Marshall débarque sérieusement dans le home cinéma. Avec la Heston 120, sa première barre de son compatible Dolby Atmos et DTS:X, la marque britannique frappe fort. Design ultra identifiable, ADN rock assumé, performances audio solides, et surtout des capacités musicales bien au-dessus de la moyenne. Son objectif ? Faire trembler Sonos sur ses bases, en visant directement l’Arc Ultra.
Depuis sa fusion avec la société suédoise Zound en 2023, Marshall s’est transformée. Si la marque reste dans l’imaginaire collectif indissociable des amplis pour guitares qui ont marqué l’histoire du rock, elle s’est progressivement imposée sur le marché des enceintes Bluetooth et des casques avec brio. Les récents Emberton III ou Monitor III ANC en sont les parfaits exemples. Désormais, elle passe la vitesse supérieure en s’attaquant à un nouveau territoire : le home cinéma.
Et Marshall ne fait pas les choses à moitié. Avec un prix de lancement à 999 euros, la Heston 120 se place directement en face de la Sonos Arc Ultra. Un positionnement premium assumé qui reflète l’ambition de la marque : proposer une solution home cinéma complète sans trahir son identité musicale.
Une gamme complète à venir
Lors d’un passage à Stockholm dans les locaux de Marshall, nous avons pu échanger avec les ingénieurs ayant conçu cette barre de son pendant près de deux ans. Leur idée était simple : créer un produit qui respecte à la fois les standards audio du home cinéma moderne (Dolby Atmos, DTS:X), tout en restant fidèle à ce que Marshall sait faire de mieux : la musique. Et ce, sans tomber dans les travers anonymes des barres de son tout en plastique noir, au design fade et passe-partout.
La Heston 120 n’est pas seule : elle sera bientôt accompagnée par une version plus accessible, la Heston 60, et par un caisson de basses dédié, le Heston Sub 200, tous deux attendus d’ici la fin de l’année.
Un design qui fait du bruit… visuellement
Si vous aimez les barres de son discrètes et invisibles, passez votre chemin. La Heston 120, c’est tout l’inverse. Elle assume son look Marshall à fond. Avec ses dimensions de 110 x 7,6 x 14,5 cm (pour 7 kg), elle impose son style avec son fameux logo en façade, son liseré cuivré, et sa grille tissée à l’avant et sur le dessus. C’est clairement une extension de l’univers visuel des amplis guitare de la marque.
Les côtés et l’arrière sont habillés d’un matériau façon cuir, en réalité du polyuréthane bien imité, tandis que les extrémités sont protégées par des grilles en aluminium. L’assemblage est très propre, et l’objet inspire confiance. Ce n’est pas un accessoire cheap, c’est un vrai produit audio haut de gamme, pensé pour durer — d’autant plus que Marshall a fait un effort appréciable sur la réparabilité : grilles, boutons, transducteurs, et circuits imprimés, tout est démontable et remplaçable.
Au sommet, on retrouve trois boutons et trois potentiomètres haptiques, clin d’œil direct aux amplis de guitare. Ils ne sont pas là juste pour la déco : les molettes permettent de gérer le volume, les basses/aigus, et les sources. Un dernier bouton permet de naviguer entre les modes sonores. Le tout est accompagné d’un liseré LED rouge très classe. Encore une fois, on est chez Marshall, et ça se voit.
Une connectique bien fournie, avec ou sans fil
Côté connectique, la Heston 120 est bien équipée : une entrée HDMI passthrough, une sortie HDMI eARC (2.1), une prise Ethernet, un port USB-C, deux RCA (stéréo et mono), ainsi que le port d’alimentation. Vous pouvez donc y brancher beaucoup de choses : platine vinyle, Apple TV, un caisson externe, etc. Pas d’assistant vocal ici, mais deux micros intégrés destinés uniquement à la calibration acoustique de la pièce.
Pour le sans fil, on est gâtés : Bluetooth 5.3 compatible Auracast (codecs SBC, AAC, LC3), Wi-Fi 6 avec support d’AirPlay, Google Cast, Spotify Connect et Tidal Connect. Bref, tout ce qu’il faut pour envoyer du son depuis votre téléphone, votre ordi ou votre appli préférée.
Une appli simple mais efficace
Pour ce test, nous avons pu accéder à la toute nouvelle application mobile Marshall, qui accompagnera la sortie de la Heston 120. Elle reste volontairement sobre, bien loin de certaines usines à gaz. Mais elle va à l’essentiel : sélection de source, gestion du volume, égaliseur à 5 bandes, calibration, synchronisation labiale, et quatre modes sonores prédéfinis (musique, film, nuit, voix).
La navigation est fluide, claire, sans fioritures. Et surtout, elle permet d’exploiter toute la puissance de l’appareil sans dépendre exclusivement des boutons physiques. Bon point également : tout fonctionne sans compte obligatoire.
Elle en a sous le capot
Derrière son look vintage, la Heston 120 cache une architecture moderne et ambitieuse : 11 amplis classe D pour un total de 150 W, 2 médiums de 3”, 2 tweeters de 0,8”, 5 haut-parleurs à large bande de 2” et surtout 2 woofers rectangulaires de 2” x 5”. Ces derniers ont nécessité pas moins de 17 prototypes avant de satisfaire les ingénieurs, c’est dire l’attention portée à la restitution des basses.
Et franchement, ça s’entend. Le grave est puissant et profond. Dans bien des cas, on peut tout simplement se passer d’un caisson dédié, ce qui est plutôt rare sur ce type de produit. Que ce soit en musique ou en films, la Heston 120 envoie du lourd. Les scènes d’action claquent, les explosions grondent, les drops électro font vibrer le canapé. Et si c’est trop ? L’égaliseur est là pour vous permettre de rééquilibrer l’ensemble à votre goût.
Cette gestion des basses fait d’ailleurs penser à la technologie Sound Motion utilisée par Sonos (issue de la startup néerlandaise Mayht, acquise en 2022). On est sur un niveau de maîtrise relativement équivalent.
Une spatialisation correcte, mais perfectible
Avec sa compatibilité Dolby Atmos et DTS:X, on attendait Marshall au tournant sur le rendu surround. Le constat est un peu plus nuancé ici. Si la scène sonore est large, bien étendue sur l’horizontale, la verticalité laisse un peu à désirer, difficile alors de faire apparaître une bulle sonore en 3D.
Ce n’est pas mauvais pour autant : les effets latéraux sont bien présents, les dialogues ultra clairs, même en plein chaos sonore. Mais ne vous attendez pas à sentir des hélicoptères vous passer au-dessus de la tête. On est encore un léger cran en dessous de certaines barres qui y parviennent un peu mieux (sans toujours réussir, d’ailleurs).
Taillée pour la musique avant tout
Là où la Heston 120 met tout le monde d’accord, c’est sur la musique. Et c’est bien normal, venant de Marshall. Après un rapide passage dans l’égaliseur pour calmer un peu les graves parfois trop généreux, on découvre une restitution très équilibrée : des médiums clairs, des voix bien définies, des aigus précis sans être agressifs. Chaque instrument trouve sa place, et l’ensemble est très agréable à écouter, peu importe le style.
Classique, rock, jazz, electro, hip-hop, tout passe sans forcer. Même à volume modéré, la barre conserve une belle dynamique, ce qui est assez rare. Attention tout de même à ne pas pousser le volume à fond : au-delà de 75 %, une légère distorsion peut apparaître.
Un petit regret tout de même : pour le moment, le Dolby Atmos via Apple Music n’est pas disponible via AirPlay. Apple a récemment publié les specs nécessaires à son implémentation chez les fabricants tiers, et Marshall nous a confirmé qu’une mise à jour logicielle arrivera avant fin 2025 pour activer cette fonction. Pour l’instant, seuls le HDMI eARC ou Tidal Connect permettent d’en profiter.
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