3615 Bernard Debré découvre le DarkNet

Général

Par Elodie le

Le député LR Bernard Debré est furax depuis qu’il a découvert qu’on pouvait acheter un peu de tout, et surtout des choses illicites, sur le darknet. Pour alerter ses collègues sur les dangers d’un tel marché, il s’est procuré quelques substances illicites qu’il a ramenées à l’Assemblée et appelle à interdire le Bitcoin.

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Champignons hallucinogènes, marijuana, cocaïne, shit, Bernard Debré a fait sensation en dévoilant à ses collègues de l’Assemblée nationale ses provisions achetées sur le darknet, en toute impunité. Stupéfiant donc.

Parti en croisade contre la vente de drogues, le député réclame la création d’une Commission d’enquête parlementaire sur la vente de drogue par internet.
C’est après avoir été alerté par un journaliste de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles et le président de « l’Association des parents contre la drogue » Serge Lebigoty, que l’élu LR, médecin de profession, a mené sa petite enquête. Il relate ses découvertes par le menu.

Tout d’abord en se rendant sur un site étranger accessible depuis « l’Internet de tout un chacun ». Rien de plus simple : « On va cliquer sur un site aux Pays-Bas et on va acheter de la drogue. […] On paye avec la carte bleue et puis ça arrive par La Poste, avec un timbre hollandais », explique ainsi le député. Le colis a ensuite été livré directement chez Serge Lebigoty. « Une enveloppe en papier kraft, à l’intérieur il y a deux enveloppes en plastique, pour éviter l’odeur et les chiens renifleurs ».

Ensuite, les investigations sont poussées jusqu’à visiter le « darknet » à la recherche d’un gramme de cocaïne.

Le darknet ? « Le plus grand supermarché de l’horreur au monde » assure l’élu LR.

Et là, c’est le drame :

« Et là, vraiment, c’est incroyable. Vous avez un super marché de tout ! Vous avez des kalachnikovs, du TNT, des faux billets, des organes à greffer ! Et vous avez par exemple, 30 à 36 000 sites de cocaïne. Et donc, on a commandé de la cocaïne. Mais il faut payer par bitcoins », précise le député.

Le bitcoin, c’est cette monnaie virtuelle qui affole la toile et la sphère politico-financière.

« Ça a été livré: 1 gramme de cocaïne pour 80 et quelques euros », explique-t-il. Ensuite, ils en profitent pour acheter quelques stupéfiants supplémentaires. Incrédules, ils ont fait analyser la cocaïne par un laboratoire de la police. Résultat ? De la cocaïne « pure à 90 % ».

« Est-ce que c’est la démocratie de pouvoir acheter une kalachnikov sans que personne ne le sache? Du TNT? On peut acheter des films pornographiques. On peut tout acheter, le pire de ce qui existe, même des faux billets », s’emporte-t-il.

À l’instar du Front national, Bernard Debré milite pour l’interdiction des bitcoins, qui « servent surtout au trafic et au blanchiment d’argent ». « Supprimer les bitcoin et déjà vous ne pourrez plus aller sur le darknet ! » Il appelle à la création d’une mission parlementaire sur la vente de drogues.

Mercredi dernier, il a adressé une question au gouvernement, interpellant directement le premier ministre Manuel Valls : « M. le Premier ministre, il est simple de se procurer sur Internet des drogues et de se les faire envoyer par voie postale. […] Cocaïne, champignons hallucinogènes, marijuana et cannabis de synthèse: voici les drogues que l’on peut se procurer aussi facilement que l’on commande une paire de chaussures ».

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L’élu s’est même inquiété de ce marché parallèle qui porte préjudice aux dealers français (et à la surveillance de leur trafic par les forces de l’ordre sans doute) : « Si ça continue comme ça, il n’y aura plus de dealer physique puisqu’on se fera livrer, peut-être est-ce un bien… C’est l’uberisation de la drogue », prédit le député qui reconnait être « un peu naïf dans ce domaine-là ».

« À l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants, les policiers ont été formés comme cyberpatrouilleurs et ont reçu l’habilitation du parquet de Paris les autorisant à se rendre sur les sites qui, comme vous l’indiquez, peuvent proposer, de façon plus ou moins évidente, des produits. Ces policiers sont à même d’identifier les sites, les techniques de vente et de faire ouvrir des enquêtes permettant l’identification des vendeurs. L’an dernier, grâce à cette action sur Internet, nous avons obtenu d’excellents résultats en matière de saisie d’avoirs financiers et de drogues », lui a répondu le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Il réclame néanmoins des accords au sein de l’Union européenne pour juguler ce trafic, « traquer les acheteurs français » et empêcher la livraison de tels produits vers la France.

Rappelons à toutes fins utiles que le darknet n’est pas qu’un « supermarché de l’horreur », mais qu’il doit son nom à l’anonymat qu’il permet. Anonymat qui ne bénéficie pas uniquement aux criminels ou amateurs de stupéfiants.

Par ailleurs, les autorités ont depuis longtemps investi ce côté obscur du web, de nombreux relais TOR sont ainsi surveillés par la NSA, et le FBI infiltre régulièrement le réseau.