Test

Impressions – Life is Strange 2 : Intro the Wild

Jeux-Video

Par Jules le

Pour la (très) grosse majorité d’entre nous, l’adolescence est une période ingrate de la vie. La quiétude de l’enfance touche à sa fin, la vie d’adulte approche à grands pas, les premières fois s’enchaînent, et avec elles les premiers échecs. Le corps évolue, et l’esprit aussi. La naïveté laisse place à la froide réalité. Bref, on change, on se forge, mais pas sans mal. Et si certains cherchent à oublier ce passage obligé, le studio parisien DONTNOD prend une fois encore un malin plaisir à nous y replonger avec le premier épisode de Life is Strange 2.  

Achetez Life is Strange 2

Puisque Life is Strange 2, comme ses prédécesseurs, se démarque par son histoire, on va se garder de vous divulgâcher l’intrigue. Vous n’êtes cependant pas à l’abri de dénicher un ou deux spoils dans l’article qui suit. Si vous ne voulez vous garder la surprise, nous vous conseillons d’arrêter la lecture et de compléter le premier épisode avant de poursuivre (surtout si vous avez aimé Life is Strange).

De même, plutôt qu’un test, on préfère vous livrer une première impression de Life is Strange 2, et ce même si le jeu de DONTNOD est officiellement sorti le 27 septembre dernier. Pour la simple et bonne raison que juger la qualité d’un titre sur seulement un cinquième de son contenu n’est pas suffisant pour établir une critique constructive.

Los Lobos Hermanos

Le fan-service ayant été assuré par Deck Nine Games et son Life is Strange : Before the Storm, avec toutes les qualités (d’écriture) et les défauts (dans la forme) qui vont avec, DONTNOD avait donc la voie libre pour Life is Strange 2 (que l’on appellera désormais LiS2). Et le studio parisien ne s’est pas privé pour donner une nouvelle direction à la licence de point & click narratif qu’il a créée, tout en l’inscrivant dans le même univers que le premier opus.

Autant vous le dire tout de suite, LiS2 n’est pas une suite directe à LiS. L’histoire se déroule trois ans après les évènements d’Arcadia Bay, dans les derniers jours de l’Amérique de Barack Obama, et prend place à Seattle dans l’État de Washington. Pas de Max ou Chloé à l’horizon, mais Sean Diaz, un lycéen de seize qui se préoccupe plus des filles que de ses devoirs de math, et Daniel Diaz, son petit frère de sept ans son cadet. Lui n’a pour seul objectif que d’attirer l’attention de Sean, qu’il considère comme son héros. Pour Sean, Daniel n’est rien d’autre qu’un enquiquineur. Bref une vie de famille tout ce qu’il y a de plus normal.

Country road, take me home

Par la force des choses, les deux frangins vont être envoyés sur les routes américaines. Il faut dire qu’en s’appelant “Roads”, le premier épisode de LiS 2 ne laissait que peu de doute quant au déroulé de l’aventure. Ce road-trip forcé va, avec son lot de rencontres, renforcer indéniablement la relation entre Sean et Daniel.

Si comme ses prédécesseurs LiS 2 est une aventure intimiste, ce dernier se veut plus politique. Bien que son nom ne soit jamais évoqué, le spectre de Donald Trump et de sa politique plane sur l’intrigue. Mais c’est surtout au racisme que vont avoir affaire les deux frères. DONTNOD nous prouve une fois de plus ses talents d’écriture en montrant un racisme réel, injustifié, servant et influençant l’intrigue, plutôt qu’un racisme de façade et omniprésent dans le seul but de coller une étiquette “adulte” à son jeu.

Espérons simplement que le studio parvienne à maintenir son niveau d’écriture durant les quatre prochains épisodes.

Oregon Trail

Reste la question de la forme. Au risque de vous décevoir, LiS 2 ne révolutionne pas le point & click narratif, et propose donc toujours des mécaniques de jeu basées sur les dialogues à choix multiples, les interactions avec le décor et la collecte d’objets.

DONTNOD a eu la bonne idée de déployer des interactions spéciales qui impliquent les deux frères. Outre l’obtention d’informations utiles pour la suite de l’aventure, ces options en binôme influent sur les relations entre les deux frères. Seule la sortie des cinq épisodes nous permettra cependant de savoir si ces dernières ont un véritable impact sur le déroulé de l’aventure.

Quant à l’œil de photographe de Max, il laisse sa place aux talents de dessinateur de Sean Diaz, dans des scènes tout aussi contemplatives, mais qui grâce à l’utilisation des deux sticks analogiques invitent le joueur à plus s’impliquer.

O’Brother, don’t bother

Graphiquement, ça tourne sur Unreal Engine. Le studio parisien a une nouvelle fois opté pour un style semi-réaliste, mâtiné de cel-shading et de 3D lisse. Les textures bavent par endroit, mais le tout aliase moins. Bref, c’est beau de loin, plus brouillon de près.

Heureusement, LiS 2 est visuellement mémorable grâce à son ambiance et sa mise en scène. Même les séquences les plus intimistes peuvent s’inscrire dans la mémoire du joueur grâce à une photographie maîtrisée. LiS 2 et DONTNOD aiment le cinéma, et ils nous le prouvent une fois de plus.

Des progrès semblent avoir été réalisés sur la narration. Parce que LiS 2 fait courir son intrigue sur 5 épisodes et non 3 comme LiS BtS, ce qui évite de bourrer les rebondissements et informations au forceps.

LiS 2 à des choses à dire et il prend le temps de le faire sans tomber dans la longueur inutile. Et toutes les données ne seront pas sous vos yeux. Choisissez de faire l’aventure sans consulter votre portable ou le carnet, et ce sont des pans entiers de relation qui vous passent sous le nez.

Achetez Life is Strange 2

Notre avis

Cette deuxième saison de LiS 2 démarre bien et se veut la promesse d'une nouvelle aventure aussi poignante et intelligente que la précédente. Si dans la forme, rien ne bouge ou presque, le changement de ton et d'enjeux profite à un titre qui parvient à éviter le fan-service pour s'offrir une véritable identité. Allez, continuez comme ça et on se retrouve à la fin de l'épisode 5 avec la gorge serrée et le sentiment d'avoir accompli quelque chose de bien.

Life is Strange 2 est disponible sur PC, PS4 et Xbox One.