En Chine, WeChat fait disparaître des groupes LGBT+

politique

Par Amandine Jonniaux le

La plateforme chinoise a censuré massivement les contenus de plusieurs groupes LGBT+, notamment tenus par des étudiants.

Drapeau LGBT+ sur un mur
© Chickenonline via Pixabay

Il ne fait visiblement pas bon d’appartenir à des minorités en Chine. Ce mardi 6 juillet 2021, de nombreux comptes dédiés aux minorités sexuelles chinoises ont vu leurs groupes de discussion censurés sur WeChat. L’application similaire à WhatsApp, qui compte un peu plus d’un milliard d’utilisateurs et d’utilisatrices dans le pays, aurait en effet pris la décision de faire disparaître des dizaines de groupes LGBTQIA+, rapporte le site local China Digital Times. Parmi les victimes de cette censure, principalement des associations étudiantes provenant des grandes universités du pays.

Le gouvernement à l’origine de la censure ?

Censurés du jour au lendemain, les groupes visés par cette vague de censure tentent aujourd’hui de comprendre pourquoi WeChat a subitement décidé de supprimer de sa plateforme les contenus LGBT+. Selon Reuters, le motif évoqué par l’entreprise serait l’infraction “aux règles concernant l’administration de comptes proposant des informations publiques sur l’internet chinois”. Il faut dire que si l’homosexualité est officiellement légale depuis 1997, la représentation des minorités sexuelles reste encore très taboue. En 2018, une chaîne de télévision chinoise avait censuré la représentation de l’Italie à l’Eurovision qui mettait en scène deux hommes en train de danser. Les drapeaux arc-en-ciel du public avaient eux aussi été floutés. Plus récemment, la diffusion de l’épisode anniversaire de la série Friends avait été censurée par Pékin, en supprimant les témoignages de certains fans homosexuels.

Sur WeChat comme sur la plupart des applications chinoises, c’est le gouvernement qui décide des contenus légitimes ou non. Contrairement aux plateformes occidentales, l’application utilise d’ailleurs une technologie de suppression automatique, qui censure les contenus jugés problématiques avant même leur mise en ligne. Toutefois, si la représentation des minorités reste encore très problématique en Chine, la pression des nouvelles générations commence à porter ses fruits. En 2018, le réseau social Weibo renonçait à sa campagne “nettoyage pour un Internet clair et harmonieux”, après les critiques de bon nombre d’internautes concernant les suppressions de contenus LGBT+.