Les Anonymous reviennent en force pour soutenir Black Lives Matter

Sur le web

Par Remi Lou le

Le groupe d’activistes n’avait plus fait parler de lui depuis un bon moment. Après la mort de George Floyd, et la vaste crise sociale qui traverse actuellement les États-Unis, les Anonymous reviennent sur le devant de la scène avec une vidéo dénonçant les violences policières… et profèrent des menaces.

Crédits : @TheDigitalArtist via Pixabay

Cela faisait un moment qu’on n’avait plus vu le fameux masque de V pour Vendetta et entendu cette voix modifiée prononcer les mots « We are legion, expect us ». Oui, le groupe Anonymous profite de cette crise sociétale américaine pour revenir sur le devant de la scène avec une vidéo de quatre minutes, publié le 29 mai dernier, et qui comptabilise déjà plus de 3,5 millions de vues (sans compter les multiples repost). Dans celle-ci, le groupe s’adresse directement aux forces de police de Minneapolis et s’exclame : « Vous avez peut-être renvoyé ces agents pour sauver la face, mais il est clair que ce genre de comportements est cautionné, si ce n’est encouragé au sein de vos services, comme il l’est dans d’autres (…) Nous ne faisons pas confiance à votre organisation corrompue quand il s’agit de mener à bien la justice. Nous allons donc montrer au monde vos nombreux crimes. » Sur Twitter, le groupe d’activistes masqués affichait par la suite, le 31 mai, son soutien sans faille aux manifestants.

Pour l’heure, les menaces d’Anonymous n’ont pas été mises à exécution, si ce n’est, comme l’indique NME, le piratage des radios des forces de police de la ville de Chicago. Les hackers du groupe masqué auraient diffusé le titre « Fuck tha Police » du groupe de hip-hop N.W.A en boucle sur les fréquences radio de la police, les empêchant de communiquer entre eux.

Est-ce vraiment Anonymous derrière le masque ?

Il est bien difficile de répondre à cette question, Anonymous étant un mouvement dont tout le monde peut se réclamer. Cela avait par ailleurs causé des problèmes par le passé. En 2014, après le décès de Michael Brown, un Afro-américain de 18 ans abattu de six coups de feu par un policier blanc à Ferguson, dans le Missouri, les Anonymous s’étaient largement emparé du sujet, mais avaient aussi relayé bon nombre de fake news. Comme le note Le Monde, il faut néanmoins remonter à cette année-là pour retrouver la trace d’un engouement similaire à celui qu’on peut retrouver aujourd’hui. Depuis, ils avaient fait parler d’eux en déclarant la guerre à l’État islamique après les attentats de Paris, ainsi qu’en déclarant la guerre totale à Donald Trump – aujourd’hui particulièrement impliqué dans cette nouvelle affaire, jusqu’à être escorté vers un bunker souterrain après de violentes protestations autour de la Maison Blanche.

Néanmoins, il convient de préciser que cette résurgence des Anonymous ne provient pas des canaux habituels du groupe d’activistes. La page Facebook ayant posté la fameuse vidéo n’était pas connue jusque-là, et, comme le note Gabriella Coleman, auteur de « Anonymous : hacker, activiste, faussaire, mouchard, lanceur d’alerte », les nombreux partages de celle-ci proviendraient de comptes associés d’une manière ou d’une autre à des groupes de fans de K-pop.

Source: Le Monde