Huawei aurait aidé la Chine, en matière de reconnaissance faciale, pour surveiller les Ouïghours

politique

Par Felix Gouty le

Selon de nouveaux documents découverts par The Washington Post et IPVM, Huawei aurait contribué, pour le compte du gouvernement chinois, à l’utilisation de technologies de reconnaissance faciale ciblant la minorité Ouïghours.

© Huawei

À en croire cette nouvelle découverte, Huawei n’est pas prêt de pouvoir se racheter auprès de l’opinion publique. The Washington Post et IPVM, média d’investigation spécialisé dans la vidéosurveillance, tous deux relayés par The Verge, rapportent aujourd’hui que le géant chinois de l’électronique aurait contribué à la répression et à la surveillance spécifique des Ouïghours en Chine. Pour rappel, ce peuple turcophone d’environ un million d’individus, en majorité de religion musulmane sunnite, habite la région autonome du Xianjang, en Chine, où il y serait réprimé par le biais de « camps de rééducation et de formation professionnelle » – autrement dit, des camps de concentration. Le gouvernement chinois y emploierait de nombreux dispositifs de surveillance, vidéo et thermique, pour s’assurer qu’aucun Ouïghour ne quitte le périmètre de ces camps.

Ainsi, parmi les dispositifs technologiques déployés, certains impliqueraient du matériel produit par Huawei. De nouveaux documents, découverts par IPVM et le Washington Post, révèlent que Huawei aurait plus particulièrement participé à valider des technologies de reconnaissance faciale développées par une société chinoise appelée Megvii. Les algorithmes de cette dernière auraient été développés spécifiquement dans le but de discerner les Ouïghours des « non-Ouïghours » par le réseau tentaculaire de caméras de vidéosurveillance déployé dans toute la Chine – et donc, pas uniquement dans le Xianjang. Le système de reconnaissance faciale employé déclencherait même une « alerte Ouïghour » si une personne correspondant aux critères attachés aux Ouïghours était identifiée sur le territoire chinois. Cette technologie, validée donc par Huawei pour le compte du gouvernement chinois, serait utilisée par des dispositifs de surveillance fabriqués par des entreprises comme HIK Vision, UniView ou Dahua. Les caméras thermiques de cette dernière, blacklistée aux États-Unis, avaient été utilisées par Amazon, en avril dernier, pour estimer la température frontale de ses employés, potentiellement malades du COVID-19, en entrepôt.