Bloquer les publicités avec AdBlock Plus n’est pas illégal

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Par Elodie le

La justice allemande vient de décider que l’outil Adblock Plus n’était pas illégal. Les internautes étant maîtres de ce qui s’affiche sur leur écran, ils sont en droit de bloquer les publicités indésirables. Eyeo, la société allemande éditrice d’AdBlock Plus est donc confortée, les plaignants vont faire appel l’accusant de racket.

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Bonne nouvelle pour les internautes, mauvaise nouvelle pour les annonceurs et éditeurs de presse. Le tribunal de Hambourg vient de décider que bloquer les publicités à l’aide d’AdBlock n’était pas illégal. En effet, le tribunal estime que l’internaute est le seul à décider de ce qui s’affiche sur son écran, s’il ne souhaite pas voir apparaitre de publicité, rien ne lui empêche un outil bloqueur de publicités tel qu’Adblock.

Pour Eyeo, cette décision est une victoire « importante, car elle crée un précédent qui va nous permettre d’éviter d’autres attaques en justice et, par là même des dépenses supplémentaires, pour défendre les droits des consommateurs : donner aux gens la possibilité de contrôler leurs propres écrans en leur permettant de bloquer les publicités qui les gênent et à protéger leur vie privée. »
Après cette décision Eyeo cherche l’apaisement et tend la main aux éditeurs.

Maintenant que les aspects juridiques sont clos, nous voulons tendre la main à d’autres éditeurs, annonceurs et créateurs de contenu et les encourager à travailler avec Adblock Plus plutôt que contre nous“, déclare le porte-parole de la firme, Ben Williams dans un communiqué.
Pour Eyeo il s’agit de “Développer de nouvelles formes de publicités non intrusives qui sont réellement utiles et bien accueillies par les utilisateurs“. D’autant qu’Adblock entend désormais s’attaquer à la « native advertising », les publi-reportage prenant l’apparence de contenu éditorial.

Cependant, cette décision ne tranche pas sur le fond du problème, à savoir le modèle économique d’Eyeo, vivement contesté par les plaignants qui n’hésitent pas à le qualifier de racket.
En effet, AdbLock plus propose aux éditeurs et annonceurs de les retirer de sa blacklist moyennant rémunération. En intégrant la whitelist, ils s’engagent à respecter un programme de « publicité acceptable » concocté par leur soin : publicités identifiées comme telles, statiques (c’est-à-dire sans animation ou son) et qui n’interfèrent pas avec le contenu.

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Une pratique que les plaignants assimilent à de l’extorsion. Ce qui n’a pas empêché Google, Amazon et Microsoft de payer pour contourner ce blocage et intégrer la whitelist. Un contrat que beaucoup prédisent à plusieurs chiffres, mais dont les contours restent secrets.

Interrogé par le Financial Times, un groupe média assure qu’Eyeo réclame 30% des recettes publicitaires supplémentaires engrangées grâce à leur présence dans la whitelist des publicités ayant droit de cité.
Les plaignants ne se démontent pas et sont “toujours convaincus que AdBlock Plus est une pratique illégale et anticoncurrentielle […] Il porte atteinte à la liberté de la presse. Par conséquent, nous allons attendre les attendus du jugement, les analyser et examiner les perspectives d’une procédure d’appel“, précisent-ils.

“Si nous sommes des racketteurs, nous en sommes de mauvais, car 90% des personnes de la liste blanche ne paient rien et le critère est le même pour tous”, rétorque Ben Williams à la BBC .

Cette décision est un mauvais signal envoyé au Geste, collectif regroupant éditeurs et annonceurs français, qui depuis 2014 envisage de porter plainte contre Adblock Plus. Cependant, le jugement émanant d’une juridiction nationale, rien n’empêche la justice française de rendre son propre jugement.

Adblock Plus et annonceurs devraient peut-être envisager d’enterrer la hache de guerre puisque selon Doubleclick Advertisers (filiale de Google), les annonceurs gaspillent leur argent avec les publicités en ligne, la majorité d’entre elles n’étant pas vu. Annonceurs qui restent la poule aux oeufs d’or de Google qui réalise 90% de son chiffre d’affaires grâce à eux.

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