Après dix ans à tenter de transformer l’industrie mondiale du divertissement, Netflix doit finalement se rendre à l’évidence : si la plateforme a longtemps profité d’une position hégémonique, elle est désormais acculée par la concurrence, et doit trouver de nouveaux moyens de rentabiliser ses productions.
Pour la première fois de son histoire, l’entreprise américaine a enregistré un trimestre en baisse, avec 200 000 abonnés perdus dans le monde. Une situation qui a immédiatement poussé le N rouge à réagir, en licenciant plus d’une centaine d’employés, et en imaginant un nouvel abonnement basé sur la publicité. Parallèlement, la firme a aussi renforcé sa lutte contre le partage de compte, qui constituerait l’un de ses plus gros facteurs de perte.
Netflix veut la jouer comme Hollywood
Durant les dix dernières années, Netflix a ambitionné de révolutionner Hollywood, en imposant sa vision de l’industrie cinématographique. Une vision qui passait notamment par la production de séries et de films moins ambitieux mais en plus grande quantité, afin d’enrichir un catalogue de plus en plus sujet à la concurrence extérieure. L’idée n’a pas eu que des mauvais côtés : elle a notamment permis à certaines séries à petit budget de bénéficier d’une saison pilote, dont l’avenir était ensuite soumis à l’approbation du public. À l’heure où Hollywood se concentre principalement sur les blockbusters et les superproductions, la prise de risque a notamment permis l’émergence de plusieurs gros succès internationaux, depuis La Casa de Papel jusqu’à Squid Game.
Pourtant, selon un récent rapport du Hollywood Reporter, le N rouge aurait prévu de changer son fusil d’épaule. Après des années à combattre le modèle hollywoodien, Netflix s’apprêterait à en embrasser tous les codes. L’entreprise souhaiterait ainsi se concentrer sur la production de “plus gros films“, ainsi qu’un rythme de production moins soutenu. Face à la concurrence, et notamment à Disney+, qui explose les compteurs grâce aux productions Marvel et Star Wars, le PDG Ted Sarandos estime désormais qu’il est nécessaire de privilégier les “grands évènements“, à l’image de la quatrième saison de Stranger Things. Reste à voir si la formule sera payante.