Tandis que l’industrie hollywoodienne est à l’arrêt, les studios sont loin d’être au bord du gouffre. Acteurs et scénaristes ont décidé de mettre en pause leurs activités afin de geler l’industrie et d’en faire réagir les dirigeants. Au cœur des revendications se trouve la rémunération de ces professions, de moins en moins juste pour une grande majorité. Car si les super stars et grands réalisateurs gagnent des fortunes, ce n’est pas le cas des seconds rôles et petits scénaristes. Pire encore, certains acteurs de séries en streaming ne reçoivent pas de royalties et font parfois face à des fiches de paie négatives.
Les acteurs appellent donc à la raison et révèlent les inégalités face aux revenus faramineux des studios et de leurs directeurs. L’actuel PDG de Disney Bob Iger trouve cette grève “injustifiée” mais touche de même 27 millions de dollars à lui seul. La colère des grévistes persiste et ceux-ci espèrent bien générer d’énormes pertes aux employeurs qui les ignorent. Mais à l’heure actuelle, il semblerait que le déroulement de la grève joue en la faveur des studios.
Pas de salariés = beaucoup d’économies
Tandis que les studios espèrent mettre un terme à cette situation historique au plus vite, leur situation est loin d’être aussi catastrophique qu’on ne le pense. La publication des résultats financiers de Warner Bros révèle au contraire un sacré paquet d’économies effectuées. Depuis le lancement de la grève en mai dernier, le studio a pu mettre de côté 100 millions de dollars habituellement reversés à ses employés. Cette révélation n’est pas de bonne augure pour les grévistes qui vont devoir poursuivre leurs actions plus longtemps que prévu pour affaiblir les grands patrons. Malgré les généreuses donations d’acteurs de renom aux fonds de redistribution du mouvement, cette situation ne pourra durer indéfiniment pour les acteurs privés de salaire.
“Bien que nous espérons un rapide retour à la normale, notre modèle actuel prédit une reprise des activités début septembre. Si les grèves se poursuivent jusqu’à la fin de l’année, nous attendons plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires à notre flux de trésorerie” explique le directeur financier de Warner Bros Gunnar Wiedenfels, visiblement prêt à tenir encore longtemps. Une telle réaction vise à rassurer les actionnaires et effrayer les grévistes.
Au long terme cependant, les économies en salaires ne suffiront pas à rattraper le retard pris sur les productions et les revenus qu’elles sont censé engranger. Il ne serait cependant pas surprenant que les studios décident définitivement de se tourner vers l’IA pour remplacer les acteurs qui ne travaillent plus. Le divertissement et la pop culture s’apprêtent à subir leur plus gros changement en plusieurs décennies : affaire à suivre.