NSA/Snowden : 1 an de révélations

Le 6 juin 2013, The Guardian et The Washington Post publiaient conjointement un article dénonçant un programme de la surveillance de la NSA, baptisé PRISM. Ce 6 juin signera le début de l’affaire NSA/Snowden. Depuis ce jour, les révélations sur les programmes de surveillance US, les moyens déployés à travers le monde, les cibles visées (alliés et ennemis), les collaborations avec les autres agences de renseignement (services secrets français et britanniques notamment) etc., n’ont cessé de se multiplier.

Que pourrait-on apprendre d’autres, de pire ? Glenn Greenwald l’affirme : “l’histoire la plus explosive n’a pas encore été publiée ». Des centaines d’articles, des dizaines de révélations, réactions et conséquences. Que s’est-il passé depuis un an ? Qu’a-t-on appris ? Qu’est-ce qui a changé ? Petit récapitulatif non exhaustif d’un an de révélations.

obama_yes_we_scan_nsa_snowden

2013 : La déflagration Snowden

6 juin
Jour de la première déflagration, qui trouvera des échos à mesure que les journalistes en possession des documents subtilisés par Edward Snowden publieront les révélations qu’ils recèlent.
Verizon aurait accédé de manière un peu trop consentante aux desiderata de l’Agence de Sécurité Nationale afin de lui fournir les relevés téléphoniques de tous ses abonnés. Cet article révélait surtout l’existence de PRISM, programme de surveillance de la NSA : Avec PRISM, la NSA accéderait aux données de centaines de millions de personnes.

12 juillet
Après Verizon, les révélations jettent l’opprobre sur d’autres multinationales pour leur supposée collaboration active avec la NSA dans leur projet de surveillance de masse. Parmi eux, Microsoft se trouve dans la tourmente : Microsoft aurait aidé la NSA à espionner ses services.

25 juillet
Malgré la polémique qui enfle suite à ces premières révélations, les Etats-Unis restent droit dans ses bottes de cow-boy et peuvent compter sur le soutien de la Chambre des Représentants qui votent contre l’arrêt du financement du programme PRISM : La NSA pourra continuer à espionner en toute impunité.

12 août
Échaudée par les révélations de son ex-agent, la NSA opte pour l’espionnage automatique afin d’éviter les fuites.

12 septembre
Les géants du web rivalisent de déclarations pour nier leur collaboration volontaire avec la NSA et rassurer leurs clients, à leur risque et périls ? Marissa Mayer, à la tête de Yahoo! depuis peu, défie la NSA et redoute la prison.

3 octobre
John McAfee, pas à une tentative près pour houspiller le gouvernement américain, veut vendre un gadget permettant de protéger les internautes de la NSA.

15 octobre
Après PRISM, le Washington Post révèle que la NSA a accès à des millions d’adresses email de citoyens aussi bien américains qu’étrangers, alors même qu’il lui est interdit d’user de telles pratiques à l’encontre de citoyens US : [Surprise !] La NSA a accès à des millions d’adresses email.

21 octobre
De révélations en révélations, de surprises en surprises, ainsi après la découverte de l’espionnage massif à l’égard des citoyens américains et du monde entier, l’échelle se déplace à hauteur d’un pays, Allemagne, Russie, Royaume-Uni sont scrutés de près et [Surprise ! (bis] La France est également espionnée par la NSA.

22 octobre
Non content d’espionner les citoyens français, la NSA espionne aussi la diplomatie française en poste aux Etats-Unis. La Grande-Bretagne et l’Allemagne sont également concernés.

Snowden_un an_révélations_nsa

23 octobre
A mesure que les pratiques de la NSA sont révélées au monde entier, la polémique enfle, les grandes puissances s’indignent (pour l’instant), François Hollande fait part de sa “profonde réprobation” et la NSA dément les informations du Monde… enfin en partie.

25 octobre
Ce n’est plus un ou deux pays, et quelques diplomates en poste aux Etats-Unis mais désormais 35 leaders internationaux qui seraient passés dans les mailles de la NSA.

31 octobre
Après PRISM, nous apprenons l’existence de Muscular. Grâce à ce programme, la NSA aurait un œil direct sur les serveurs de géants du web tels que Google ou Yahoo! et ce, tout en contournant la loi car ces agissements sont perpétrés en dehors des frontières américaines. Les deux firmes sont parties vent debout contre la NSA, qui elle continue de démentir.
Par ailleurs, pour la première fois, une collaboration entre les services de renseignement américains et britanniques (GCHQ) est évoquée.

11 novembre
5 mois après le début de l’affaire NSA/Snowden et l’avalanche de révélations qui ont suivi, The Guardian met sur pause et propose un dossier complet sur l’affaire, NSA Files : Decoded.
Complet… jusqu’aux révélations suivantes.

18 novembre
Les langues se délient. Face aux soupçons que les révélations sur la NSA génèrent à l’encontre des géants du web, accusés de collaborer avec Big Brother, les réactions s’enchainent. Certains se défendent, d’autres balancent. Les langues se délient et Nils Torvals, membre du Parlement Européen et père de Linus Torvalds, affirme que la NSA aurait sollicité son fils pour installer des backdoors à Linux. Demande qui, même si elle avait été accordée, ce serait révélée impossible à mettre en œuvre.

21 novembre
C’est désormais preuve à l’appui que The Guardian affirme que les services secrets britanniques (GCHQ) ont collaboré avec la NSA, lui permettant ainsi, en toute légalité, de collecter et d’archiver les données récoltées sur les citoyens britanniques.

25 novembre
Non content d’espionner la terre entière, des citoyens, diplomates et gouvernants, de requérir (voire d’exiger) la collaboration de certains géants du web pour faciliter la récolte de données, la NSA aurait implanté 50 000 malwares à travers le monde.

160069

28 novembre
Pour les Etats-Unis, dans sa guerre contre le terrorisme, tous les coups sont permis et l’expression attribuée à Machiavel est sienne : la fin, justifie les moyens. Ainsi, on apprend grâce aux documents fournis par le jeune whistleblower que la NSA espionne les habitudes tendancieuses de ses cibles (ici des militants islamistes radicaux) afin de mieux les discréditer ensuite au sein de leur mouvement.

5 décembre
La NSA récolte pléthore de données certes, mais elle a également les moyens de localiser n’importe qui sur la planète. Rien de plus simple pour elle, il lui suffit de votre smartphone et de quelques câbles sous-marins. Bilan ? 27 térabytes de données collectées et stockées.

09 décembre
Parce que les vilains se cachent partout et font preuve d’une créativité certaine lorsqu’il s’agit de passer inaperçus, la NSA exerce également sa surveillance sur certains jeux en ligne ou en réseaux tel que World of Warcraft.

19 décembre
Il en est que les méthodes de la NSA n’émeuvent guère. Vladimir Poutine, ex du KGB, estime que la surveillance de la NSA est nécessaire pour combattre le terrorisme. Soutien de poids donc.

24 décembre
Dans sa première interview accordée au Washington Post depuis son exil en Russie, Edward Snowden n’exprime aucun regret, au contraire il juge sa « mission accomplie ».

30 décembre
Forcément pour réussir le tour de force de surveiller la planète entière, il y a un moment où la NSA doit flirter avec l’illégalité, en tout légitimité cela s’entend, c’est ainsi qu’en cette fin d’année, les documents fournis par Edward Snowden nous apprennent que l’Agence de Sécurité Nationale a piraté le câble sous-marin géré par Orange (parmi les 250 existants).

31 décembre
La marque à la pomme n’est pas épargnée et bénéficie d’un programme spécialement crée pour elle : DROPOUTJEEP. Grâce à lui, la NSA est en mesure de récupérer nombre de données présentes dans le smartphone.

Page 2 : 2014, des révélations toujours plus surprenantes.
Depuis, “l’histoire la plus explosive n’a pas encore été publiée”, Gleen Greenwald