Il y a quelque chose d’absurde dans la trajectoire qu’ont pris les aspirateurs robots ces dernières années. D’accessoires autonomes destinés à nous faciliter la vie, la plupart des modèles haut de gamme se sont rapidement transformés en machines de guerre, véritables tours de contrôle domestiques qui occupent une place conséquente au sol, et multiplient les fonctionnalités, tout en inondant votre smartphone de notifications intempestives.
Le marché mondial des aspirateurs robots pesait 6,21 milliards de dollars en 2025 et devrait doubler d’ici 2030. La course à l’innovation ne montre aucun signe de ralentissement, au point que certains modèles sont désormais capables de ranger vos chaussettes et de monter les escaliers. Sauf qu’une poignée de fabricants commencent à se demander si la vraie innovation ne serait pas plutôt de faire moins.

Le Roomba Mini, arrivé en 2026 dans une gamme revenue de loin pour iRobot, vient poser frontalement la question. 24,5 cm de diamètre contre 35 cm pour un robot classique, une station AutoEmpty dont les dimensions n’excèdent pas celles d’un grille-pain… Exit les mastodontes du secteur, le robot s’installe dans un salon sans qu’on remarque sa présence. Et si c’était ça, la véritable solution ?
Faire plus petit
Une grande station multifonction, c’est impressionnant sur le papier. Vidage automatique, lavage et séchage des serpillières, remplissage du réservoir d’eau propre, évacuation de l’eau usée. En théorie, elle permet de nous épargner une charge mentale conséquente, et d’autonomiser la machine pendant plusieurs semaines sans qu’on ait à y toucher. C’est l’argument massue de marques comme Roborock, Dreame ou Narwal, qui proposent des stations toujours plus imposantes.

Sauf que cette autonomie a un coût. Un coût financier d’abord : les modèles haut de gamme avec station complète dépassent facilement les 800, voire les 1 000 €. Un coût d’espace ensuite : placer une tour de 50 cm de haut dans un studio parisien de 25 m² ou dans une chambre d’étudiant où chaque mètre carré de couloir compte, c’est une partie de l’espace de vie grignoté. La miniaturisation de la station, s’impose sur ce point comme une vraie réponse à un vrai problème.
Compact mais à quel prix ?
L’argument en faveur des grosses stations ne tient pas uniquement au marketing : la puissance, la qualité de lavage et la durée d’autonomie entre deux interventions humaines sont forcément supérieures sur les modèles XXL. Un Dreame X50 Ultra capable de franchir des seuils de 6 cm et de délivrer 20 000 Pa, c’est un produit qui n’a pas d’équivalent dans le segment compact. Sur la question de la puissance, la miniaturisation impose des compromis réels.

Sur le Roomba Mini, ces compromis se voient. La fonction lavage repose sur des lingettes jetables (une lingette fixée sur une plaque, sans eau dans le robot) qui peine à égaler les modèles traditionnels. La puissance annoncée de 7 000 Pa est correcte pour de l’entretien quotidien, mais ne rivalisera pas non plus avec les monstres d’aspiration de la concurrence. Et l’autonomie de 90 minutes, suffisante pour un appartement de taille raisonnable, obligera les propriétaires de grandes surfaces à composer avec plusieurs cycles.
Pour qui, pour quoi ?
La vraie question n’est pas de savoir s’il faut choisir entre compacité et puissance, mais plutôt de comprendre à qui ce type de robots s’adresse. Force est d’admettre que les fabricants ont longtemps ignoré les personnes vivant en petits logements urbains au profit d’une course aux specs qui fait bien dans les tableaux comparatifs, mais occupe une place non négligeable.
iRobot n’est pas seul sur ce créneau. Ecovacs propose le Deebot Mini, avec une station réduite qui intègre pourtant vidange automatique, lavage et séchage des serpillières. Roborock avance avec des robots de plus en plus bas de plafond (7,98 cm pour les Saros 10 et 10R), pensés pour passer sous les meubles bas. Si le (tout) petit dernier de chez iRobot n’est clairement pas l’option la plus intéressante du marché, il a le mérite de poser les bonnes questions : le robot aspirateur du futur n’est peut-être pas celui qui peut tout faire, mais plutôt celui qui sait se faire discret, et disparaître dans le décor. Sur ce point (plus que sur sa fiche technique) le Roomba Mini s’impose comme un précurseur à moins de 300 €.
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