 2013 : une poubelle non extensible

Source : @Apple

Il ressemble à une poubelle, et il est destiné à y finir puisque ses composants ne sont pas interchangeable, ou alors au prix d’une lourde chirurgie. Le Mac Pro 2013, c’est l’exemple typique du design qui a pris le pas sur la fonction. En essayant de créer un bel objet (et encore, ça se discute), Apple a manqué sa cible, à savoir les professionnels à qui la machine se destinait en premier lieu. Le problème, c’est que ces mêmes professionnels cherchent avant tout des performances solides, et surtout des capacités d’extension (stockage, carte graphique, etc…), des besoins qui passent sans doute avant d’avoir l’envie de poser fièrement une urne funéraire laquée sur leur bureau.

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Apple a avoué avoir échoué avec ce Mac Pro 2013, avant de dévoiler un nouveau modèle plus proche des anciens ordinateur de la marque, au format tour, et surtout, complètement extensible. Seul hic, son tarif (à partir de 5 999 dollars), qui ne le destine pas à tous le monde. Le design façon râpe à fromage a également fait couler beaucoup d’encre, mais c’est avant tout une question de goût, alors que ce système est censé refroidir plus efficacement la machine. C’est par ailleurs la dernière création de Ive avant son départ de chez Apple.

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Et les designs douteux…

Bien que les trois produits précédents ont beaucoup fait jaser, ils ne sont pas les seuls à avoir divisé l’opinion par leurs designs franchement douteux. On mentionnera par exemple la Smart Battery Case des iPhone 6s, et son allure façon le Bossu de Notre-Dame. Preuve que ce design n’était pas franchement une réussite : Apple est revenu à un design plus traditionnel avec ses Smart Battery Case pour iPhone XR/XS/XS Max.

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Le Smart Folio Keyboard de première génération n’est pas spécialement laid, mais il est surtout très peu pratique avec son pliage en origami capable de vous donner des cheveux blancs à la vitesse de la lumière. Encore une fois, en guise d’aveu, Apple est revenu sur un design plus classique sur la nouvelle version du Smart Folio Keyboard destiné aux derniers modèles d’iPad Pro.

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Alors oui, la télécommande de l’Apple TV est petite et jolie, mais elle n’est absolument pas pratique. Elle se cache sans cesse sous le canapé, et on ne jamais dans quel sens la prendre. De plus, son pavé tactile cliquable n’est pas la solution la plus ergonomique pour naviguer dans les menus de l’Apple TV. Après, c’est une question de goût.

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On pourrait également parler du plastique transparent utilisé sur le fameux Cube, qui, s’il était plutôt esthétique, s’est révélé assez fragile au fil des ans. Le plastique se fissurait en effet très (trop) facilement.

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Pour finir, et c’est davantage un soucis de conception que d’apparence, on pourra glisser dans ces flops de Jonathan Ive le fameux clavier papillon qui équipe les derniers MacBook de la Pomme. Avec l’obsession d’une finesse absolue, Apple avait présenté un clavier ultra-fin avec son MacBook 12 pouces en 2015 (le même qui a quitté les étals de la marque récemment, paix à son âme). Ce clavier papillon s’est ensuite retrouvé sur le MacBook Pro dès 2016, puis sur le MacBook Air depuis sa révision en fin d’année dernière. Non seulement le clavier présente une course excessivement courte et se révèle très bruyant à l’usage, mais il est surtout extrêmement fragile.

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La moindre miette ou poussière s’infiltrant dans le mécanisme papillon peut provoquer la casse d’une touche, un phénomène qui a poussé Apple à le réviser à de maintes et maintes reprises et même à livrer ses dernières machines avec une garantie de quatre ans sur ce clavier. Pourtant, rien n’y fait, si bien qu’Apple pourrait même l’abandonner au profit d’un mécanisme à couteaux plus traditionnel sur ses prochains laptops.

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