Covid-19 : aucun traitement testé durant les essais cliniques de l’OMS ne fonctionne

Science

Par Felix Gouty le

L’Organisation mondiale de la santé a donné son verdict et il n’est pas très encourageant. D’après, les résultats de ses essais Solidarity, aucun des quatre médicaments étudiés contre le COVID-19 ne parvient à réduire la mortalité.

Crédits : padrinan / Pixabay.

Le COVID-19 n’a définitivement pas dit son dernier mot. Des biologistes et médecins mandatés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annoncent aujourd’hui l’échec des premiers essais Solidarity. Ces derniers ont été réalisés dans l’urgence de la pandémie dans l’espoir de dénicher un traitement efficace contre le coronavirus SARS-CoV-2 parmi des médicaments existants. Selon les conclusions des chercheurs (encore en pré-publication), ni l’hydroxychloroquine, ni le Remdesivir, ni le Lopinavir (associé au Ritonavir), ni l’Interféron-β1a, ni même l’association de ces deux derniers n’a « définitivement réduit la mortalité, la nécessité d’assistance respiratoire ou la durée d’hospitalisation » des patients, malades du COVID-19, traités avec l’un de ces médicaments antiviraux.

De tristes conclusions

Les essais Solidarity ont été effectués, par un système de randomisation (sélection aléatoire et suivi anonymisé), sur 11 266 adultes pris en charge par 405 hôpitaux de 30 pays du monde. 4 088 d’entre eux n’ont reçu aucun des médicaments cités pour constituer un groupe contrôle, nécessaire pour comparer et relever l’efficacité. En tout, 1 253 morts ont été recensés durant ces essais, amenant à un taux de mortalité (sur 28 jours d’observation) de 12% en moyenne – contre 39% pour les patients qui ont nécessité une assistance respiratoire. Aucun traitement n’a entraîné une réduction de cette moyenne en comparaison avec le groupe contrôle. Pour rappel, l’hydroxychloroquine est généralement utilisée pour traiter le paludisme et a été au centre de nombreuses controverses ces derniers mois. Le Remdesivir a été à l’origine développé par le laboratoire Gilead pour combattre le virus Ebola. Le duo Lopinavir/Ritonavir est administré à certains malades du VIH (virus de l’immunodéficience humaine), tandis que l’Interféron-β1a est un traitement contre la sclérose en plaques. Selon les chercheurs derrière les essais Solidarity, « l’inefficacité de ces traitements (contre le COVID-19) suffit à réfuter les premiers espoirs, émis par de précédentes études de moindre envergure, qu’ils seraient capables de réduire la mortalité ou la durée d’hospitalisation des malades. »

L’espoir demeure, même au cœur de la seconde vague

Le matin du samedi 17 octobre, premier jour du couvre-feu mis en place en France, plus de 32 000 nouveaux cas de contamination au COVID-19 ont été ajoutés à la longue liste des malades. Un nouveau triste record, selon Le Parisien, sans compter les 90 victimes supplémentaires. Alors que la seconde vague pandémique frappe durement en Europe, le déploiement d’un vaccin n’aura pas lieu avant quelques mois. L’OMS indique cependant qu’elle n’a pas perdu tout espoir. Les essais Solidarity continuent à suivre 2000 patients par mois. Néanmoins, désormais, les traitements étudiés s’attarderont davantage sur d’autres traitements immunomodulateurs (qui agissent sur le système immunitaire) ou des anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2. D’autres essais comme Recovery au Royaume-Uni (à ne pas confondre avec les essais Discovery de l’Inserm, en France) ont eu des conclusions positives concernant d’autres médicaments comme la dexaméthasone ou une molécule secrète de l’Institut Pasteur de Lille.