Twitter signale de nouveaux commentaires de Donald Trump pour glorification de la violence

politique

Par Felix Gouty le

Twitter a de nouveau signalé des tweets de Donald Trump, cette fois liés aux émeutes de Minneapolis et “glorifiant la violence”. Ce nouveau signalement intervient au moment où le président américain a signé un décret mettant les réseaux sociaux en porte-à-faux.

Crédits : geralt / Pixabay.

“Quand les pillages commenceront, les fusillades aussi”, a menacé le président des États-Unis dans une nouvelle série de commentaires controversés sur Twitter. Cette fois-ci, cependant, les modérateurs du réseau social sont allés plus loin que la labellisation “tweets trompeurs”. Ces nouveaux tweets ont aujourd’hui été signalés comme “enfreignant les règles de Twitter relatives à la glorification de la violence” et apparaissent désormais cachés pour ne pas “prendre le risque qu’ils inspirent une action violente similaire.” Néanmoins, il suffit donc seulement d’un clic pour les lire. Dans ces tweets, Donald Trump réagit aux émeutes qui font actuellement rages dans la ville de Minneapolis suite à la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par plaquage ventral lors d’une arrestation policière, et prône donc un féroce retour à l’ordre. “Ces voyous déshonorent la mémoire de George Floyd et je ne laisserais pas cela arriver, déclare le président américain. Je viens de m’entretenir avec le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, et de lui signaler que l’armée était de son côté jusqu’au bout. Si la moindre difficulté se présente, nous reprendrons le contrôle, mais quand les pillages commenceront, les fusillades aussi.”

La nouvelle mention se superposant aux récents tweets de Donald Trump, ci-dessus (Crédits : Twitter).

Ce nouveau signalement des commentaires de Donald Trump de la part de Twitter intervient seulement quelques heures après la signature d’un nouveau décret exécutif. Celui-ci, établi en réaction au premier conflit débuté entre Trump et Twitter plus tôt cette semaine, pourrait mettre à mal le fonctionnement des plate-formes de contenu et des réseaux sociaux en matière de modération ainsi que leur protection juridique. En effet, selon The Verge, ce décret s’attaquerait directement à la section 230 du Communications Decency Act, qui confère aux plate-formes (au sens large) une immunité presque totale par rapport au contenu publié par leurs utilisateurs. Autrement dit, cet article de loi permet aux plate-formes ne pas être tenues responsables de ce que ces derniers publient grâce à elles. Ne plus en tenir compte, comme ce que cherche à faire Donald Trump, les exposerait alors à de nombreuses poursuites judiciaires diverses.

Facebook vs. Twitter ?

Jusqu’à la signature de ce décret exécutif (qui actuellement en attente d’évaluation par la Commission fédérale des communications et l’Agence nationale de l’information et des télécommunications) hier, les deux grands réseaux sociaux américains – Twitter et Facebook – ne semblaient pas vraiment du même avis sur la question du traitement des “fake news” et, en particulier, du signalement de certains commentaires du président des États-Unis. Pour le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, aucune société privée ne devrait agir comme “l’arbitre de la vérité” et les réseaux sociaux, en particulier, “ne devraient pas être capable d’endosser ce rôle.” A contrario, Jack Dorsey, le patron de Twitter, avait donné un autre son de cloche dans le commentaire qu’il avait publié en réaction à la contre-attaque des Trumpistes au signalement des tweets du président. “Nous continuerons de signaler les informations électorales incorrectes ou remises en question, à travers le monde, et nous admettrons, si besoin, les erreurs que nous ferons. Cela ne fait pas de nous un ‘arbitre de la vérité’, avait-il souligné. Notre intention est de relier les points concernant les déclarations controversées et de montrer l’information au centre de la polémique de manière à ce que nos utilisateurs puissent juger par eux-mêmes. Maintenir plus de transparence est désormais une priorité pour nous de façon, à ce que ces derniers puissent comprendre nos actions.”

La nouvelle action politique de Donald Trump semble néanmoins avoir remis les deux intéressés sur la même longueur d’onde. “Ce décret exécutif est réactionnaire et une approche politisée envers une loi qui fait date, estime Twitter par le biais du compte officiel de son équipe chargée du respect des consignes (ci-dessus). La section 230 protège l’innovation américaine et la liberté d’expression et est soutenue par des valeurs démocratiques. Toute tentative unilatérale de l’éroder menace le future de la parole en ligne et des libertés sur Internet.” The Verge rapporte par ailleurs que, du côté de Facebook, le décret du président “risque de restreindre la parole en ligne plutôt que de la soutenir davantage.” La porte-parole du réseau social citée ajoute : “en exposant les compagnies et en les rendant responsables des dires de milliards de personnes à travers le monde, cela pénaliserait ces compagnies à choisir d’autoriser des discours controversés et encouragerait les plate-formes qui censurent tout ce qui offenserait le premier venu.” Si aussi bien Twitter que Facebook condamnent officiellement tout autant les “fake news” politiques, il semble que le réseau social de Mark Zuckerberg semble vouloir davantage privilégier une “liberté d’expression plus large” – comme il l’a affirmé l’an dernier.

L’info bonus : Twitter rend (enfin) possible la programmation de tweets

Le réseau social à l’oiseau bleu rend possible, depuis hier, une nouvelle fonction de sauvegarde et de programmation des publications sur sa version web. Pour profiter de la première option, il vous suffit de quitter un tweet avant de le publier. Twitter vous invite à le sauvegarder en brouillon. Lors de la rédaction d’un nouveau tweet, vous avez alors la possibilité d’accéder aux “Tweets non-envoyés” en haut à droite. Ils sont supprimables à tout moment depuis ce menu.

Enfin, pour programmer un tweet, il suffit de cliquer sur l’icône consacrée (un calendrier à droite de l’icône des émojis) et de spécifier la date, l’heure et le fuseau horaire de sa publication future avant de publier. Les tweets programmés seront visibles et éditables dans le menu “Tweets non-envoyés.”