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La France découvre une vaste campagne de désinformation russe

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La psychose autour des punaises de lit et de la guerre en Ukraine auraient été largement amplifiée par des opérations de désinformation en provenance de Russie.

Répandues comme une trainée de poudre à l’automne 2023, les punaises de lit sont rapidement devenues les bêtes noires des Parisiens. Dans le RER, au cinéma et même dans les établissements scolaires, la psychose a fait le tour du monde via les réseaux sociaux, poussant le gouvernement à réagir, à moins d’un an du coup d’envoi des Jeux Olympiques de Paris 2024. À l’époque, Olivier Véran porte-parole du gouvernement, avait assuré que tous les ministères étaient “au travail et mobilisés sur ce sujet“, transformant les insectes invasifs en véritable affaire d’État. Sept établissements scolaires avaient même affiché porte close après des signalements plus ou moins avérés.

Moscou derrière les punaises de lit

Depuis quelques jours, les punaises de lit sont revenues, mais prennent cette fois une dimension politique. Interrogé par TF1 la semaine dernière, le ministre délégué à l’Europe Jean-Noël Barrot a confirmé que le phénomène avait été largement amplifié par une opération à grande échelle de désinformation en provenance de Moscou. À la tête de ces fake news, “des comptes dont il a été établi qu’ils sont d’inspiration ou d’origine russe, avec même un lien artificiel entre l’arrivée de réfugiés ukrainiens et la diffusion des punaises de lit“, détaille le ministre.

Selon le gouvernement, un réseau de 193 sites affiliés aux forces moscovites de Vladimir Poutine aurait ainsi été découvert. Désignés par le nom de code désigné sous le nom de code Portal Kombat, ces derniers servaient tour à tour à discréditer la résistance ukrainienne, à justifier l’invasion russe, ou encore à perturber les élections, évènements et décisions françaises à l’échelle internationale. En novembre 2023 notamment, un compte X, prétendant être celui d’un journaliste nommé Jules Vincent accusait l’Ukraine d’avoir cédé un terrain au fils du milliardaire George Soros pour y enfouir des déchets toxiques. La fake news est rapidement débunkée, mais elle a déjà fait le tour des réseaux sociaux, participant activement à “polariser le débat public numérique francophone“, rapporte un communiqué diffusé par Viginum.

Des cyberattaques à prévoir

Si l’existence des punaises de lit était bel et bien réelle, les petites bêtes auraient largement servi les intérêts de la Russie. Ce phénomène de désinformation, couplé à de vastes opérations de cyberattaques, aurait “commencé à s’accélérer depuis deux ans, depuis le début de la guerre en Ukraine“, et serait sur le point de s’intensifier à l’approche des Jeux Olympiques qui se tiendront du 26 juillet au 11 aout prochain, et des élections européennes prévues au début du mois de juin 2024.

Selon l’organisme de surveillance Viginum, cette campagne de désinformation et de cyberattaque russe viserait non seulement la France, mais aussi l’Allemagne, la Pologne, ainsi que d’autres pays européens. Une situation préoccupante majeure pour l’OTAN et les agences de l’ONU, qui estiment que la désinformation est devenue une menace majeure, au même titre que les opérations de cyberattaques classiques.

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