Crise sanitaire : un nouveau test de dépistage, approuvé aux États-Unis, serait concluant en 45 minutes

Science

Par Felix Gouty le

Le gouvernement américain a approuvé un nouveau test de détection du coronavirus SARS-CoV-2, dont les résultats sont obtenus en 45 minutes. En parallèle, Amazon et la fondation Bill & Melinda Gates livreront bientôt des kits de test individuels à Seattle.

Un médecin avec un masque dans un laboratoire.

Alors que la région de San Francisco en Californie organise les premiers « drives-in » de détection du coronavirus SARS-CoV-2 sur le territoire américain, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) vient d’approuver un autre dispositif de dépistage de masse. Elle a enfin autorisé la distribution de kits de test conçus par une société spécialisée, Cepheid. Le kit mis au point par cette dernière apporterait des résultats en seulement 45 minutes, contre plusieurs heures voire plusieurs jours pour les tests conventionnels en laboratoire. Le principe reste le même : un écouvillon doit être plongé dans les cavités nasales ou orales d’une personne malade ou suspectée de l’être, puis inséré dans un tube à essai. Le dispositif, s’il n’est pas détaillé actuellement, se baserait seulement sur l’identification de structures moléculaires caractéristiques du virus.

Néanmoins, Cepheid et la FDA n’ont pas l’intention de déployer ces kits de test ailleurs que dans les hôpitaux. S’il ne requiert pas les équipements d’un laboratoire, il demande le respect d’une procédure stricte, limitant les risques de contamination pendant le test. Pour le moment, l’objectif de ce nouveau test est d’aiguiller plus rapidement les personnels soignants sur l’état de certaines personnes. 5 000 kits de test sont déployés actuellement mais plus encore devraient être disponibles dans les prochaines semaines. Un test individuel, à effectuer chez soi, est cependant sur le point de faire surface. Amazon a annoncé livrer des kits de test, conçus par le Réseau de surveillance du coronavirus de Seattle (qui, en temps normal, gère les épidémies de grippe saisonnière dans la région) et la fondation Bill & Melinda Gates, chez les habitants de Seattle et de ses alentours. L’entreprise de Jeff Bezos se chargera ensuite du dépistage à proprement parler grâce à sa division Amazon Care, bénéficiant généralement à ses employés. Facebook et Mark Zuckerberg pensent en faire de même, de leur côté, à San Francisco.

Et en France ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a encouragé les pays du monde entier à tester en masse leurs populations, pour prendre en compte plus de cas d’infection et ainsi prévenir plus rapidement leur aggravation. « La France doit désormais suivre cette voie et faire évoluer rapidement sa capacité de dépistage », a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, selon Les Échos. D’après ce dernier, la France ne réaliserait que 5 000 tests par jour en moyenne. Certains membres du secteur hospitalier craignent une pénurie – par manque de produits seulement disponibles via l’importation – qui rendrait l’augmentation de la cadence, certes nécessaire, impossible. À l’heure actuelle, seuls les hôpitaux et un certain nombre de laboratoires, dotés des équipements et protections demandés, sont capables d’effectuer un dépistage. Enfin, certaines villes du pays commenceraient à peine à mettre en place ce qu’ils surnomment des « drive corona », où effectuer des tests sur des particuliers depuis leur voiture, comme à Lisses dans l’Essonne. Pour cela, comme en laboratoire, il faut se munir d’une ordonnance médicale et de 54 euros.