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Anonymous : le collectif de hackers déclare la “cyberguerre” à la Russie

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Le groupe de pirates activistes Anonymous s’est officiellement lancé dans une “cyberguerre” contre l’administration russe. Parviendront-ils à avoir un vrai impact au-delà du simple symbole ?

Difficile, ces derniers jours, de faire abstraction de la situation en Ukraine. Le pays fait en ce moment l’objet d’une offensive russe de grande ampleur, en dépit de tous les accords internationaux en vigueur. Le comportement du Kremlin a été dénoncé par une grande partie de la communauté internationale; mais en attendant de nouvelles réactions concrètes après les premières vagues de sanctions, d’autres acteurs sont entrés dans la danse. Le groupe Anonymous a ressorti ses célèbres masques de Guy Fawkes et déclaré la “cyberguerre” au pays de Vladimir Poutine.

Pour rappel, il s’agit d’un groupuscule d’ “hacktivistes”, une contraction entre les mots “hacker” (“pirate informatique” en anglais) et “activiste”, en référence à leurs prises de positions très politiques. Ils se sont déjà illustrés par des actions dirigées contre l’État islamique ou le Ku Klux Klan; ils ont aussi pris position contre des gouvernements comme celui de Donald Trump ou en faveur du mouvement Black Lives Matter.

Russia Today ciblé par les hackers masqués

Peu après cette officialisation, le collectif s’en est pris à Russia Today. Il s’agit de l’un des principaux organes de communication contrôlés par le gouvernement russe à l’international. La chaîne a été ciblée par une attaque DDoS (Distributed Denial of Service) de grande ampleur. Il s’agit d’une attaque qui a vocation à paralyser entièrement le réseau cible; pour ce faire, l’attaquant tente de l’inonder de requêtes superflues. Cette étape est souvent réalisée à partir d’une armée d’ordinateurs “zombies” (on parle alors de botnet).

Et les Anonymous ont l’air d’être parvenus à leurs fins puisque le site web de RT a fini par tomber sous les coups de boutoir des pirates. Cependant, c’est un acte qui reste relativement symbolique et qui n’a pas vraiment de portée stratégique. Quelques minutes après l’incident, les serveurs de RT étaient à nouveau sur pied, comme si de rien n’était.

Une cyber-guerre qui dépasse largement les Anonymous

Mais il ne s’agissait probablement que d’un coup de semonce. C’est en tout cas l’avis de l’expert en sécurité Robert Potter interviewé par ABC News; il considère que nous pourrions très bientôt voir davantage de “cyber activisme” de la part d’Anonymous. Il sera donc intéressant d’observer si ces futures offensives dépasseront le stade du simple symbole à petite échelle, et s’ils parviendront à faire jeu égal avec leurs homologues russes.

Car au-delà de l’action marginale de ce groupe très médiatique, c’est une véritable guerre en bonne et due forme fait rage dans le cyberespace en même temps que sur le sol ukrainien. Et certains des acteurs impliqués sont autrement plus menaçants que les activistes masqués. En effet, la Russie est loin d’être une novice en matière de cybersécurité. Plusieurs groupuscules de pirates russes font partie des acteurs les plus connus dans ce domaine; certains sont d’ailleurs soupçonnés d’être militarisés par le Kremlin.

À la mi-janvier, l’Ukraine a d’ailleurs affirmé qu’elle avait été ciblée par une cyberattaque russe de grande ampleur. Celle-ci aurait visé des sites gouvernementaux. Un haut responsable américain a également suggéré que le Kremlin envisagerait de se lancer dans une véritable cyber-blitzkrieg en cas d’intervention de la communauté internationale en Ukraine. Une éventualité qui pourrait faire partie des “conséquences encore jamais connues” promises par Vladimir Poutine aux membres de la communauté internationale qui “tenteraient d’interférer“.

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