Les publicités pour Shein, H&M, Zara ou encore Primark pourraient bientôt être interdites en France. Le mois prochain, les députés du groupe Horizons défendront une proposition de loi destinée à pénaliser financièrement les enseignes de fast fashion, notamment en les privant d’espace publicitaires sur les réseaux sociaux, rapporte un article du Figaro, qui cite des sources proches du dossier. Porté par Anne-Cécile Violland, le texte vise tout particulièrement les géants du e-commerce (mais pas seulement), qui proposent chaque jour des centaines de nouvelles références à bas prix, et de piètre qualité.
Shein dans le viseur de la France
En première ligne face aux députés français, on retrouve évidemment le site chinois Shein. L’enseigne est connue pour sa politique tarifaire ultra-agressive autant que pour la mauvaise qualité de ses produits. Accusée d’incitation à la surconsommation, elle est aussi pointée du doigt depuis quelques années pour des soupçons de travail forcé, son manque de transparence et son impact environnemental alarmant.
De son côté, l’enseigne nie tout rapprochement avec la fast fashion. L’entreprise a affirmé mardi partager “l’intérêt des législateurs pour la promotion d’une gestion responsable de la chaîne d’approvisionnement et la protection de notre environnement“. Elle a aussi assuré suivre “les meilleures pratiques internationales en matière de développement durable et d’engagements sociaux“.
L’objectif derrière le texte de loi est simple : “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile“, en imposant une régulation stricte sur les enseignes de fast fashion. En plus d’interdire la publicité aux marques concernées, la France pourrait aussi prévoir une modulation de l’écocontribution, cette taxe versée par les sociétés pour participer à un effort commun de protection environnemental, le plus souvent reportée sur le prix final payé par les consommateurs. Pour les députés, cet alourdissement de la taxe serait notamment un moyen de réduire l’écart de prix entre la fast fashion, et les produits issus de filières plus responsables.
Pour autant, Shein n’est pas la seule enseigne concernée, loin de là. Chaque année, “plus de 100 milliards” de vêtements issus de la fast fashion sont vendus dans le monde, alerte le groupe en charge du texte. Rien qu’en 2023, Shein proposait plus de 470.000 produits en simultané sur son catalogue. En France, le texte a été salué par les professionnels de l’industrie textile, qui dénoncent “la concurrence déloyale des Shein, Temu et consorts” au micro du Figaro.
Un malus pour l’ultra-fast fashion
Pour appuyer encore davantage leur projet de loi, les députés ont aussi déposé une seconde proposition de loi, proposant la mise en place d’un système de malus, pouvant aller jusqu’à cinq euros par pièce pour les entreprises d’ultra-fast fashion qui propose plus de 1000 nouveautés par jour à leur catalogue. Concrètement, ces dernières seraient contraintes de payer une contribution pour chaque pièce vendue. Encore une fois, il faudra s’attendre à voir cette taxe se répercuter sur le prix final imputé aux consommateurs.