S’il y a bien une catégorie de jeux qui ne manque pas de nouveaux représentants, c’est celle du Souls-like. Les amateurs de ce genre popularisé par FromSoftware avec Demon’s Souls et surtout Dark Souls premier du nom sont encore servis en cette année 2025.
The First Berseker : Khazan, Lies of P : Overture et le très particulier Elden Ring : Nightreign apportent leur lot de boss et de frustration (et d’endorphine) aux joueurs les plus téméraires. Wuchang : Fallen Feathers s’inscrit dans la droite lignée de tous ces titres. Il ne manque pas d’ambition, comme chacune des bandes-annonces du jeu depuis le premier trailer en 2021 le prouvent. Le studio Leenze parvient-il à livrer un Souls-like à la hauteur de ses inspirations ?
Un beau petit bout de Shu
Wuchang : Fallen Feathers ne s’embarrasse pas d’un scénario complexe. Vous incarnez Wuchang, une guerrière amnésique touchée par une étrange maladie nommée l’Ornithropie. À vrai dire, toute la population locale en est victime, ce qui cause l’apparition de plumes sur leur corps avant de les transformer irrémédiablement en monstres.

Heureusement, notre combattante s’en sort plutôt bien puisqu’elle parvient, pour le moment, à garder la raison malgré la maladie qui la touche. Wuchang se lance donc dans une quête à travers le pays de Shu pour trouver un remède à l’Ornithropie.
Les habitués des Souls-like s’en doutent : le scénario n’est pas la pierre angulaire de Wuchang : Fallen Feathers. Au cours de notre aventure, on rencontre tout de même une quantité impressionnante de personnages qui vont faire progresser l’histoire. Généralement, ils nous livrent des détails sur le monde qui nous entoure tout en nous guidant sur la voie à suivre vers la découverte d’un remède.
Bien sûr, ces discussions se résument à quelques lignes de dialogues in-game et non à des cinématiques à la mise en scène léchée. La quête principale de Wuchang : Fallen Feathers n’est pas particulièrement passionnante, mais se laisse suivre pour son univers original et charmant, nous ramenant à l’ère de la Dynastie Ming.

Le cadre dans lequel se déroule l’épopée est d’autant plus charmeur grâce à la technique irréprochable du jeu. Wuchang elle-même ne manque pas de charisme, même si on sent un peu trop l’influence de Stellar Blade aussi bien au niveau de son physique que de ses tenues (le studio ne s’en est pas caché).
Les décors sont superbes, détaillés et particulièrement variés. Wuchang : Fallen Feathers tient parfaitement le cap des 60 fps du début à la fin de l’aventure, même lorsque les effets visuels pleuvent à l’écran. Définitivement un des plus beaux Souls-like disponible sur PC et consoles.
À la hauteur de FromSoftware ?
Il y a un élément sur lequel un Souls-like ne peut pas se manquer : les combats. Wuchang : Fallen Feathers propose un gameplay exigeant, plus proche des jeux de FromSoftware que Black Myth Wukong. Comme dans les classiques du genre, il est possible d’effectuer des attaques légères et lourdes en prenant soin de gérer sa jauge d’endurance pour ne pas se retrouver à la merci de l’ennemi. Un premier problème saute alors aux yeux : la lourdeur de Wuchang.
En fait, la plupart des attaques prennent un temps fou à parvenir à leur cible à cause des animations de notre combattante. Oui, visuellement, ces chorégraphies inspirées du tai chi sont plutôt classes. En revanche, Leenzee oublie l’essentiel : faire en sorte que les coups soient les plus linéaires possibles. On finit tout de même par s’adapter aux mouvements de Wuchang une fois notre arme de prédilection trouvée (épée longue, à une main, hache, lance ou double lames).

Attaquer, c’est bien, mais il faut aussi se défendre dans Wuchang. Le jeu de Leenzee fait de l’esquive parfaite une mécanique essentielle du gameplay. En appuyant sur la bonne touche juste avant qu’une attaque l’atteigne, Wuchang peut esquiver et accumuler un point de Puissance Céleste. La Puissance Céleste sert à lancer des compétences non seulement beaucoup plus rapidement, mais aussi à augmenter nettement les dégâts infligés.
Un point de Puissance Céleste permet également de déclencher bien plus vite des attaques chargées. Elles sont essentielles, puisqu’elles permettent d’assommer un ennemi lorsqu’elles sont assénées par derrière. Ensuite, à vous le fameux coup critique dévastateur si efficace dans les Souls-like.
L’intérêt d’effectuer une esquive parfaite pour gagner de la Puissance Céleste ne s’arrête pas là. C’est aussi grâce à elle que vous pouvez lancer un des multiples sorts que Wuchang va acquérir au cours de l’aventure. Il faut parfois disposer de plusieurs points de Puissance Céleste pour utiliser les magies les plus dévastatrices. Ce système basé sur l’esquive parfaite est particulièrement bien pensé. Malheureusement, l’équilibrage global du titre ne lui rend pas du tout honneur.
Vous y laisserez des plumes
Il existe un gros contraste entre la lourdeur de Wuchang et la frénésie des ennemis, surtout des boss. Ils sont tellement agressifs qu’on passe bien de trop de temps à esquiver plutôt qu’à attaquer. D’autant plus que les fenêtres pour attaquer sont rares et extrêmement courtes.
La plupart des boss vont même placer une esquive fulgurante à la fin de leur combo pour ne pas se laisser atteindre, annihilant toute possibilité de notre part de passer de la défense à l’attaque. C’est un peu comme si les boss étaient réglés sur la vitesse de jeu d’un Sekiro, mais que Wuchang était calée sur celle du premier Dark Souls.

Dans ces conditions, placer une attaque chargée pour tenter d’assommer un boss est un véritable supplice. Ajoutons à cela que notre coup peut inexplicablement partir dans tous les sens lorsque nous ne sommes pas parfaitement en face de l’ennemi (ce qui arrive fréquement, puisque l’on passe notre temps à esquiver).
Autre souci notable : la gestion catastrophique de l’endurance au début de l’aventure. Les 10 ou 15 premières heures, notre jauge est ridiculement petite. Après quelques esquives et un sprint pour arriver jusqu’à l’ennemi si besoin, on se retrouve donc à court d’endurance avec l’impossibilité d’attaquer. Quoi de plus énervant que de voir un boss enfin vulnérable et simplement pouvoir le regarder dans le blanc des yeux ? La lourdeur et la lenteur de Wuchang nous pénalise également au moment d’utiliser un objet de soin. Il n’est pas rare de se retrouver au tapis avec encore cinq ou six potions simplement parce que nous n’avons pas trouvé le temps de nous soigner (ou qu’un ennemi nous a achevé pendant la longue, très longue animation de soin).

En outre, Wuchang a la fâcheuse tendance à se retrouver au sol à la moindre attaque. Et ne comptez pas sur elle pour se relever rapidement. Les ennemis en profitent alors pour vous asséner des combos alors que Wuchang fait sa meilleure sieste. Une aberration dans un Souls-like.
La parade parfaite non plus ne fait pas de miracles. Ce mouvement non intégré d’office, mais à débloquer dans l’arbre de compétences, fonctionne face à certains adversaires et n’a aucun effet sur d’autres sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. On vous conseille quand même vivement de la maîtriser, puisqu’un boss du premier quart du jeu est presque impossible à vaincre sans maîtriser ce mouvement au timing très particulier.
Vous n’allez pas vous souvenir longtemps des boss
D’ailleurs, on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé avant d’entrer dans une arène. Il est possible de passer d’un boss plutôt simple à un adversaire impitoyable avant de repasser sur un affrontement aisé. Même chose pour les patterns qui vont du ridiculement simpliste au très original.

À cause de tous ces défauts, on ressort de la plupart des combats de boss content de s’en être débarrassé plutôt que satisfait d’avoir su dompter parfaitement l’affrontement. D’autant plus que l’on a parfois l’impression de s’en sortir surtout grâce à une bonne RNG que grâce à nos talents.
Les affrontements classiques face aux ennemis qui peuplent le monde ne font pas autant ressortir les tares du gameplay. Ils ne se révèlent pas particulièrement excitants pour autant à cause d’un bestiaire plutôt limité et d’un manque criant de mini-boss pour casser la monotonie de l’ensemble.
Dommage, surtout que Wuchang ne manque pas de mécaniques de progression intéressantes et gratifiantes. L’arbre de compétences est particulièrement vaste et comporte une multitude de bonus passifs et de compétences pour chaque type d’arme. Il faut faire des choix, puisque vous ne pourrez pas tout débloquer en une partie. Petite subtilité, certaines capacités nécessitent d’avoir une jauge de folie élevée pour être activée. Celle-ci se remplit au gré de vos morts. Attention, un ennemi redoutable vous pourchassera si votre jauge de folie atteint son niveau maximum.

La mécanique de Trempe, elle, vous permet de choisir un buff magique pour votre arme. Vous pouvez également incruster des pierres, appelées des Bénédictions, à votre lame. Vous en trouverez un très grand nombre durant votre partie. Amélioration des attaques par derrière, des coups critiques, des sorts : il y en a pour tous les goûts.
Un monde dense, la véritable force de Wuchang : Fallen Feathers
La grande réussite de Wuchang : Fallen Feathers est clairement son monde incroyablement vaste. Le titre de Leenzee compte un nombre colossal de zones connectées entre elles et sans temps de chargement, en prime. Ce choix de structure héritée des jeux de FromSoftware et non de missions à la Nioh rend l’épopée particulièrement dynamique.
L’aventure démarre sur la visite de lieux relativement étriqués avant de nous emmener dans des environnements de plus en plus étendus. On peut même parfois s’y perdre un peu au vu de la taille et du nombre d’embranchements différents de certaines zones. Heureusement, on finit toujours par retomber sur nos pattes grâce à des raccourcis soigneusement placés.
La diversité des lieux visités contribue grandement au plaisir que l’on prend à parcourir le monde de Wuchang : Fallen Feathers. Entre les temples, les montagnes enneigées, les grottes, les forêts ou les villages, on en prend plein les yeux. L’exploration est toujours bien récompensée par la découverte d’armes ou d’objets précieux.

Votre plaisir risque tout de même d’en prendre un coup à cause des morts répétées que vous allez subir. La philosophie de Leenzee quant au level design de Wuchang : Fallen Feathers est assez singulière. En effet, il y a tellement de pièges et d’ennemis planqués capables de vous one-shot qu’il faut souvent apprendre leur placement par cœur. Peu importe votre skill, vous ne pourrez pas tout voir et anticiper.
Le jeu use et abuse des subterfuges popularisés par FromSoftware, comme le méchant caché dans un coin prêt à vous pousser dans le vide ou la mine dissimulée sous un tas de neige qui vous tue en un coup. Il faut parfois recommencer 7 ou 8 fois le même trajet pour mémoriser le placement des pièges avant d’enfin réussir à la sauvegarde suivante (ou au raccourci vers la dernière sauvegarde). Certes, Dark Souls, Bloodborne ou Lies of P se sont aussi amusés à nous piéger par le passé avec ces mêmes subterfuges. Mais il faut parfois savoir doser.
Heureusement, il n’y a pas que des traquenards à découvrir durant vos pérégrinations. Dans le monde de Wuchang : Fallen Feathers, vous croiserez de nombreux PNJ qui vous confieront des missions secondaires. Elles reprennent la structure des références du genre citées plus haut.
Un personnage vous donne un objectif, généralement trouver un objet, et vous revenez le voir pour obtenir votre récompense une fois la tâche accomplie. Si vous explorez suffisamment les zones du jeu, vous les compléterez naturellement. Ces quêtes annexes rallongent quelque peu la durée de vie déjà très généreuse du soft. Comptez entre 40 et 50 heures pour venir à bout de l’aventure, qui compte trois fins différentes et dépendantes de certains de vos choix.
Wuchang : Fallen Feathers est disponible dès ce 24 juillet sur PC, PS5, Xbox Series et dans le Game Pass dès sa sortie.

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