[Sonyleaks] Sanctions économiques des États-Unis contre la Corée du Nord et réactions courroucées du régime

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Par Elodie le

Sanctions, réactions. Un peu plus d’un mois après l’attaque dévastatrice dont ont été victimes les studios Sony Pictures, et moins de deux semaines après les accusations du FBI contre le régime de Pyongyang, la sanction économique est tombée à l’encontre de la Corée du Nord, coupable désigné par les autorités américaines.

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« Je te vois ! »

Barack Obama avait promis une réponse « proportionnée » et « appropriée » pour répondre à « l’un des plus grands dangers en matière de sécurité nationale ».

Si les multiples pannes de l’Internet coréen ne peuvent être formellement imputées à l’administration américaine – nombre d’experts restent sceptiques, ces sanctions là se font à visage découvert. Les États-Unis ont renforcé leur arsenal de sanctions économiques à l’encontre de la Corée du Nord.

Ainsi, à l’aube de cette nouvelle année, soit le vendredi 2 janvier, 3 organisations et 10 hauts responsables du régime ont été visés par des sanctions économiques précise le Trésor américain. Pour ces derniers, accusés d’avoir pris part à la cyber-attaque, la vente illégale d’armes et à des trafic en tout genre, il leur est désormais impossible d’accéder aux banques américaines ou d’effectuer quelques opérations financières que ce soit incluant les États-Unis, nous précise La Tribune.
Pour l’administration américaine, il s’agit du « premier volet de notre réponse » aux « actions destructives, déstabilisatrices » ainsi qu’aux « nombreuses provocations et particulièrement la récente cyber-attaque contre Sony Pictures et les menaces visant les salles de cinéma et les spectateurs » auxquelles se serait adonnée la Corée du Nord.

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Comme le précise Le Monde, les trois organisations visées sont « l’agence nord-coréenne de renseignement, la Korean Tangun Trading Corporation, une entreprise chargée des achats de biens et de technologies à l’appui des programmes de recherche-développement du pays en matière de défense, et la Korea Mining Development Trading Corporation, décrite par l’ONU comme le principal marchand d’armes nord-coréen ».
Concernant les dignitaires du régime, dont le Wall Street Journal publie les noms, certains seraient des dirigeants des entreprises incriminées et les autres des personnes proches des autorités nord-coréennes.

La Maison Blanche se réserve le droit de poursuivre ces sanctions :

« Nous utiliserons un large éventail d’actions pour défendre les entreprises et les citoyens américains et pour se défendre contre les tentatives de saper nos valeurs », a averti le secrétaire du Trésor américain, Jacob Lew.

Des sanctions vertement accueillies du côté de Pyongyang. Dimanche 4 janvier, le ministère des Affaires Etrangères nord-coréen a tancé les États-Unis et leur refus de mener une « enquête conjointe », telle que réclamée par le régime de Kim Jong Un, un aveu de leur « mauvaise conscience ».

copyright by Sony Pictures
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« Les actions persistantes et unilatérales de la Maison Blanche et l’adoption de sanctions […] prouvent manifestement qu’elle ne s’est pas départie de sa répugnance et de son hostilité invétérées », a estimé le porte-parole du ministère des Affaires Étrangères à l’agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA), organe officiel de l’État.

Et la Corée du Nord de prévenir : « Maintenant il est temps pour les États-Unis de comprendre que ces sanctions n’affaibliront pas la Corée du Nord mais se sont révélées contre-productives. »

Allégées sous la présidence Clinton pour favoriser le dialogue, notamment sur la question nucléaire, les sanctions économiques ont été renforcées à l’arrivée de Bush Jr en 2001 et 2005. Sanctions à nouveau renforcées ces dernières années sur fond de crispation autour du programme nucléaire nord-coréen. En mettant la pression sur le régime, les sanctions sont perçues comme une (bonne ?) alternative à la riposte militaire. Peu suivies d’effets pour Kenneth Rogoff, professeur d’économie, et qui prend en exemple Cuba, la Russie et la Corée du Nord dans Les Échos.

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