Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca dévoile l’efficacité de son vaccin

Science

Par Felix Gouty le

Le vaccin d’AstraZeneca, à « vecteur viral » et non à ARN comme ceux de Pfizer et Moderna, serait efficace à 70% en moyenne.

Le développement d’un vaccin est un processus extrêmement contrôlé. © Michal Jarmoluk – Pixabay

Et la course à l’efficacité continue. Après les 95% finalement avancés pour le vaccin anti-COVID-19 de Pfizer et BioNTech et les 94,5% d’efficacité encore d’actualité pour celui de Moderna, c’est au tour d’un laboratoire suédo-britannique, AstraZeneca, de donner ses premiers résultats d’essais cliniques. Le Figaro rapporte que le vaccin développé en collaboration avec l’université d’Oxford aurait une efficacité de 70% en moyenne. Ce résultat provient d’un rapport à mi-parcours d’essais cliniques à grande échelle de phase III réalisés sur des patients au Royaume-Uni et au Brésil. Le type de vaccin choisi, à « vecteur viral », est néanmoins moins fragile que celui sélectionné par Pfizer-BioNTech et Moderna, dit à ARN : il n’a pas besoin d’être conservé à de très basses températures pour survivre. Comme le vaccin russe Spoutnik-V, il injecte une portion du coronavirus SARS-CoV-2 (contre lequel le système immunitaire va générer une réponse spécifique et durable) par le biais d’adénovirus modifiés, fabriqués par la société française Novasep.

Dans un communiqué relayé par Le Figaro, AstraZeneca précise qu’un sous-groupe de 3 000 personnes, ayant reçu une demi-dose puis une dose entière un mois plus tard, a relevé une efficacité de 90%. Le vaccin s’est cependant montré efficace qu’à 62% chez un autre, qui a reçu deux doses complètes à un mois d’écart. « En donnant une première dose plus petite le système immunitaire répond mieux, a tenté d’expliquer Andrew Pollard, professeur à Oxford. Ce que nous ne savons pas c’est si c’est lié à la qualité ou à la quantité. Il y a davantage de travail à faire là-dessus. » Si AstraZeneca travaille donc encore activement à vérifier l’efficacité de son vaccin, la société prévoit déjà de produire trois milliards de doses pour l’année prochaine – soit un peu moins de trois fois plus que l’Américain Pfizer. L’Union européenne, déjà en contact avec AstraZeneca, a prévu de statuer sur ces premiers vaccins le mois prochain.