Sur Twitter, les internautes mènent une énième guerre contre le cinéma. Depuis le début de la pandémie, il semble que les salles obscures ne prennent plus vraiment une place de choix dans le cœur des Français, et il y a plusieurs raisons à cela. Aujourd’hui, nos vertes contrées sont le témoin de la popularité d’un hashtag particulièrement explicite : #boycottCinemaFrancais.
Pourquoi les Français sont donc si remontés contre le cinéma ? Cette situation fait suite aux propos de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, qui a eu des propos plus que controversés. En effet, elle s’est exprimée sur le sujet des cinémas dans les colonnes du Parisien, et tout n’a pas été très bien accueilli. En toute simplicité, elle a déclaré que le “prix des places en France n’est pas si élevé, avec une moyenne de 7 euros quand on prend en compte les tarifs réduits, les tarifs jeunes, famille, etc.”
Alors que l’inflation paralyse une bonne partie de la population depuis de nombreux mois, et que la situation économique empire à tous les niveaux, balayer d’un revers de main la hausse du prix des billets de cinéma a été perçu comme une démarche au mieux maladroite, et au pire complètement déconnectée. C’est pourquoi les réfractaires à ces déclarations ont pris les armes sur Twitter, et ont même fait ressurgir le hashtag #PassDeLaHonte.
Le Covid-19 comme déclencheur du sens des priorités pour tous
Car, en réalité, tout est lié. Le cinéma c’est une baisse des fréquentations des salles depuis des années, en même temps qu’une hausse du prix de la place, le tout alors que l’industrie a été mise sur pause – ou au moins au ralenti – pendant presque deux ans. Si la pandémie n’avait rien de contrôlable en elle-même, beaucoup critiquent les choix du gouvernement de privilégier certains commerces au détriment du cinéma.
Mais très vite, le soutien s’est transformé en désintérêt, surtout avec l’avènement des plateformes en ligne qui vous donne accès à des milliers de films et séries à la demande. Pourquoi donc dépenser le prix d’un abonnement dans une place de cinéma quand on peut en avoir 1000 fois plus chez soi ? Dès lors, une dispute a éclaté entre ceux qui défendent le cinéma en tant qu’art et bien culturel, et ceux qui dénoncent la chronologie des médias, pourtant bien plus clémente qu’auparavant.
La ministre fait son (propre) cinéma
La ministre de la Culture, elle, a choisi son camp. Toutefois, sa manière d’aborder le sujet n’est pas du goût de tout le monde. Sur Twitter, suite à sa tribune, elle poste une courte vidéo dans laquelle elle expose ses raisons qui la poussent à soutenir l’industrie cinématographique française, malgré les nombreux problèmes qu’elle soulève.
#MaBonneRaison pour aller au cinéma ! Quelle est la vôtre ?
Ensemble, soutenons nos salles, vivons le cinéma sur grand écran ! pic.twitter.com/yWG7lmhhDM
— Rima Abdul Malak (@RimaAbdulMalak) October 26, 2022
Malheureusement, le hashtag #MaBonneRaison n’aura pas eu l’effet escompté. Rima Abdul Malak tourne la question en dérision et invoque les courriers insistants de Jack Lang, président de l’Institut du Monde Arabe et ancien ministre de la culture également, qu’elle veut éviter en allant au cinéma, sans se soucier bien sûr du montant dépensé, comme un coup de tête déjà rentabilisé. Lieu de rencontre et de plaisir culturel, l’homme la retrouve toutefois là-bas, par hasard. Outre cette mise en scène, la ministre n’a pas apporté plus de réponses quant aux plaintes des Français, qui continuent de partager leur rage sur les réseaux.