NSA did it : Skynet existe !

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Par Elodie le

L’agence de sécurité nationale possède un programme intitulé Skynet. Bien qu’utilisé à des fins de lutte contre le terrorisme, la NSA ne prévoit pas de faire de Terminator, son bras armé.

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PRISM, Upstream, Fanny, Mystic, Echelon et maintenant Skynet. Gleen Greenwald, à l’origine des premiers articles révélant les pratiques de surveillance de masse de la NSA, dévoile dans The Intercept les contours du programme Skynet.

Dans l’œuvre cinématographique, Skynet prend la forme d’un programme autonome de défense stratégique au dessein funeste, sur fond de menace nucléaire et d’extinction de la race humaine. Rien de tout ça avec le Skynet version NSA.
Ce programme utilise les données de localisation et de communications (les fameuses métadonnées) de personnes situées au Pakistan afin « de détecter des schémas suspects », autrement dit, des connexions terroristes ou affiliés.
Plus spécifiquement, ce programme suit les mouvements de personnes et alerte les autorités lorsque leurs activités sont susceptibles d’intéresser les agences de renseignement. Par exemple, si ces activités correspondent à celles d’un messager d’Al Quaida. Dans l’espoir final de localiser et d’arrêter les dirigeants du mouvement terroriste (c’est ainsi qu’aurait été localisé Oussama Ben Laden par les États-Unis, comme on peut le voir dans Zero Dark Thirty).

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Ce programme d’analyse des métadonnées signale ainsi toute personne qui a « voyagé de Peshawar vers Faisalabad ou Lahore (et en est revenu) au cours du mois dernier », ne prend que les appels entrants, change régulièrement de carte SIM ou de téléphone. Il peut également surveiller les appels passés par une personne dans un endroit donné, déterminer ses habitudes de voyage, établir les différents aéroports ou pays visités, etc. Des métadonnées qui se révèlent donc fort précieuse en matière de renseignement, même hors contenu d’appel.

Avec ses différents programmes, les États-Unis ont déjà une capacité d’écoute et de surveillance phénoménale. Nous savons désormais qu’elle peut surveiller les communications d’un pays entier, cet algorithme ne fait qu’en préciser les cibles.

Ce qui pose problème, c’est lorsqu’un journaliste se retrouve justement pris pour cible sur la foi de Skynet. C’est ce qui est arrivé au journaliste d’Al Jazeera Ahmad Muaffaq Zaidan, connu pour avoir des sources au sein d’Al Qaida et des Talibans. Le gouvernement américain l’a placé sur une liste de terroristes présumés à surveiller en tant que « membre d’Al Qaida » et des Frères musulmans. Ce que le journaliste a formellement nié, accusant les États-Unis de profiter de Skynet pour cibler les journalistes d’Al Jazeera.

Comme le souligne The Intercept, si Skynet permet l’analyse des données d’appels acquises auprès des principaux opérateurs téléphoniques pakistanais, rien ne précise les moyens techniques mis en œuvre pour collecter ces données.
Les soupçons de piratage de Gemalto, le leader mondial dans la fabrication de carte SIM, par la NSA et le GCHQ, son homologue britannique, pourraient constituer une partie de la réponse. Si Gemalto a bien confirmé un piratage « probable », la firme a toujours nié le « vol massif » des clés de déchiffrement de ses SIM.