Si les sanctions de l’Europe et des États-Unis ont plu sur la Russie après l’invasion de l’Ukraine en début d’année, il n’a pas été question (pas encore du moins) de déconnecter le pays de l’internet mondial. Si cela devait arriver, les répercussions ne concernerait pas que la Russie, mais aussi plusieurs pays d’Europe centrale et d’Asie dont le trafic passe par la Fédération de Russie.
Craintes sur la confidentialité des internautes russes
On n’en est pas là. Mais un article de la publication russe Kommersant révèle la préparation du Kremlin dans le cas d’une déconnexion du réseau mondial. Au mois de mars, le pouvoir russe a organisé des exercices pour mesurer la fiabilité du réseau internet du pays. Les opérateurs télécoms, Rostelecom en tête, ainsi que les banques et les sociétés internet ont procédé à ces évaluations grandeur nature.
Un plan de contingentement a été imaginé au cas où les Européens voudraient couper les points de connexion d’internet avec la Russie. Si jamais cela devait arriver, le trafic internet du pays serait redirigé vers l’Asie, ce qui pourrait non seulement provoquer un engorgement des tuyaux dans cette partie du monde, mais aussi susciter des craintes concernant un renforcement de la surveillance en ligne des citoyens russes par les autorités.
Depuis le début de la guerre, la Russie en ligne s’est renfermée sur ses propres infrastructures. Les sites web de première importance ainsi que les services en ligne officiels doivent être hébergés dans le pays. Les mesures pour sécuriser les sites ont aussi été renforcées : cette année, le nombre de cyberattaques aurait grimpé de 80 %, selon le Kremlin. Des attaques qui concernent majoritairement le secteur public alors que c’était le secteur financier qui était visé l’an dernier.