La Chine vide l’App Store de 47 000 applications en représailles

Apple

Par Antoine Gautherie le

Après des mois à faire le dos rond devant les attaques de l’administration Trump, la Chine a déterré la hache de guerre et supprimé l’intégralité des applications de l’App Store dans le pays. S’agit-il d’un tir de sommation, ou l’Empire du Milieu s’engage-t-il entièrement dans la guerre commerciale ?

Crédits : Zhiyue Xu via Unsplash

Nouvel épisode dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Quelques jours à peine après les derniers rebondissements des volets Huawei et TikTok, Pékin a décidé d’appuyer directement sur un point névralgique en coupant les vivres à Apple. D’après The Information, l’App Store chinois a été entièrement vidé de son contenu. 47.000 applications sont désormais inaccessibles aux utilisateurs chinois, même si elles restent disponibles ailleurs. Il s’agit de la première réponse concrète de ce type de la part de Pékin, qui est longtemps resté impassible devant les offensives de Washington. Et pour l’occasion, le régime chinois n’y est pas allé de main morte. Une stratégie qui contraste avec celle de Donald Trump, qui ne rate jamais une occasion de dénigrer l’Empire du Milieu. Le message que veut faire passer la Chine semble très clair : les USA ne sont pas les seuls à pouvoir actionner certains leviers. Jusqu’ici, Trump s’est rarement montré très diplomate lorsque ses intérêts ont été attaqués frontalement… Il sera donc intéressant de guetter la réaction du sulfureux président, ainsi que les conséquences de cette passe d’armes.

Apple en Chine, la fin d’un traitement de faveur

Évidemment, il s’agit d’abord de prouver qu’elle peut répliquer aux invectives de Trump et frapper les fleurons de l’industrie américaine. Mais il ne s’agit pas d’une simple attaque au porte-monnaie, et Apple pourrait y perdre bien plus que de l’argent. En effet, la Pomme bénéficiait d’un traitement privilégié dans l’Empire du Milieu. Les autorités ont toujours entretenu une chape de plomb sur leur marché. Pour y accéder, les étrangers doivent non seulement montrer patte blanche, mais coopérer sans réserve avec les régulateurs nationaux. Des obligations dont Apple était pourtant exemptée, ce qui en faisait l’une des rares entreprises à pouvoir mener sa barque comme bon lui semble sur ce territoire. La décision des autorités chinoises révoque de facto ces privilèges. L’entreprise de Tim Cook n’est pas bannie du marché chinois, mais elle pourrait avoir bien plus de mal à y prospérer.

La vidange de l’App Store pourrait donc être une façon de signifier à Apple que le régime n’apprécie pas cette hostilité, et se tient prêt à protéger ses intérêts coûte que coûte. L’administration Trump a-t-elle mal interprété la relative passivité chinoise face aux sanctions américaines, et poussé le bouchon trop loin ? L’avenir nous dira s’il s’agit d’un coup de semonce, ou d’un signe que Pékin va désormais répliquer coup pour coup… ce qui ne ferait pas les affaires d’un président en pleine lutte pour sa réélection.

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