Virée après avoir tweeté une blague raciste

culture geek

Par Elodie le

Comme François Hollande et sa private joke devenue polémique, l’humour devrait être réservé à une certaine catégorie de personnes et manié avec précaution. D’autant plus sur les réseaux sociaux. La dernière à en avoir fait les frais est la responsable communication d’un grand groupe médias américain, virée après avoir tweeté une blague raciste.

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Il y a peu nous vous parlions de cette animatrice américaine, folle de chasse qui avait suscité la polémique en publiant sur les réseaux sociaux des photos représentant ses trophées de chasse. Deux pétitions mondiales avait été lancées à son encontre.

Aujourd’hui c’est une autre américaine qui fait parler d’elle. Jusqu’à il y a encore quelques jours, Justice Sacco était responsable communication de InterActiveCorp (IAC), grand groupe de médias américain ( The Daily Beast, Excite, Vimeo).

Vendredi 20 décembre, avant de prendre l’avion pour le Cap en Afrique du Sud où elle part en vacances en famille (elle est la fille d’un magnat sud-africain des mines), elle tweet ce message depuis l’aéroport d’Heathrow (ce qui fera dire à certains que son portable a peut-être été hacké) :

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« Je vais en Afrique. J’espère que je n’attraperai pas le sida. Je plaisante. Je suis blanche ! »

Elle coupe son téléphone et part pour 11h de vol, bien loin d’imaginer le soulèvement que son tweet est en train de causer. Malgré ses 200 followers, son tweet fait le tour du monde, suscitant de vives réactions, pour ne pas dire un lynchage numérique. Comprenant qu’elle est en vol et donc dans l’impossibilité de regarder ses notifications, un hastag  #HasJustineLandedYet (Justine a-t-elle atterri ?) est créé, sur lequel les twittos se lâchent et s’indignent. Le site Buzzfeed dresse une compilation de ses tweets les plus tendancieux, le site justinesacco.com est lancé et dirige vers un site de don pour la lutte contre le sida : Aid for Africa. Chacun s’y donnant à cœur joie.

 

 

À son arrivée en Afrique du Sud, la jeune femme prend la mesure de la polémique en cours. Elle supprime le tweet en question puis finalement ses comptes Twitter, Facebook et Instagram peu de temps après. Malheureusement pour elle, les choses sont allées trop loin et semblent irréversibles car entre temps la direction d’IAC a publié un communiqué dans lequel il tance sévèrement leur employée selon le NYT à propos de son tweet « injurieux et blessant » qui « ne reflètent pas les valeurs et les points de vue » d’IAC ajoutant qu’il n’y a « aucune excuse concernant les propos haineux qui ont été tenus et nous les condamnons sans équivoque ». Néanmoins, ils espèrent que cela ne donnera pas lieu à la condamnation d’une personne qui a toujours été « décente« . Pour autant, plus tard, toute référence à Justice Sacco sera effacée du site et son licenciement annoncé par la compagnie le samedi après-midi.

Le dimanche, la jeune femme tente les excuses publiques dans un communiqué retranscrit par ABC News :

« Les mots ne peuvent pas dire à quel point je suis désolée et combien il est nécessaire que je présente mes excuses aux Sud-Africains que j’ai offensé avec un tweet inutile et irréfléchi. Il y a une grave crise liée au sida dans ce pays […] et malheureusement, il est très facile de parler de façon cavalière d’une épidémie à laquelle on n’a jamais été confronté directement« Pour avoir évoqué cette crise – qui ne fait aucune différence de race, de sexe ou d’orientation sexuelle – et les millions de personnes qui vivent avec le virus de manière insensible, je suis honteuse ». Rappelant qu’en tant que fille de Sud-Africain, née sur ce territoire, elle est désolée d’avoir pu blesser « famille, amis et compatriotes ».

Ces quelques jours de furie numérique ont laissé perplexe nombres d’internautes et observateurs, dont Slate, s’interrogeant sur le rôle des réseaux sociaux qui portent au pinacle certaines personnes pour des raisons obscures et en livrent d’autres à la vindicte et au tribunal populaire.

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