
La conférence du Premier ministre français, Jean Castex, hier a été claire : les restaurants, les bars, les théâtres, les cinémas et tous les commerces jugés non-essentiels ne sont pas encore près de rouvrir leurs portes. Le deuxième confinement sanitaire et la poursuite de la pandémie de COVID-19 va continuer d’impacter sérieusement de très nombreux travailleurs et, avec eux, l’économie du pays. Pour participer à y remédier, une nouvelle étude économique, menée par l’organisme de recherche de la Deutsche Bank, suggère de taxer les citoyens toujours actifs grâce au télétravail. Cette taxe ne serait pas à appliquer spécifiquement en temps de crise sanitaire, mais pourrait, à l’avenir, permettre de compenser son effet sur les inégalités économiques.
Mieux taxer pour plus d’égalité ?
L’institut Deutsche Bank Research de la célèbre banque allemande propose d’instaurer une taxe de 5% du salaire des télétravailleurs. Elle serait payée par leurs employeurs et reversée sous la forme d’aides auprès des travailleurs pour qui l’activité à distance est impossible. L’étude affirme que cette taxe générerait ainsi 48 milliards de dollars aux États-Unis ou 6,9 milliards de livres au Royaume-Uni. Ce dernier chiffre offrirait l’équivalent d’une aide d’environ 2 000 £ par an aux plus bas salaires parmi les non-télétravailleurs. La taxe imaginée par Deutsche Bank Research ne s’appliquerait cependant pas aux auto-entrepreneurs et télétravailleurs à faible revenu. Pour les autres, cette taxe pourrait, aux États-Unis par exemple, s’élever jusqu’à 10 dollars par jour en moins sur le salaire d’un télétravailleur rémunéré en moyenne 55 000 dollars par an.
“Les personnes capables de télétravailler reçoivent des bénéfices financiers directs et indirects, souligne Luke Templeman, économiste pour la Deutsche Bank, à BBC News. Ils devraient donc être taxés afin d’aider ceux qui n’ont pas cet avantage.” Par ailleurs, il justifie cette taxe par le fait que les télétravailleurs contribuent généralement moins à l’économie globale que les autres, mais en tirent quand même les bénéfices – notamment, des économies sur les repas ou le coût des transports en commun.
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