Mars : Une étude recommande de contaminer la planète rouge avec nos microbes

Espace

Par Amandine Jonniaux le

En vue d’une colonisation de la planète Mars prévue dans les années à venir, une récente (et controversée) étude recommande de forcer la contamination interplanétaire en introduisant directement nos microbes sur la planète rouge. 

 

Crédits NASA on the Commons via Flickr CC

Faut-il contaminer Mars ? Alors qu’il y a quelques semaines, Elon Musk proposait de lâcher des charges nucléaires sur la planète rouge pour permettre la libération du CO2, propice à la création d’une atmosphère plus accueillante pour l’Homme, c’est une autre étude, elle aussi controversée, qui vient de paraître. Dans un article publié le mois dernier au sein de la revue FEMS Microbiology Ecology, le scientifique Jose Lopez, professeur à la Nova Southeastern University de Floride, explique en effet que la propagation des micro-organismes dans l’espace est non seulement inévitable, mais qu’elle serait aussi nécessaire à une stratégie de colonisation viable. Selon l’étude relayée par le site de Gizmodo, la contamination interplanétaire délibérée permettrait en effet de remodeler la planète rouge à notre image, rendant son environnement plus favorable à notre arrivée. Une idée recevable, mais que de nombreux experts jugent encore extrêmement prématurée. 

Actuellement, plusieurs traités internationaux visent à limiter au maximum la contamination de l’espace par les astronomes et scientifiques pendant leurs recherches. Le Traité de l’Espace ratifié par l’ONU en 1967, et cosigné par plus d’une centaine de pays, stipule d’ailleurs explicitement : “Les États signataires s’engagent lors de leurs études spatiales, y compris sur la Lune et les autres corps célestes, à conduire leurs recherches de manière à éviter la contamination”. Depuis 1976, plusieurs sondes ont déjà atterri à la surface de Mars, et leur stérilisation par protocole COSPAIR a vraisemblablement permis d’empêcher toute contamination croisée, que ce soit sur Terre ou sur la planète rouge comme l’expliquait récemment le physicien Todd Huffman de l’Université d’Oxford à Gizmodo. 

Parmi les arguments principalement avancés par les détracteurs de l’étude pro-terraformation martienne, le caractère irrémédiable de la situation en cas de propagation microbienne, mais aussi la possibilité qu’une contamination terrestre ne viennent polluer d’éventuelles traces de vie extraterrestre martienne, les annihilant totalement, ou les rendant simplement invisibles aux yeux des scientifiques.