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Un développeur traduit son jeu en portugais, résultat, le piratage explose

Par Kocobe le

Le jeu de rôle et de gestion qui met en scène un combattant underground, Punch Club, a bénéficié d’un bon bouche-à-oreille. Il est également très apprécié des utilisateurs Steam avec un taux d’avis positifs de 80 %. L’éditeur Tiny Build est également plutôt satisfait des ventes du jeu qui s’élèvent désormais à 300 000 unités. Mais là où l’éditeur est un peu moins enjoué, c’est que les chiffres du piratage sont astronomiques. D’après des statistiques très précises, le jeu a été piraté 1,6 million de fois, avec 1,1 million de copies illégales sur PC/Mac/Linux et 500 000 sur mobile. Avec plus de quatre joueurs sur 5 qui n’a pas acheté son jeu, l’éditeur se pose légitimement quelques questions.

Punch Club_2

Et la première d’entre elles est : qui pirate le jeu ? Les usual suspects habituels en réalité. Tiny Build a réuni les données des jeux piratés et s’est rendu compte que la plupart des versions piratées étaient installées au Brésil (42,8 %), en Russie (18 %) et en Chine (15,3 %).

Mais ce qui est vraiment intéressant dans ces chiffres, c’est la manière dont le nombre de piratages évolue avec le temps. Tiny Build a créé un graphique où l’on peut voir que le nombre de copies illégales installées explose à partir du moment où le jeu a été localisé en portugais. Comme vous pouvez le voir, le nombre de copies piratées explose au Brésil, alors que les Chinois et les Russes ne semblent pas affectés par les localisations et piratent le jeu en anglais.

Piratage temps Punch Club

En comparaison des Brésiliens qui ont piraté le jeu en masse, les Européens sont plutôt bons élèves et représentent les publics avec la plus grande part de jeux achetés par rapport aux copies piratées. L’Allemagne voit ainsi un taux de 46 % de copies légales sur son territoire et la France 18,8 %. Les US sont également de bons acheteurs avec 26,2 % d’installations légales. Malheureusement, l’éditeur rappelle que cela n’est pas très significatif en termes de volume, tant le jeu a été piraté.

Pourcentage achat punch club

Tiny Build se désole d’avoir à présenter de tels chiffres. Cependant, il ne finit pas sur une note trop amère et sous-entend qu’il reste contre le fait de mettre des DRM sur ses jeux. Il reconnaît toutefois l’énorme impact que cela peut avoir sur les ventes d’un titre, mais réfléchit à des moyens alternatifs de lutter contre. Par exemple, en proposant l’achat cross-plateform pour mieux convertir les pirates en acheteurs. Une vraie réflexion sur la localisation est également à avoir. Tiny Build recommande ainsi aux autres développeurs de localiser pour l’Europe occidentale (en allemand et en français, notamment), car le taux de piratage y est plus bas.