En quelques années seulement, le Bitcoin aura beaucoup fait parler de lui. Cette monnaie électronique décentralisée a bouleversé certains échanges économiques, tout en prouvant que l’on pouvait créer une devise pour des transactions sans tiers de confiance. Une petite révolution que Bhagwan Chowdhry, professeur de finance à l’Anderson School of Management de Californie, aimerait mettre en avant via le prestigieux prix Nobel ( officiellement le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel).
Il s’est récemment exprimé dans le Huffigton Post pour expliquer sa démarche, entamée après avoir reçu une invitation du comité du prix Nobel d’économie. Chowdhry a estimé que les travaux du très mystérieux Satoshi Nakamoto méritaient une mise en lumière.
« Les noms de quelques candidats méritants me sont rapidement venus à l’esprit. Des noms que la majorité des économistes validerait, comme Paul Raumer de l’université de New York, Doug Diamond de la faculté de Chicago ou Steve Ross du MIT — les candidats habituels — pour l’influence de leurs travaux dans les années 70 et 80. Selon toute vraisemblance, ils recevront tôt ou tard le prix tant convoité. […] Le nom de l’inventeur du Bitcoin, Satoshi Nakamoto, a soudainement surgi dans ma tête et je n’ai pas été capable de l’en éjecter depuis lors. »

Le problème, c’est que ce (prétendu) japonais est toujours resté très discret au sujet de son invention, qui remonte à l’année 2009. Tellement que certains estiment que son identité n’est pas établie avec certitude. Il pourrait donc utiliser un pseudonyme. Difficile dans ces conditions de lui remettre un prix, d’autant plus que ce dernier n’a publié qu’un papier : Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System. Un document de neuf pages qui résume le principe de cette devise, qui chamboule le système économique numérique.
Une révolution, car le système permet de s’affranchir de l’action des banques, mais également de mettre à mal le business juteux du transfert d’argent. En enlevant les taxes habituellement appliquées par les établissements bancaires (souvent situé entre 2 et 4 %), le Bitcoin introduit une immédiateté et une gratuité susceptible de bouleverser les échanges commerciaux de petite et moyenne ampleur.
“Beaucoup de secteurs comme la banque, la finance et le droit verront un grand bouleversement. Les consommateurs seront les grands bénéficiaires et bien sûr les pauvres et les marginaux de la société vont récolter dans les prochaines décennies les avantages de l’inclusion financière et sociale. […] Je peux à peine penser à d’autres innovations dans l’économie et la finance dans ces dernières décennies, dont l’influence surpasse les croissances de richesses qui seront engendrées par l’invention brillante, disruptive de Satoshi Nakamoto.”
Ce constat optimiste et enjoué ne doit cependant pas faire oublier les limites du Bitcoin. On pense notamment au fait que son adoption par les commerçants n’est pas si facile, ou que son algorithme fondateur ne permette de créer que 21 millions de « jetons », ce qui destine la monnaie principalement aux spéculateurs.
Enfin, une grande partie des bitcoins semblent détenue par quelques personnes fortunées, alors qu’une majorité de personnes n’en possède que quelques-uns. Cela signifie qu’il est assez facile pour les plus riches de modifier son cours s’ils le désirent.
Quoi qu’il en soit, le Bitcoin a prouvé qu’il était possible de remettre en question la structure même des échanges bancaires en ligne. Une brèche dans la pensée économique, connue pour être méthodique et structurée.
Estimez-vous qu’une telle création mérite l’attention du jury Nobel ?


