Nord-Ouest Pacifique : un milliard de créature marines aurait pu cuire sur les rivages

Science

Par Antoine Gautherie le

Un biologiste marin s'est penché sur les conséquences des températures extrêmes dans le Nord-Ouest Pacifique; d'après ses premières estimations, un milliard de créatures marines auraient pu mourir de la chaleur.

Lors des épisodes de chaleur extrême, la marée basse se transforme en piège mortel pour la faune du rivage. © Free-Photos - Pixabay

Les Américains et les Canadiens déplorent de nombreux morts suite à terrible vague de chaleur qui s’est abattue sur Amérique du Nord récemment. Mais les humains ne sont pas les seuls à en avoir souffert; du côté des animaux marins, le bilan est absolument terrible. C’est ce qu’a constaté le biologiste marin Chris Harley de l’Université de Colombie Britannique, interviewé par CBC.

La faute aux températures extrêmes, qui ont grimpé autour des 40°C dans la région de Vancouver. Une caméra thermique a même repéré un pic à 50°C près du rivage, d’après le scientifique.

La marée basse, un piège mortel

Avec de telles températures, leur milieu naturel devient donc un piège mortel. Résultat : dès son arrivée sur place, c’est un paysage de désolation qui attendait le scientifique. Dans l’air, une odeur putride flottait; la faute aux créatures se sont retrouvées comme cuites sur place dès que la marée a commencé à descendre.

Une moule sur le rivage, d’une certaine façon, c’est un peu comme un bébé laissé dans une voiture au soleil”, explique C. Harley. ”Elles sont coincées là en attendant que la marée remonte, et elles ne peuvent quasiment rien faire. Elles sont à la merci de l’environnement.

Dans son laboratoire, lui et ses étudiants ont tenté d’amasser un maximum de preuves pour déterminer le nombre d’animaux morts suite à cet événement. Leurs résultats doivent encore être très largement peaufinés; mais d’après leurs premières estimations rapides, ce nombre pourrait dépasser… le milliard. Il faudra cependant attendre la fin de leurs travaux pour avoir une idée plus précise de l’ampleur des dégâts.

Un désastre à grande échelle

Si nous perdons quelques centaines ou milliers de moules pour chaque rivage majeur, on arrive rapidement à un nombre très, très important”, justifie C. Harley. Une perspective particulièrement inquiétante pour les années à venir. Les effectifs de ces animaux devraient se reconstituer sur l’année à venir mais si de tels épisodes climatiques se multiplient, la survie de nombreuses espèces animales pourraient être compromise très rapidement.

Les crustacés en feront évidemment les frais, mais c’est aussi le cas de leurs prédateurs et de nombreuses autres espèces comme le plancton. Une perspective inquiétante pour notre espèce, dont la survie dépend largement de la biodiversité marine.

Source: Engadget