Le partage de Bouygues Télécoms a commencé entre Orange, SFR et Free

Business

Par Elodie le

Les négociations se sont accélérées ce week-end autour du partage de Bouygues Télécoms entre Orange, SFR et Free. Réseaux, fréquences et abonnés sont distribués, mais c’était sans compter sur l’État qui entend conserver sa part majoritaire au sein d’Orange, devant Bouygues Télécoms.

partage_bouygues_orange_sfr_free

Les quatre opérateurs se seraient mis d’accord autour du partage de la filiale mobile du groupe Bouygues, toutefois l’État entend poser ses conditions. La première d’entre elles ? Rester actionnaire majoritaire d’Orange, devant Bouygues Télécoms et ne pas passer sous la barre des 20 % (contre 23 % actuellement).

Comme le rapporte Le Monde : « Bpifrance et l’Agence des participations de l’État, qui possèdent respectivement 9,60 % et 13,45 % du capital de l’opérateur historique, ne veulent pas descendre sous 21 % de participation, pour ainsi conserver trois sièges au conseil d’administration. Jusque-là, le plancher était établi à 20 %. »

Mais ce n’est pas tout, l’État souhaiterait que Bouygues signe une clause de standstill, et ce, pour trois ans. Autrement dit, Bouygues ne pourrait pas monter au capital d’Orange durant ce laps de temps. Une manière de sécuriser un peu plus ses acquis et de freiner les désirs futurs de l’industriel qui pourrait vouloir prendre la tête du groupe aujourd’hui dirigé par Stéphane Richard.

Comme l’explique encore le quotidien du soir : « De facto, elle [la clause, ndlr] empêcherait le patron de Bouygues de posséder plus de 9 % du capital d’Orange, dans la mesure où à partir de 30 % les deux actionnaires de référence seraient obligés de lancer une offre publique d’achat (OPA) pour l’ensemble du capital. Jusque-là, les négociations fixaient la part de M. Bouygues à 15 % du capital d’Orange. »

Rien ne dit que Martin Bouygues acceptera de se plier aux desiderata de l’État dans le rachat de sa filiale.

Concernant la partie mobile, Orange doit céder 6 milliards d’actifs de Bouygues Télécoms à SFR et Free pour donner le change à l’Autorité de la concurrence qui aura son mot à dire sur cette opération.

À Free les fréquences 2G à 4G. L’opérateur se disant « prêt à racheter l’essentiel » des fréquences de Bouygues Télécoms, selon Le Figaro. L’opérateur pourrait débourser entre 3 et 3,5 milliards d’euros pour s’offrir une partie des abonnés B&You, Bbox et pro, plus les fréquences, le réseau et une partie des 550 boutiques, une cinquantaine.

À SFR, l’essentiel des abonnés low cost de Bouygues Télécoms (B&You) et une partie des clients BBox pour 2,5 milliards d’euros. Le futur marié, Orange, se réservant la part du lion, les 2 millions de clients haut de gamme de BT, croit savoir Le Figaro.

L’un des points les plus épineux restant la question des 7 500 salariés : Orange et l’État disent vouloir éviter une « casse sociale ». Selon Le Figaro, quelques centaines de salariés partiraient chez SFR et « plusieurs milliers » chez Free.

Stéphane Richard a tenu à démentir les informations selon laquelle les négociations auraient abouti à un accord formel sur le partage de Bouygues Télécoms.
Lors d’un comité d’entreprise, il aurait d’ailleurs donné son sentiment sur ce mariage à venir : « Je ne suis pas excité de voir Martin Bouygues arriver comme actionnaire d’Orange. Mais c’est quelqu’un de constant, et c’est un industriel fidèle à ses valeurs », rapporte ainsi Les Échos. Avant de rajouter : « Je le préfère à l’autre B », faisant référence à Vincent Bolloré.

Source: Source