Les taxes liées à l’automobile ne concernent pas que les véhicules thermiques. En France, le débat est désormais ouvert sur la possibilité de taxer les voitures électriques trop lourdes, en imposant un malus corrélé sur le poids. L’idée n’est pas illogique, puisqu’elle pourrait encourager les automobilistes à acheter des modèles plus petits, moins puissants, et fatalement moins gourmands en énergie.
Cette mesure, déjà adoptée en Belgique n’a pas fait l’unanimité au moment de sa proposition en France. Dans le cadre de son nouveau bonus écologique attendu en 2024, l’Hexagone avait confirmé la mise en place prochaine d’un critère environnemental plus strict. Les véhicules électriques chinois notamment, souvent critiqués pour leur mauvais bilan carbone, devraient être plus durement touchés par le dispositif.
Étendre le malus écologique
Mis en place depuis le 1er janvier 2022, le malus au poids concernait jusqu’alors uniquement les véhicules thermiques, et s’appliquait aux modèles de plus de 1800 kg, à raison de 10€ par kilogramme supplémentaire. Les voitures hybrides et électriques étaient quant à elle exemptées de cette taxe, sous prétexte qu’elles n’émettraient pas directement de CO2. Initialement, cette exception avait été pensée pour encourager le passage à l’électrique et ne pas freiner la transition énergétique.
Selon Le Journal de l’Automobile, le gouvernement envisagerait dans un premier temps une réduction du seuil déclencheur du malus au poids, à 1,7 voire 1,6 tonne. En parallèle, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a aussi évoqué l’élargissement de ce malus aux véhicules hybrides et électriques, alors qu’il intervenait devant la commission des affaires économiques du Sénat.
Un projet qui ne fait pas l’unanimité
Depuis son officialisation, l’idée de taxer les voitures électriques les plus lourdes ne fait pas l’unanimité auprès du grand public. Si le dispositif sonne comme une bonne idée sur le plan environnemental, ses détracteurs craignent le ralentissement de l’électrification du parc automobile dans le pays. Pourtant, l’arrivée d’un malus permettrait d’abord d’inciter l’achat de voitures de petit gabarit, forcément moins chères qu’un modèle plus imposant. De plus, les récents progrès technologiques permettent aux fabricants de proposer des véhicules électriques ou hybrides aux batteries de plus en plus discrètes, tout en conservant une autonomie suffisante. La promesse de la charge rapide pourrait, elle aussi, jouer en faveur de ce malus au poids. Enfin, côté défenseurs de la proposition de loi, on estime qu’un conducteur capable de s’offrir un SUV électrique aura les moyens de passer à la caisse pour compenser son achat.
Rendez-vous en septembre pour la proposition de loi définitive, qui devrait être adoptée dans le courant de l’année prochaine.