Alors que la série The Handmaid’s Tale s’apprête à tirer sa révérence sur nos écrans, les aventures de June Osborne sont encore loin d’avoir dit leur dernier mot. La production originale de HBO s’est largement éloignée du matériau de base, mais elle s’apprête à revenir aux sources, avec l’adaptation confirmée de The Testaments, la suite du roman original publié en 2019. Un épilogue haletant, qui suit les destins croisés de trois femmes dans leur lutte contre la dictature de Gilead. Un roman qui éclaire, déconstruit et conclut magistralement l’univers dystopique.

The Testaments, ça raconte quoi ?
Il s’agit de la suite directe de The Handmaid’s Tale, qui se déroule quinze ans après la fin du premier roman. Margaret Atwood explore la chute de Gilead à travers trois personnages féminins : la redoutable Tante Lydia, Agnes, une jeune fille élevée dans la pure tradition gileadienne, et Daisy, adolescente canadienne dont la vie bascule lorsqu’elle découvre ses véritables origines. Couronné par le Booker Prize, le roman s’impose comme une fresque féministe sur la transmission et la quête de liberté. C’est puissant, c’est beau, et surtout, c’est étonnement optimiste, dans un univers qui nous avait plutôt habitué au fatalisme.

Trois personnages emblématiques
Les personnages principaux de The Testaments seront bien connus des lecteurs, autant que des téléspectateurs. Il sera en effet question de retrouver Tante Lydia, à la fois bourreau et victime du système. En devenant l’une des premières tantes, garantes de l’ordre patriarcal lors de l’instauration de Gilead, on réalise que derrière sa loyauté affichée, Lydia nourrit une haine profonde pour le régime, en devenant une taupe au service de la résistance Mayday. Son témoignage, consigné dans le mystérieux “Ardua Hall Holograph“, révèle les coulisses du pouvoir et la complexité de la culpabilité collective qui anime les Tantes.
Le livre suivra aussi Agnes Jemima, fille de Commandant, qui grandit dans le confort de l’élite, mais découvre peu à peu la violence et l’hypocrisie du système. Promise à un mariage arrangé, son parcours met en lumière la condition des jeunes filles à Gilead, entre endoctrinement et soif d’émancipation. Vous l’aurez deviné, le personnage va rapidement comprendre sa filiation avec June Osborne : son vrai nom n’est pas Agnes mais Hannah, et le jeune femme a la révolution dans le sang.

Dernière figure mise en lumière dans The Testaments : Daisy. Cette adolescente canadienne ignore tout de ses origines, jusqu’au jour où ses parents adoptifs sont assassinés par des agents de Gilead. Elle apprend que son vrai nom est Nichole, et qu’alors qu’elle n’était qu’un bébé, elle est devenue l’enfant symbole de la résistance, exfiltrée clandestinement de Gilead. Recrutée par Mayday, elle infiltre le régime via les Perles, des recruteuses chargées d’attirer des femmes étrangères à Gilead avec la promesse d’une vie meilleure.
Des changements à prévoir ?
The Testaments n’est pas seulement la suite d’un roman culte : c’est une réflexion sur la transmission, la mémoire et la capacité des femmes à s’unir pour renverser l’oppression. Atwood y interroge la notion de culpabilité : si les hommes ont conçu Gilead, certaines femmes ont contribué à sa pérennité, parfois pour survivre, parfois par conviction. Portées par un même combat, aux motivations divergentes, l’engagement des héroïnes finit par provoquer la chute de Gilead et la restauration de la démocratie. Un final magistral pour l’univers de La Servante écarlate.

Reste que la série HBO a pris bon nombre de libertés avec son matériau original, et qu’il sera sans doute difficile d’adapter fidèlement l’ensemble des événements décrits dans le second livre. On peut cependant s’attendre à ce que la série soit clémente avec les trois personnages en question, au moins jusqu’à la fin de la saison 6. Concernant June en revanche, il faut s’attendre à ce que la série se termine mal.
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