Disney accusé de plagiat pour Zootopie

Cinéma

Par Elodie le

Le scénariste de Totall Recall et producteur exécutif de Minority Report, Gary Goldman, a déposé plainte contre les studios Disney qu’il accuse de l’avoir spolié sans vergogne pour réaliser son film d’animation à succès Zootopie, rapporte Variety.

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Zootopie

Zootopie (notre critique), c’est LE carton de Disney. Du moins le plus récent et celui qui a remporté tous les suffrages, notamment l’oscar du meilleur film d’animation.

Mais ce petit bijou d’animation ne serait pas à mettre au crédit de Disney selon Gary Goldman, scénariste du Total Recall de 1990 et de Fievel et le Nouveau Monde. D’après lui, les studios sont allés jusqu’à copier le titre du film, le design des personnages, ainsi que les lignes de dialogues de son projet, développé en 2000 et présenté par deux fois à Disney en 2000 et 2009, sans succès.

Zootopie Vs Zootopie

Il avance que son projet de live action Looney, datant de 2000, devait être le premier volet d’une franchise Zootopie incluant également un film d’animation du même nom. Dans celui-ci, un animateur humain concevait un monde animal en dessin animé similaire à notre société humaine : classe sociale, différentes échelles de pouvoir selon les espèces, etc.

Goldman prétend également que les personnages développés pour son projet sont semblables à ceux de Disney dans Zootopie, notamment un écureuil nommé Mimi, optimiste, mais victime de discrimination et une hyène cynique, véritable paria de la société. Deux créatures faisant référence au lapin flic Judy et au renard Nick.

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capture d’écran – Variety

Personnages, dialogues, thème et titre plagiés

Zootopie version Disney emprunterait également les mêmes thèmes que celle de Goldman, notamment la réalisation de ses rêves et la lutte contre les stéréotypes ainsi que l’intrigue principale et certaines lignes de dialogues.

Ainsi, dans son projet, les héros travaillent pour réaliser une carrière en contradiction avec celle désirée par leurs parents, ils s’opposent à leur hiérarchie, mais n’évitent pas les préjugés. Au final, les héros finissent par vaincre leurs propres préjugés, se réconcilier avec leurs partenaires et regagnent un statut qu’ils avaient perdu au sein de la société, pour devenir enfin ce qu’ils voulaient être.

Concernant les lignes de dialogue, Goldman donne un exemple précis : « Si tu veux être un éléphant, tu peux être un éléphant » propose la version de Goldman. Qui dans la bouche de Judy dans Zootopie devient : « Tu veux grandir pour devenir un éléphant ? Deviens un éléphant. Parce qu’on est à Zootopie. Tu peux être qui tu veux ».

Le scénariste assure avoir évoqué ce projet avec deux dirigeants de Disney entre 2000 et 2009, dont le producteur Taylor Brigham.

Une “culture d’entreprise” chez Disney

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Zootopie

D’après Goldman, les studios sont coutumiers du fait et ont intégré le plagiat dans les pratiques de la firme depuis longtemps maintenant. Zootopia n’étant que le dernier exemple en date.

« Bien que la Walt Disney Company fasse respecter vigoureusement ses copyrights, elle a développé une culture qui non seulement accepte la copie sans autorisation d’oeuvres tierces, mais qui l’encourage, » prétend Goldman. « Au lieu d’acquérir légalement les droits du travail de Goldman, la Défense affirme n’avoir pas été intéressée par produire son travail et l’a renvoyé chez lui. Ensuite, en accord avec leur culture de la copie illégale, la Défense a copié son travail. »

Ce à quoi Disney a rétorqué que la plainte de Goldman était « totalement fausse ».

« La plainte de monsieur Goldman est pleine d’allégations totalement fausses », a déclaré un porte-parole de Disney. « C’est une tentative sans principes de profiter d’un film à succès qu’il n’a pas créé, et nous nous défendrons vigoureusement au procès ».
Goldman précise cependant qu’il a déposé un traitement de son film en prise réelle Looney auprès de la Writers Guild of America au mois d’août 2000. Le syndicat des scénaristes américains protège les droits d’auteur des scénaristes. Si Goldman réussit à prouver ses dires, l’affaire pourrait vite trouver son issue.

Une affaire qui pourrait ternir l’image d’excellence et de créativité des studios Disney, qui se retrouve concurrencé par de nouveaux acteurs, comme les studios Illuminations, derrière Les Minions et Moi, Moche et Méchant ou encore le studios Ghibli à qui l’on doit Le Voyage de Chihiro ou récemment La Tortue Rouge.

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