Huawei expulsé des réseaux télécoms du Royaume-Uni

Télécom

Par Remi Lou le

Douche froide pour Huawei, qui vient d’être exclu du réseau télécom du Royaume-Uni. Les opérateurs devront retirer tous les équipements du constructeur d’ici 2027.

C’est une bonne nouvelle pour les États-Unis et l’administration de Donald Trump, mais une très mauvaise pour Huawei. Le géant chinois vient en effet d’être exclu de toute l’infrastructure réseau du Royaume-Uni. Mardi 14 juillet, le gouvernement britannique a estimé que Huawei pouvait représenter un risque pour la sécurité nationale du pays, et proscrit désormais l’achat de tout nouvel équipement estampillé Huawei d’ici la fin de l’année. Les équipements télécoms déjà en place devront être retirés par les opérateurs d’ici 2027, a annoncé le ministre chargé de la culture et du numérique britannique.

La décision ne semble pas si étonnante, dans le mesure où le Royaume-Uni était sous pression américaine depuis plusieurs mois pour barrer la route à Huawei. Fin mai, certains quotidiens britanniques affirmaient déjà que le Premier ministre Boris Johnson avaient demandé à son administration de créer un projet de loi dans le but d’expulser Huawei du territoire, après des pressions provenant aussi bien de Washington que de propres membres de son parti. Le climat de suspicion envers la Chine chez les députés « frontistes » aurait en effet été nettement renforcé depuis la crise du COVID-19, ce qui a semble-t-il poussé le gouvernement britannique à accélérer la cadence.

Du côté de Huawei, c’est la douche froide. Après l’embargo américain et les répercussions que l’on connaît sur les smartphones de la marque, l’impossibilité du constructeur de fabriquer ses propres puces chez TSMC, désormais rangé du côté des États-Unis, et cette nouvelle décision, le numéro 1 mondial des équipements télécoms dans le monde risque d’avoir fort à faire pour s’imposer dans la mise en place de la 5G. La firme chinoise juge cette décision « décevante », et indique qu’il s’agit d’une « mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont un téléphone mobile au Royaume-Uni, elle risque de ralentir l’avancée digitale du pays, d’augmenter les factures et d’accroître la fracture numérique. »

Du côté des opérateurs, c’est aussi une très mauvaise nouvelle, puisque la décision va provoquer, comme l’indiquait lui même le ministre chargé de la culture et du numérique, un retard de « deux à trois ans » du Royaume-Uni dans le déploiement de la 5G, et près de « 2 milliards de livre » de frais. Le boss de BT, anciennement British Telecom, a pourtant prévenu lundi qu’il serait impossible pour les opérateurs de retirer les équipements du constructeur chinois du territoire en moins de dix ans. Reste à voir comment le gouvernement britannique va accompagner les opérateurs dans cette transition, et si ce type de décision ne pourrait pas s’étendre dans d’autres pays européens. Si les États-Unis semblent capables de se débrouiller sans Huawei, l’absence de la marque risque de nettement ralentir le déploiement de la 5G en Europe : comme le note une étude de la GSMA, « une interdiction (ndlr : de Huawei) pourrait élargir l’écart sur la 5G entre l’Europe et les Etats-Unis de 15 points d’ici à 2025. »