Difficile de passer à côté du phénomène Temu. La plateforme chinoise, inconnue en Occident il y a encore un an, est devenue en quelque mois l’application la plus téléchargée des stores en ligne. En France, au troisième trimestre 2023, elle occupait la première place des applis de shopping les plus téléchargées. Avec ses campagnes promotionnelles ultra-agressives sur les réseaux sociaux, et ses prix bas (parfois gratuits) défiant toute concurrence, le nouveau géant du e-commerce s’est même offert un spot publicitaire lors de la finale du Super Bowl 2023.
Le nouveau géant chinois inquiète
Face à sa popularité fulgurante, l’entreprise est rapidement sous le feu des projecteurs. Certains organismes spécialisés dans la protection de la vie privée des consommateurs se penchent sur ses pratiques commerciales, et les mauvais points ne tardent pas à tomber.
Aux États-Unis, Temu fait l’objet d’un rapport inquiétant de la part de la société américaine Grizzly Research, au point d’être considéré comme une menace pour la sécurité nationale. Quelques semaines plus tard, en Suisse, l’Association suisse des jouets (ASJ) passe au crible dix-huit jouets pour enfants issus des principaux sites de e-commerce chinois, et alerte sur la non-conformité de certains produits.
Temu épinglé en France
Cette semaine, c’est en France que l’entreprise s’est illustrée. À quelques jours de Noël, l’organisme 60 millions de consommateurs s’est, lui aussi, penché sur le cas du nouveau géant du e-commerce. Et les conclusions ne sont pas unanimes. Sur la qualité notamment, l’enquête réalisée fait état de prix très bas, qui se répercutent inévitablement sur la qualité des produits. Une enceinte Bluetooth présentée comme étanche qui ne fonctionne plus après quelques secondes passées sous l’eau, des marques au design et au nom très proches de certaines enseignes de luxe qui flirtent (sans toutefois s’y conformer sur le plan légal du terme) avec de la contrefaçon… Selon un vaste appel à témoin mené auprès des internautes, l’entreprise serait coutumière de certaines pratiques commerciales trompeuses.
Même chose pour les choix marketing de Temu, qui jonglent entre compte à rebours alarmistes, alertes de stock faible et fenêtre pop-up agressives. Si ces dark patterns sont loin d’être inédits — on les retrouve notamment sur Shein, AliExpress, ainsi que sur de nombreuses plateformes de dropshiping plus ou moins assumées —, ils n’en restent pas moins problématiques. D’autant plus que dans son étude, 60 millions de consommateurs se limite à la stricte expérience d’achat (délais de livraison, qualité des produits et expérience sur l’application), sans évoquer les accusations récurrentes de manquement à la sécurité des données clients sur le site.