Premier contact : un vélo costaud mais accueillant. Dès les premiers mètres, impossible de ne pas noter le gabarit du Xroad. Ses pneus de 27,5’’ bien cramponnés, sa fourche généreuse et son cadre bas donnent cette impression de robustesse qui rassure immédiatement une fois installé confortablement sur la selle.
Qui plus est, l’enjambement est d’une facilité déconcertante : on comprend pourquoi Moustache a définitivement enterré les cadres hauts. Pour un usage urbain au quotidien, ça change tout. La position de conduite est droite, confortable, un poil “SUV du vélo”. On sent que le Xroad veut ménager le cycliste, même celui qui n’a pas roulé depuis un moment. C’est un parti pris : le vélo n’essaie pas d’être sportif, il cherche d’abord à être agréable. Et cela ne l’empêche pas d’être sportif pour autant !
Bosch PX : le moteur idéal pour cet usage mixte
Le modèle que nous avons enfourché était équipé du moteur Bosch Performance Line PX, le dernier-né de l’équipementier allemand. Sur le papier : 85 Nm de couple (90 Nm après réglages via l’application Flow), un comportement plus progressif que le CX, et un mode Auto repensé. En pratique, nous avons pu voir ce qu’il avait dans le ventre en alternant entre des pentes à presque 10 %, des relances en milieu urbain varié et des traversées forestières automnales légèrement boueuses.

Le moteur a réagi de manière franchement convaincante. Le mode Auto gère quasi tout : il garde l’allure sans faire hurler le pédalier, compense le vent de face et évite de “mouliner” dans les côtes. Si on veut jouer sur une forte pente, le mode Turbo permet de s’amuser allègrement. Certes, ce n’est pas la motorisation la plus explosive du marché, mais pour un usage mixte, c’est probablement la plus cohérente. Elle garde ce juste milieu rare : assez de punch pour grimper, assez de douceur pour ne jamais surprendre, et une gestion fine de l’énergie qui évite de vider la batterie pour rien. Lors de notre test express, nous n’avons jamais eu la sensation de forcer, même sur de belles bosses agrémentées de feuilles et racines.

Confort : oui, on peut rouler vite sur des pavés
On ne le dirait pas comme ça, mais le Xroad pourrait presque prétendre au Paris-Roubaix tant il avale les pavés sans sourciller. Sur ce terrain traître, la plupart des VTC électriques deviennent nerveux ou vibrants. En tout cas, désagréables. Ici, la fourche de 120 mm, la tige de selle suspendue et les pneus Schwalbe Smart Sam travaillent de concert pour proposer une expérience suffisamment confortable pour garder une certaine vitesse de roulage sans avoir à serrer les dents.

Même sensation sur les chemins en terre : le vélo filtre beaucoup les aspérités, que ce soit de petites racines ou des creux bien cachés sous les feuilles. À la clé, un pilotage simplifié. Ce serait exagéré de dire que le Xroad se débrouille aussi bien qu’un VTTAE pur, mais pour un VTC, c’est clairement dans le haut du panier.
Stabilité et prise en main : rassurant, mais pas léger
Avec ses 26,6 kg – et plus, en fonction des accessoires – sur la balance, le Xroad n’est évidemment pas un poids plume. En ville, on le sent en manœuvre lente : demi-tours serrés, montée de bordure, passage d’obstacles. Rien d’impossible, mais on n’est pas dans la catégorie “hyper maniable” dès lors qu’on est à l’arrêt ou presque. En revanche, une fois lancé, c’est l’inverse : le vélo imprime un sentiment de solidité et de stabilité remarquable.

En forêt, nous avons volontairement pris quelques zones un peu dégradées (pierres, flaques, ornières). Même là, le Xroad reste prévisible et tolérant. On peut vraiment s’autoriser à quitter l’asphalte sans se demander si le vélo va suivre. Le freinage Shimano assure bien son rôle : arrêt net, dosage facile. À très haute vitesse en descente, on aurait aimé un peu plus de mordant, mais dans 95 % des situations quotidiennes, c’est largement suffisant.
Transmission et sensations : tout en douceur
Le Xroad testé embarquait une transmission Shimano Cues à 10 vitesses, suffisamment étagée pour passer des côtes sèches comme des longues sections roulantes. Le passage de vitesses est fluide, la chaîne ne tape pas, et le protège-chaîne maison évite les déraillements intempestifs.

De manière générale, le vélo invite davantage à la balade fluide qu’à la conduite nerveuse : son ADN, c’est la régularité, le confort et une assistance toujours disponible. Ceux qui veulent “envoyer” préféreront le moteur Bosch CX, mais pour un usage urbain et, de temps en temps, des chemins, le PX est clairement le meilleur compromis.
Le Smart System : un vrai plus au quotidien
Lors de cet après-midi de test, nous avons pu testé la connexion avec l’application Flow : installation rapide, réglages visuels, personnalisation de l’assistance, statistiques de sortie… Rien à redire. Les alertes en cas de déplacement non autorisé du vélo sont un point rassurant, d’autant que la batterie 600 Wh liée au vélo est inutilisable sur un autre modèle – un détail qui dissuadera certains voleurs.

Impossible de juger finement l’autonomie sur un après-midi, mais sur le terrain mixte parcouru, la consommation semblait conforme aux estimations : 60 à 70 km en usage urbain, plus si l’on roule beaucoup en mode Auto.
Polyvalence réelle, pas marketing
Là où beaucoup de VTC électriques se contentent d’un discours “ville + chemin” assez superficiel, le Xroad tient vraiment cette promesse. Il roule bien sur bitume, reste confortable quand la route disparaît, et garde une assistance constante même quand ça grimpe.

Le vélo est pensé pour le quotidien avec ses garde-boues efficaces, son porte-bagages arrière solide, et la possibilité de rajouter un porte-bagages avant (nouveauté 2025) aussi pratique que design. Pour vélotafer, faire ses courses, partir en balade ou emprunter des chemins non stabilisés, il coche toutes les cases.
Le prix : élevé… mais justifié
La gamme commence à 3 199 € (modèle avec moteur Bosch Performance Line, batterie de 540Wh) et grimpe à 4 199 € (Xroad 6) pour l’itération la plus haut-de-gamme. Avec le moteur PX, le modèle que nous avons testé, le prix démarre à 3 699 €. Oui, c’est un budget sérieux mais face aux concurrents premium, le rapport qualité/prix reste bon, surtout pour un vélo assemblé en France, bien équipé et réellement polyvalent.

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