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[Test] Assassin’s Creed Origins est-il le meilleur opus de la saga ?

Jeux Vidéo

Par Mathieu le

Il y a près de dix ans, nous découvrions un certain Desmond Miles et son aïeul assassin, le bien nommé Altaïr. Que s’est-il passé durant cette décennie ? Des jeux estampillés Assassin’s Creed se sont enchaînés les uns après les autres, forgeant à la série une popularité grandissante, mais l’épuisement quelque peu également. Les joueurs avaient donc besoin d’un renouvellement. Et c’est là qu’est censé intervenir Origins, que son éditeur a laissé mijoter un peu plus longtemps que ses prédécesseurs. Cet épisode tient-il vraiment toutes ses promesses ? C’est la question à laquelle nous allons répondre.

Un épisode spécial

Bienvenue en -49 avant Jésus Christ. Nous sommes en Egypte et suivons les aventures de Bayek, un Medjaÿ (un défenseur du peuple) bien avant que la confrérie des Assassins telle que nous la connaissons ne soit créée. Tout débute par un événement majeur dans la vie de cet homme qui a vu la vie de son petit garçon lui être arrachée par des êtres masqués. C’est à partir de ce jour qu’il décide, avec sa compagne Aya, de mettre fin aux agissements de « l’Ordre des anciens ».

Bayek & Aya

C’est le point de départ de l’aventure qui nous est contée. Et il faut bien avouer qu’on prend du plaisir à suivre les évènements qui sont dépeints au fur et à mesure que les heures tournent. Malheureusement, comme c’est souvent le cas dans la série, l’intérêt que l’on peut porter au scénario est assez limité. Si on accroche vite aux personnages et notamment aux deux grands héros de cet épisode, on perdra au fur et à mesure pied face à l’ampleur de la tâche qui nous est confiée. Malgré tout, il faut noter l’envie certaine chez Ubisoft de nous présenter une histoire intrigante.

Ce qui marque de son empreinte cet opus, ce sont aussi les personnages historiques que le studio intègre avec intelligence à l’univers Assassin’s Creed. Au fil des heures, on rencontre ainsi, notamment, Cléopâtre, Jules César ou Ptolémée. Et il faut bien avouer que leur rôle, tout comme leur intérêt, est renforcé par « l’origin story » qui tourne autour de cet épisode, finalement spécial dans la chronologie de la série.

Ptolémée a une grande soif de pouvoir

Mélange de genres

Mais là où Assassin’s Creed : Origins trouve sa véritable force, c’est dans le contenu qu’il propose aux joueurs. Cette fois, vous faites face à un véritable monde ouvert proposant de nombreuses quêtes et activités variées. On pourra ainsi voyager, à dos de cheval ou de chameau, de Siwa en passant par Alexandrie ou Memphis. Et dans chacune de ces villes, il y a la possibilité d’interagir avec les habitants, ces derniers demandant de l’aide constamment pour venir à bout de missions à la difficulté grandissante. Ces quêtes annexes, nombreuses, ne sont pas les seules choses que vous pourrez accomplir durant votre aventure. On trouve ainsi sur notre chemin des camps ennemis à défaire, des pyramides à explorer ou des tombeaux à piller, en plus de l’aventure principale et des missions secondaires.

Cela allonge, bien évidemment, la durée de vie du jeu qui peut se vanter d’être le plus généreux de la série. Comptez en effet une trentaine d’heures pour venir à bout de l’histoire et au moins le double pour s’assurer d’avoir tout fait convenablement. Si on note une véritable volonté de proposer au joueur des quêtes diverses et variées, on ne peut s’empêcher de noter une certaine répétitivité après une vingtaine d’heures. La faute à des missions qui utilisent, souvent, des structures similaires pour mener à bien leur finalité.

En ce sens, la carte de cet Assassin’s Creed est impressionnante. Elle s’étend tellement qu’au bout de plus de trente heures de jeu, nous n’avions toujours pas posé les pieds dans une demi-douzaine de zones. Tout a été réalisé avec un soin hors norme ce qui permet de passer de paysages luxuriants à des déserts arides et des plaines verdoyantes. Les villes regorgent de vie et on ressent un véritable souci du détail, notamment dans l’architecture des monuments et lieux emblématiques des grandes cités de l’Egypte ancienne. Les développeurs ont eu l’intelligence de s’adapter au contexte historique de l’époque pour nous faire éprouver cette association entre une Egypte traditionnelle et la Rome antique. L’ambiance qui en découle est par ailleurs admirable tant elle nous plonge profondément dans cette époque de l’humanité si particulière et passionnante.

[nextpage title= »The Witcher’s Creed 3″]

Côté gameplay, on attendait énormément de ce nouvel Assassin’s Creed alors que ses prédécesseurs semblaient tourner en rond. Et il faut être clair d’emblée, le jeu s’est établi sur un modèle simple : celui de The Witcher 3. Les joueurs qui ont pu s’essayer au titre de CD Projekt trouveront vite leurs marques tant il reprend les grandes lignes des aventures de Geralt dans l’équilibre entre les différentes phases de jeu proposées. Par exemple, les balades à cheval et les combats nous ont irrémédiablement fait penser à The Witcher 3.

La découverte des villes, les interactions avec les PNJ ou les déplacements au sol sont autant de points qui semblent inspirés d’un modèle ô combien intelligent. Mais, ne vous inquiétez pas, la sauce Assassin’s Creed est toujours aussi présente. On pense tout d’abord à votre aigle qui introduit une vraie belle option pour aborder vos missions. Sa présence apporte une touche plus tactique au jeu et il efface la trop facile « vision d’assassin » qui était développée dans les précédents jeux. Le monde ouvert propose une verticalité dans son level design qui vous fera, encore et toujours, monter sur le toit de monuments somptueux. On pense notamment aux pyramides que l’on escalade avec envie ou aux Temples grecs. En revanche, si les courses ont été revues, et globalement corrigées, il arrive encore parfois que Bayek atterrisse à des endroits non souhaités. Cela gâche parfois un peu l’expérience mais rien de bien alarmant.

T’as pas le niveau, petit

Ce qui est un peu plus dérangeant, c’est la difficulté globale du jeu, inégale. Comprenons-nous bien tout de suite : vous n’aurez droit qu’à très peu de faux pas. Une initiative intéressante dans une série qui a toujours été assez facile mais qui peut surprendre. En effet, il est très difficile de réaliser des missions « de niveau 25 » par exemple lorsque vous êtes au niveau 21. Parfois, il est même préférable d’atteindre un niveau supérieur aux recommandations pour s’assurer de pouvoir en finir avec nos ennemis sous peine qu’ils ne nous tuent en l’espace de seulement un ou deux coups. En ce sens, l’I.A. de cet épisode a été également corrigée et se veut plus agressive. On le disait, les combats ont eux aussi été revus. Il est loin le temps où il suffisait d’appuyer sur le bouton de contre au bon moment pour en terminer avec vos adversaires. Désormais, il faut maîtriser un système de contre et d’esquives ainsi que d’attaques légères et lourdes pour sortir sain et sauf des escarmouches.

Le système de combat a bien changé

La personnalisation de votre personnage prend également beaucoup d’importance. Le système de compétences qui définit les aptitudes particulières de votre héros est bien plus complet et vous permettra de définir, en amont de vos actions et missions, les priorités. Il est ainsi possible de choisir si vous serez plutôt un guerrier, un archer ou un homme de l’ombre. Assassin’s Creed Origins assume désormais son côté RPG. Système de niveaux, HP, puissance des coups, puissance de la lame, tout peut être amélioré à sa convenance. Le traitement de nos armes et armures a d’ailleurs un impact très important dans cet opus tout comme notre capacité à crafter pour perfectionner notre équipement. On passera de nombreuses heures à chasser des crocodiles, des hippopotames ou à voler du bronze et du bois pour pouvoir bonifier les statistiques de Bayek.

La beauté a un coût

Techniquement, il faut avouer qu’Ubisoft a voulu plaire à nos rétines avec ce nouvel épisode. Sur Xbox One X, le jeu présentait des textures léchées et des arrières plans sublimes. Comme vous l’avez compris auparavant, la direction artistique d’Assassin’s Creed Origins vaut le détour. Mais s’il s’agit du plus bel opus de la franchise, il présentait tout de même quelques soucis.

Plusieurs bugs graphiques tout d’abord viennent entacher l’impression générale : décors qui s’affichent au dernier moment, textures de qualités inégales, murs invisibles… Mais ce qui nous a plus étonné, c’est quand même le framerate inconstant. À plusieurs reprises, nous perdions plusieurs dizaines d’images par seconde, passant de 60 à moins de 30. Très certainement un problème d’optimisation qui sera, on l’espère, réglé pour la sortie.

Quant aux modélisations des personnages, notons l’exceptionnel travail réalisé sur Aya, sublime, mais aussi sur Bayek. Les deux protagonistes du jeu présentent des visages photoréalistes qui ont dû mériter de nombreuses heures de travail. Jules César ou Ptolémée bénéficient eux aussi de modélisations de qualité, même si certains autres personnages secondaires n’ont clairement pas tous bénéficié du même niveau d’attention.

Sur PS4 Pro, le jeu est tout aussi séduisant avec une qualité générale de premier ordre qui fait vraiment plaisir à voir. Il est clair qu’Ubisoft a véritablement soigné l’aspect graphique de son titre pour qu’il soit agréable à l’œil aussi bien pour les joueurs des différentes consoles, dans leur version « upgradée » ou non.

Assassin’s Creed Origins, sortie le 27 octobre sur PS4 , Xbox One (sur Xbox One X, à la sortie de la console) et PC. Jeu testé sur Xbox One X et PS4 Pro.

Notre avis

La série Assassin’s Creed a bien fait de se reposer. En répondant à certaines questions sur les fondements de la confrérie des Assassins via un épisode soigné, Origins apporte un vent nouveau dans la franchise. Cet opus fait état d’un jeu de qualité qui repose sur des mécaniques qui ont déjà fait leurs preuves par le passé mais aussi d’un monde ouvert sublime et de graphismes de haut vol. Malgré un manque de clarté dans sa narration et une difficulté associée à une I.A. parfois étrange, ce nouvel opus est bien le très bon jeu qu’on était en droit d’attendre après cette parenthèse d'un an.

8.5 / 10