Depuis déjà plusieurs jours, la guerre est déclarée entre la Russie et l’Ukraine. Parallèlement aux nombreux affrontements armés, le conflit se joue aussi en ligne, avec de nombreuses cyberattaques revendiquées d’un côté comme de l’autre. Tandis que le gouvernement de Vladimir Poutine n’exclut pas des représailles contre les pays qui soutiendront l’Ukraine, le président russe pourrait encore une fois choisir le biais du numérique… à condition d’être prêt à en payer le prix.
Cyberattaques et conflit armés, même combat pour l’OTAN
Selon le média Reuters, qui cite un responsable de l’OTAN, une attaque informatique dirigée contre l’un des pays alliés aurait pour effet immédiat de déclencher l’article 5 de l’alliance internationale militaire, à savoir la clause de défense collective. Concrètement, cela signifie qu’une attaque contre un pays membre serait immédiatement perçue comme dirigée contre le reste des alliés. De quoi logiquement déclencher une troisième guerre mondiale.
Si jusqu’à présent, les cyberattaques ne jouaient aucun rôle signifiant dans les conflits armés, l’époque a bien changé. Depuis le début des affrontements russo-ukrainiens, la question des nouvelles technologies est sur toutes les lèvres. Au point de convaincre le milliardaire Elon Musk de déployer sa propre flotte satellitaire pour assurer une connexion stable à l’Ukraine, et les Anonymous de déclarer la cyberguerre à la Russie. La menace d’une cyberattaque dirigée contre l’OTAN, si elle était toujours restée hypothétique, semble désormais bien réelle.
Face à l’importance grandissante du numérique dans les conflits, un responsable de l’OTAN a ainsi confirmé que “dans certaines circonstances, l‘impact de cyberactivités malveillantes cumulées pourrait être considéré comme une attaque armée. Nous ne spéculerons pas sur la gravité qu’une telle attaque devrait avoir pour déclencher une réponse collective. Toute réponse pourrait comprendre des sanctions diplomatiques et économiques, des mesures informatiques, voire (le recours à) des forces conventionnelles, selon la nature de l’attaque”.
De son côté, le président de la commission du renseignement du Sénat américain, Mark Warner estime qu’il n’existe aucune directive claire sur la manière dont l’OTAN doit gérer ce type de situation inédite. Interrogé par Reuters, il explique : “Ce sont des choses qui font l’objet de discussions hypothétiques depuis une décennie, mais comme nous ne sommes parvenus à aucune conclusion universelle sur ce que ces normes devraient être, nous sommes en quelque sorte dans une zone grise”. Reste qu’une attaque de la part de la Russie contre un membre de l’alliance, qu’elle soit cyber ou non, reviendrait à passer un point de non-retour dans l’escalade du conflit qui fait rage aujourd’hui.