Covid-19 : Pfizer prépare un vaccin… en poudre

Science

Par Felix Gouty le

Pour conserver son vaccin sans passer par une réfrigération à -80°C, Pfizer-BioNTech développerait une version en poudre, déshydratée, pour l’an prochain.

Crédits : Martin Sanchez via Unsplash

La deuxième version du vaccin anti-COVID-19 fabriquée par les laboratoires américains Pfizer et BioNTech pourrait être en poudre. Le duo, porteur d’un remède « efficace à 95% » contre la pneumonie virale pandémique, l’a confirmé auprès de Business Insider. « Nous réfléchissons à plusieurs solutions pour des vaccins de nouvelle génération, a déclaré le directeur scientifique de Pfizer, Michael Dolsten. Pour le virus du COVID-19, je pense que nous pourrons déployer une version en poudre dès l’an prochain. » L’idée de Pfizer est de simplifier la conservation de son remède et, ainsi, de garantir qu’un maximum de pays et d’institutions pourra le commander et l’utiliser.

Nouvelle technologie, nouveaux problèmes, nouvelle solution ?

En effet, dans son état actuel, le vaccin proposé par Pfizer-BioNTech doit être impérativement conservé entre -70°C et -80°C et demande donc un système de réfrigération très puissant et cher, que beaucoup d’établissements de santé dans le monde ne possèdent pas. Pour rappel, le vaccin formulé par Pfizer-BioNTech contient un brin d’ARN messager, correspondant à une séquence génétique d’une protéine virale spécifique du coronavirus SARS-CoV-2. Cet ARN-m est plus sûr, car il ne comporte aucun agent infectieux, mais est aussi beaucoup plus fragile. Même le vaccin concurrent de Moderna, basé sur la même technologie (inédite pour un usage chez l’humain), doit être conservé à -20°C pour rester intact environ un mois.

Probablement inspirée par les travaux de start-ups comme la Suédoise Ziccum, Pfizer a donc l’idée de déshydrater sa solution vaccinale afin de la transporter et de la conserver sous forme de poudre, inerte, jusqu’à sa réhydratation avant l’injection du vaccin. En poudre, le matériel génétique pourrait être stocké au froid et au sec dans des conditions plus communes. Cette version en poudre du vaccin à ARN de Pfizer-BioNTech devrait néanmoins passer par une étape de test, afin de vérifier si le processus de déshydratation-réhydratation ne diminue pas son efficacité. La première itération, liquide, du remède attend encore d’être autorisée à la commercialisation en occident.