Les artistes sont-ils les grands gagnants du streaming musical ?

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Par Elodie le

Ce mercredi 3 février, le Snep (Syndicat national de l’édition phonographique), représentant les producteurs de disques, tenait une conférence de presse. L’occasion de revenir, en chiffres, sur le streaming musical et le téléchargement. Le streaming musical est désormais privilégié et les artistes sortiraient grand gagnant de l’aventure.

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Le streaming, que ce soit musical ou télévisuel, a le vent en poupe. Et ce n’est pas le Snep qui va démentir, puisque chiffres à l’appui, il estime que le streaming musical, ou plutôt flux musical depuis peu, a généré un chiffre d’affaires supérieur à celui du téléchargement de titres, soit respectivement 73 millions d’euros contre 54 millions d’euros pour l’année 2014. Une augmentation de 34% entre 2013 et 2014 pour le streaming mais aussi de 29% pour le téléchargement. Si l’un supplante l’autre, personne n’agonise…

Du côté des produits physiques, même si ce n’est pas l’agonie, le temps n’est pas à la fête puis que les revenus engrangés diminus pour les CD, DVD musicaux et autres vinyles (même si l’engouement retrouvé pour ce support est confirmé par les disquaires). Ils représenteraient tout de même encore 70% du marché.

Le virage du numérique semble bien entrepris du côté du secteur musical. Les investisseurs, marques et annonceurs ne s’y trompent pas et la manne potentielle est énorme. Spotify, leader mondial, représente 60 millions d’utilisateurs et 15 millions d’abonnés. Loin derrière, Deezer représente tout de même 16 millions d’utilisateurs pour 6 millions d’abonnés dont 1.5 millions en France.
Le rappeur-producteur Jay Z vient d’ailleurs de racheter Aspiro, société suédoise spécialisée dans le streaming musical et concurrent direct de Spotify.

Revenus perçus avant déductions de charges
Revenus perçus avant déductions de charges

Le Snep joue le jeu de la transparence en détaillant la répartition d’un abonnement streaming à 9.99€/mois entre les différents acteurs. Répartition que beaucoup d’artistes, dont Taylor Swift, super pote de Mr Beyoncé, jugent inéquitables concernant Spotify notamment. Son CEO avait d’ailleurs répondu à ses détracteurs.

Pour l’étude commandée par le Snep au cabinet Ernst & Young, ce sont les artistes qui sortent grands gagnants de cette répartition puisqu’ils touchent 0.68€ de bénéfices (après déductions des charges mais avant impôt) par abonnement contre 0.60€ pour les auteurs-compositeurs. Puis 0.26€ pour les producteurs et enfin 0.10€ pour la plateforme de streaming (1.67€ de TVA revient à l’État).

Ce qu’avait contesté l’ADAMI (qui représente les artistes-interprètes) en novembre dernier en publiant leur propre répartition dans les pages du Monde. L’association dénonçait alors l’iniquité du partage des revenus dont l’artiste est le grand perdant. Surtout les artistes peu connus puisque les revenus perçus sont fortement dépendants de la popularité de l’artiste.
Pour eux, les artistes interprètes sont la dernière roue du carrosse puisqu’ils ne toucheraient que 0.46€ par abonnement.