Pourquoi Google voudrait cacher les URL sur Chrome

Une fonctionnalité repérée dans une version de Chrome encore en développement suggère que l’entreprise pourrait relancer son plan visant à cacher les URL.

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Les Uniform Resource Locators (URL), que l’on appelle régulièrement “adresses web” dans le langage courant, font désormais partie des meubles sur Internet. Elles sont le moyen standardisé par lequel on se déplace de page en page, de site en site, de domaine en domaine. Mais fort heureusement, un peu comme nos adresses physiques, il y a bien longtemps que nous n’avons plus besoin de toutes les retenir par coeur. Et c’est tant mieux, quand on voir la forme que prennent certaines d’entre elles… Pour autant, le système des URL ne convient pas forcément à tout le monde, et en premier lieu à Google qui souhaiterait (encore) les cacher sur Chrome. Sur une version instable et en développement (Canary), SlashGear a repéré cette fonction qui permet de cacher ou de faire apparaître la barre d’URL.

Les arguments ? D’abord, l’aspect pratique. D’après la firme de Mountain View, les longues URL auraient tendance à “effrayer” certains utilisateurs. En 2018, Adrienne Porter Felt, Manager de l’ingénierie chez Chrome, expliquait à Wired : “Les gens ont du mal à comprendre les URL. Elles sont longues à lire, c’est difficile de savoir quelle partie est digne de confiance, et en général je ne pense pas qu’une URL soit un bon moyen de transmettre l’identité d’un site.” L’autre argument principal concerne la sécurité : en évitant d’exposer l’utilisateur à des URL à rallonge, ce dernier serait moins vulnérable face aux attaques de phishing, cette technique visant à attirer l’utilisateur sur un site peu recommandable en lui faisant croire qu’il s’agit d’un site de confiance, en imitant son apparence et son URL.

Des arguments curieux et une motivation discutable

Ce retour à la charge semble curieux et on pourrait même taxer Google d’infantiliser ses utilisateurs. En effet, de nombreux utilisateurs non-novices vérifient régulièrement les URL des sites qu’ils visitent pour s’assurer de leur intégrité, ou tout simplement pour naviguer, et les internautes victimes de grossières tentatives de phishing font plus souvent les frais de leur manque de compréhension de l’informatique que du format de l’URL.

Mais il faut bien admettre que les URL ont tendance à se rallonger avec les années, et pas au profit de la lisibilité. Est-ce suffisant pour vouloir s’en séparer entièrement ? Pour le consommateur, cela dépendra uniquement de l’efficacité de la méthode qui remplacera, peut-être, un jour, les URL. Mais pour le titan du numérique, c’est une autre affaire. Le site spécialisé developpez.net explique que le fait de limiter l’importance de l’URL profite directement à l’entreprise. Avec la démocratisation des AMP (Accelerated Mobile Pages, qui sont ré-hébergées sur les serveurs de Google), et technologies analogues, l’entreprise se serait lancée dans une vaste croisade pour rediriger toujours plus d’utilisateurs vers le contenu hébergé par leurs serveurs. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi sur mobile, les pages AMP cachaient l’URL par défaut ? C’est simplement Google qui a “oublié” de vous préciser que vous naviguiez sur ses serveurs.