Google, 1er lobbyiste de la Silicon Valley

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Par Elodie le

Selon les derniers chiffres d’Open Secrets (Center for Responsive Politics qui délivre les dépenses de lobbying), Google aurait dépensé 9.3 millions de dollars dans cette activité aux États-Unis depuis le début de l’année. Et l’Europe dans tout ça ?

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En première ligne dans le combat qui l’oppose aux FAI sur la neutralité du net, Google a, certes, dépensé plus que sa « meilleure ennemie » en activité de lobbying, la NCTA (National Cable & Telecommunications Association) – qui regroupe les grands opérateurs américains – avec ses 8.15 millions de dollars, cependant, elle n’a pas investi en masse dans ce secteur que l’on pourrait penser clé, alors que la firme de Mountain View se trouve aux prises avec les FAI sur le sujet très sensible de la neutralité du net

En effet, les télécoms n’arrivent qu’en deuxième position (460 000$), derrière la pression mise en faveur d’une réforme de la propriété intellectuelle (brevets, copyright et droit d’auteur) avec 8 850 000$ dans la catégorie Ordinateurs/Internet.

Un chiffre conséquent, mais ridicule à côté des bénéfices générés par Google pour l’année 2013, soit près de 13 milliards de dollars (pour un CA de 55 milliards). D’ici la fin de l’année, le géant américain aura peut-être taquiné ou pulvérisé le record de 2012 qui culminait à 18 220 000 de dollars (15 800 000$ en 2013).

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capture d’écran – Washington Post

Quelque peu conspué sur le vieux continent, Google bénéficie de relai à Bruxelles et dans plusieurs capitales européennes (dont Berlin et Paris) via des lobbyistes tech américains en charge des problématiques liées au copyright et à la confidentialité des données personnelles (assouplir les lois sur la protection de la vie privée notamment). Google a répondu à sa manière aux demandes de respect du droit à l’oubli numérique et à la désindexation (dont la France est championne d’Europe des requêtes) et vient de remporter une bataille importante contre les éditeurs de presse allemands.

Comme le souligne Le Monde, « À Bruxelles, le lobbying est une industrie qui pèse plusieurs milliards d’euros » où près de 30 000 lobbyistes sont représentés dont Facebook et Google dans le secteur high tech.
Un lobby intensif où « leur puissance de feu financière leur donne accès aux meilleurs avocats » mais qui n’empêche pas Google de se faire tancer par la CJUE concernant le droit à l’oubli notamment, bien que la décision annoncée et la réponse fournie restent encore perfectibles.

En France, le lobbying est une nébuleuse. Si le registre légal de l’Assemblée Nationale (ouvert en 2009 à des fins de transparence de la vie politique) dénombre officiellement 153 lobbyistes, les portes du Palais-Bourbon restent très poreuses, les divers groupes de pression s’en donnant à cœur joie…

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