La justice allemande conforte la légalité d’AdBlock Plus

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Par Elodie le

Attaquée en justice par deux chaines de télévision allemandes qui lui reprochaient d’entraver les règles de la concurrence, la société allemande Eyeo, éditrice du logiciel Adblock Plus, vient de remporter son procès. La justice confirmant ainsi sa légalité. Une décision en tout point similaire dans son attendu à celle rendue un mois plus tôt par le tribunal de Hambourg.

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En avril dernier, la justice allemande venait confirmer la légalité du service Adblock Plus, permettant à tout internaute d’installer cette extension sur son navigateur afin de ne plus être importuné par les publicités en ligne qui pullulent sur la toile, face aux éditeurs allemands Zeit Online GmbH et Handelsblatt GmbH.

Une pratique vivement dénoncée par la plupart des éditeurs (notamment en France) qui tirent une importante part de leurs revenus de la vente d’espaces publicitaires aux annonceurs. Leur indépendance, voire leur survie, réside parfois dans ces bannières et espaces dédiés que l’internaute (dans sa grande majorité ?) ne saurait voir. Une invisibilité publicitaire qui ne plait pas plus aux annonceurs qui peuvent avoir l’impression de « jeter l’argent par les fenêtres » (Google approuves).

Certains poids lourds du web, dont Google, Microsoft ou Amazon, se sont pourtant résignés à passer à la caisse dans le but de se voir remettre un sésame pour intégrer la « whitelist » d’Adblock Plus. À charge pour ces happy few de respecter un programme de « publicité acceptable » (publicités identifiées comme telles, statiques et qui n’interfèrent pas avec le contenu).

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« Extorsion », « racket », assènent les éditeurs et autres opposants à Adblock Plus, qui exigerait en sus 30 % des recettes publicitaires générées grâce à leur présence dans ce club select.
Ce dont s’est toujours défendu Eyeo qui assurait à la BBC en avril que « 90 % des personnes de la liste blanche ne paient rien et le critère est le même pour tous ».
La justice estimant en outre qu’il revenait à l’internaute de choisir ce qui s’affichait ou non sur son écran d’ordinateur.

Rebelote cette semaine où le tribunal de Munich est venu conforter cette décision. Les chaines de télévision allemande RTL et ProsiebenSat.1 accusaient Eyeo de mettre à mal leur modèle économique en faisant fi des règles de la concurrence. Las, le tribunal a estimé qu’avec Adblock Plus, il n’y avait « pas un handicap anticoncurrentiel » supporté par les plaignants. L’internaute n’étant aucunement contraint par la société d’installer le logiciel bloqueur de publicités sur son ordinateur.

Une bonne nouvelle pour Eyeo qui a, une nouvelle fois, vanté les mérites de son programme de « publicité acceptable » dont les modalités (financières) sont toujours inconnues. Une décision qui ouvre désormais la voie à la firme allemande pour mettre en route son prochain chantier : s’attaquer à la native advertising, ces publi-reportages prenant l’apparence de contenu éditorial.

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