IA : un studio néerlandais a développé un détecteur de pénis pour protester contre la censure

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Par Remi Lou le

Missionné par la fondation Mozilla, le studio Moniker a créé une intelligence artificielle capable de reconnaitre des croquis de penis. En dépit de l’originalité du projet, cette action est bien militante, puisque l’algorithme a été créé dans le but d’épingler Google et la censure sur internet.

Ils auraient pu créer une IA pour éradiquer la pauvreté, lutter contre les inégalités, faire disparaitre la faim dans le monde, mais ils ont choisi de créer… un détecteur de dessins de pénis. C’est l’invention du studio néerlandais Moniker, qui souligne le défaut majeur de « Quick, Draw », une IA développé par Google qui parvient à reconnaitre toutes sortes de dessins, sauf le plus populaire d’entre eux, toutes cultures confondues : le pénis.

Crédit : DoNotDrawAPenis.com

Un détecteur de pénis comme arme contre Google

En 2016, Google levait le voile sur « Quick, Draw », un petit jeu de type Pictionary démontrant l’efficacité de son intelligence artificielle pour détecter des dessins. La technologie développée par la firme de Mountain View s’est montré capable de reconnaitre près de 15 millions de dessins provenant de 345 catégories différentes. Pourtant, l’inévitable pénis qu’on retrouve sur tous les tableaux de classe de France lorsque le professeur s’absente n’a jamais été détecté par l’algorithme de Google.

En partant de ce constat, la fondation Mozilla a décidé de missionner le studio Moniker afin de concevoir un algorithme spécialisé dans la détection de croquis représentant un sexe masculin. Le site, nommé DoNotDrawAPenis.com vous propose ainsi de dessiner toutes sortes de pénis sur une toile vierge, avant que la technologie embarquée ne détecte la forme caractéristique de l’attribut masculin et fasse semblant de s’en offusquer.

C’est notamment cette notion d’expression individuelle chez Google que souhaitent mettre en lumière le studio Moniker et Mozilla avec cette initiative osée. Ce mini-site est surtout une occasion pour protester contre la politique des géants du numérique qui confient des outils de censure à des intelligences artificielles.

« Pour nous, gribouiller un pénis est un symbole léger pour un acte rebelle », a ainsi déclaré Roel Wouters du studio Moniker à The Verge.